CHAPITRE X
VNE PROFONDE BRVSLEVRE x'eST TANT DOVI.OVREVSE OV'VNE SVPERF1CIELLE.
D'auantage vne profonde brusleure , ayant fait escarre dure , n'est
celles de 1542 et 1564 ajoutaient d'abord un paragraphe qui a été retranché dans les OEuvres comp.èles; le voici :
« Lon pourra aussi vser a mesme efiTecl et intention, de sijKarnind ferri, squamma œris, plomb bruslé, coquilles ou testz de poissons, noix de galles non meures, escorces de grenades bruslées : lesquelles deseichenl grandement, et sans mordication font cicatrices , ainsi que l'escril maistre Jacques Hoilier, docteur en médecine , en ses liures de la Matière de chirurgie , lesquelz il a composé au graut prollit et vsage de tous chirurgiens. »
Ne serait-ce pas à cause de cet éloge exagéré que Paré a supprimé ce passage?
' Ici finit le chapitre en 1575, Le paragraphe qui suit date de 1579.
DES CONTVSJOIVS , COMBVSTIOWS KT GANGRENES,
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tant douloureuse comme vue qui est superficielle : ce que l'expérience quotidiane monstre en ceux qui sont cautérisés : car tost après la cautérisation ne sentent que bien petite douleur, à raison qu'icelle grande combustion oste le sentiment, en bruslant et mortifiant les parties sensibles ' , comme nous auons dit cy dessus parlans des
1 L'édition de 1645 ajoutait ici même une liistoire assez intéressante, qui l'ut reproduite avec plus de détails par les éditions de 1552 cl 1564, et qui a été retranchée, je ne sais pourquoi , des éditions complètes. Je donnerai ici le texte de 1545, mais en ajoutant en italique les passages qui ont été ajoutés dans l'édition de 1552.
« Ce que souuentcs foys i'ay veu, encores n'agueres en vn enfant aagé de dix am ou enuiron , qui anoil esté Irouiié en vn bois tout congelé sans aucun mouuemenl ny parutle , nyanl seulement vn bien 'peu de respiration : et apporté dudit bois fut mis près d'vn feu, ou fut en telle sorte rechaulfé que la plus grande partie d'vne de ses jambes fut brusiée, iusques auprès des os : ou plusieurs voyans la iarabe estre si grandement brusiée, iolnct qu'à l'endroict de la combustion , l'escbare estoit si grosse et si dure qu'elle rendoit la partie sans aulcun sentiment , osoyent conclurre pour le plus expédient la luy extirper. A quoy ie fuz appelle, ou tout subit la scarifiay de plusieurs incisions assés profondes, et dessus applicquay beurre sans sel , auec huile rosat , et moyeufz d'œufz en bonne quantité pour faire tumber les eschares : et au-dessus du genouil ie mis vmjuenturn contrilum auec compresses et bandes trempées en oxycrat, lesquelles ie renouuellois souuent : à fin de prohiber et empescher lu fluxion des humeurs qui se faisoienl par le moyen de la douleur, ^pres l'escliure cheute , i'appliquay vn- (juenium album rhasis, populeon, meslez en esgalle portion et batuz en vn mortier de plomb, Aux blancs d'œufs pour oaler la douleur •■ laquelle cessée , auymeniay mon remède de medicamenlzseichunlz sans acrimonie, (pu estaient bolarmene, poudre de chaisne pourry, luihie, et aucuns autres cy deuant déclarez : lesquelz H.
playes des parties nerueuses , et de la douleur des dents. Et àtelles escarres sera fait des scarifications , tant et si profondes qu'on aille à la chair viue, à fin de donner transpiration aux humeurs , et place aux medicamens remoUitifs pour plustost faire tomber l'escarre : et après on appliquera remèdes détersifs et generatifs'de chair,
ie coniinuay iusques à temps que l'vlcere fusl plein et prest à cicatriser. Puis lauay par plusieurs foys ledit vlcere auec eaue de chaux , vsant après l'ablution de la poudre cicatrisante cidessus descripte , en sorte que l'enfant fut parfaittement guery. »
Au lieu de ce dernier passage , l'édition de 1545 disait seulement; Les<{uelles cheuies (les eschares) ie vsay des medicamentz predictz, sçauoir est repercussifz , delersifz, sar~ coliques , et cicatrisatifz, chacun en son temps et ordre: ainsi fut l'enfant guéri par faiclement.
Le livre des combustions se termine ici dans les éditions de 1552 et 1564 ; mais comme c'était le dernier des opuscules dont se compose l'édition de 1545, l'histoire de l'enfant brûlé y est suivie de réflexions sur le devoir du chirurgien de ne jamais abandonner un malade même en apparence désespéré. Ces réflexions au reste n'ont point été perdues ; dans l'édition de 1552 elles se trouvent à la lin du traité des gangrènes qui est le dernier de l'ouvrage; elles ont été conservées à cette même place en 1564 , et enfin il en est resté dans les éditions complètes un paragraphe que l'on trouvera au dernier chapitre de ce 10« livre, et qui commence par ces mots : Parquoy faut que le ieuiie chirurgien , etc. On comprend qu'un pareil texte appelait naturellement le récit des cures les plus merveilleuses de l'auteur; aussi il n'y manque pas , du moins dans les trois petites éditions-, car dans les OEuvres complètes toutes les histoires ont été éparpillées dans ces livres et les chapitres auxquels elles se rapportaient. Voyez du reste à la fin de ce 10"^ livre la note de la page 238, où j'ai noté les diflerences que présentent pour cette espèce d'épilogue les trois petites éditions.
LE DIXIEM
adioustanl aux susdits ongiiens qu'auoiis parlé cy dessus , des poudres minérales.
Et quant à la quantité, ie ne la puis descrire sans eslre taxé auec ceux que Galien dit chausser toutes personnes à vne forme : dont ie laisse la quantité d'icelles poudres à la prudente coniecture du Chirurgien, connoissant bien que la quantité des medicamens ne se peut rationnellement descrire (non plus qu'vn peintre la meslange de ses couleurs) tant pour la diuersité des dispositions , que des corps et des parties d'iceux, et aussi selon la variété des accidens , et autres choses qu'auons cy deuant dit , parlans des indications. Et après q»ie Nature aura rempli de chair l'vlcere, on vsera de medicamens cicatrisatifs, qui ont vertu de faire le cuir '.
Or la cicatrice des brusleures demeure souuent laide et raboteuse :
parquoy sera applanie ( et principalement aux mains et à la face) par les remèdes escrils au Traité de la Peste , chapitre trente-huitième.
La brusleui e faite par le tonnerre doit estre traitée comnïe celles qui sont faites par la poudre à canon.