IL. Melli s rosali g . quatuor
Aluminis rochse 5 . très.
Floris feris 5 , ij.
Salis gemmae 5 . vnam.
Sublimât! 5 . vnam.
Aceti rosati 5 . sex.
Bulliant omnia simul vsque ad spissitudinem mellis, fiât vnguentum.
» Et après que les eschares estoient sepa-
son liure de^ Articles, la recommande et dit qu'elle est fort facile à g^uerir, et n'y voit rien à craindre que la syncope, à cause de la douleur en l'incision des tendons et ligaments communs.
Mon incision faite, nonobstant la ligature suruint grand flux de sang, à cause des vaisseaux qui sent en iceile partie, lequel laissay suffisamment couler pour descharger, altérées, ie delergeoie, el mundifioie auec tel mundificalif :
'2f. Terebcnlli. lotae in aquâ vitae 5 . sex. Mellis rosati colati 5 . très.
Succi plantaginis, apij , centaurij minoris ana 5 . duas :
Bulliant omnia simul vsque ad consumptionem succorum, auferantur ab igné, addendo Farinae hordei et fabarum ana 5 . vnanu Theriaca; 5 . semis.
Aloës, myrrhae. aristolochœ ana § . très. Croci 3 . vnam.
Fiat mundificatiuum.
» Puis incarnay auec tel sarcotic.
^. ïherebenth. venet. lotae in aquâ horde! 5 . quatuor.
Mellis rosati 5 . duas.
Farinœ hordei 3. vnam semis.
Thuris, myrrhae, aloës, ireos ana 5. vnam.
Incorpor. omnia simul et fiai sarcoticum.
» Et fault augmenter ou diminuer la siccité , selon la quantité et qualité de la sanie. »
Après tous ces détails il passe à l'histoire du spasme qui saisit le malade ; il n'a rien changé à la description, mais il décrit les liniments tout au long, les voici :
2f. Olei praedicti exdecoccatellorum 5 .sex.
Olei cham. anelhi, lilio. et de euphorbio ana 3. ij.
Vnguenli dialth. 5. iiij.
Aquae vil» 5 . ij. semis.
Liquéfiant omnia simul, fiat linimentura.
« En pareil cas on pourroit vser de celuy
LE DIXIFME LIVRE,
ger, ot ciientilor la partie , et aussi poiirpinpcscJierlag^augrcnoqiii cstoit au bras, ja tondant à niortificalion.
Puis arrestay ledit san;?nuec cautères actuels, n'ayant en ce temps-là autre méthode ni façon de faire :
ce fait, desliay doucement la ligature , et après fis sur la gangrené plusieurs grandes et profondes incitions , euitant la partie interne du bras , à cause des grosses veines , artères, et multitude de nerfs qui y sont. Et de rechef cauterisay quelqii'vnes des incisions, tant pour arrêter le sang, que pour deseicher et consumer aucune matière virulente imbue en la partie : puis appliquay dos remèdes cy douant escrits , sur icelle : et sur l'inflammation du Thorax , grande quantité de refrenatifs et repercussifs : pareillement epithemes
qui s'ensuit, lequel est de très grande efficace contre spasme, paralysie, stupeur et contorsions, distensions et aullres allcclions, principalement des parties nerueuses prouenantes de causes froides.
:^. Saluiœ , chamepiteos, etc.»
Ici la longue formule que l'on a lue à la page231, deuxiémecolonne; car ce que Paré oublie le moins ce sont ses formules, et liarmi les précédentes on a dû en remarquer aussi qui ont trouvé place en quelque autre endroit du texte actuel.
Le malade est ensuite mis dans le fumier, où bientôt il est prisdun petitllux de ventre et d'une grosse sueur ; puis l'auteur ajoute :
« Et cependant qu'il ne pouuoit ouurir la bouche, le nourrisoye de laid venant de la vache et par inlerualles de sorbitions : par ce moyen fut guery de spasme. »
On voit qu'il ne s'agit en aucune façon de l'emploi des dilalatoires. Ce fut dans l'édition de 1552 que Paré dit qu'il les avait employés; et celui qu'il figurait n'était autre que celui qu'il reporta plus tard au Linre (les playes en général, chap. 10, De la cure du spasme, où nous l'avons reproduit. Dans
sur le cœur, et autres clioses cordiales que ieluy donnay: lesquels remèdes ie continuay iusques à tant que les routemens et autres accidens aduenus par le moyen des vapeurs esleuées de la pourriture, et communiquées au cœur par les artères , furent sedés et appaisés.
Or ie ne puis omettre à raconter (pour, s'en donner garde) que quinze iours après suruint au pauure soldat vn spasme, lequel i'auois parauant prognostiqué, à cause du froid , et qu'il estoit mal couché en un grenier, là où non seulement avoit peu de couuerture , mais aussi estoit exposé à tous vents , sans feu , et autres choses nécessaires à la vie humaine. Et le voyant en tel spasme et retraction de membres , les dents serrées , les léures et toute la face tortue et reti-
l'édition de 1564 c'était encore la même figure, mais il y joignait celle que l'on voit ici, avec ce titre : Auirc dilaiatoire plus fort. Entin, dans les éditions complètes, c'est ce dernier qui est resté , et qui est réputé avoir servi au pauvre soldat de Turin, à une époque où très probablement il n'avait pas encore été inventé.
Deux autres phrases ont été aussi très modifiées, et il peut être utile de les rétablir, soit comme document touchant l'histoire de Paré lui-même, soit pour rétablir l'intégrité de l'observation. Les voici comme on les lit dans la petite édition de 1545 :
« Ce que souuentes foys auois veu faire et faicl à l'Hostel-Dieu de Paris, en cas semblables. Ainsi tomba assés bonne partie de l'extrémité d'iceluy os adiutoire, tant à cause de l'air intérieur, etc. »
Ajoutons, pour compléter nos remarques sur le texte de celte histoire, que la mention d'Hippocrate à propos de l'amputation dans les articles n'y a été insérée qu'à partir de l'édition de .675, et que l'observation faite par l'auteur à propos des cautères actuels, n'ayant en ce lempu-là autre méthode ni façon défaire, ne date que de l'édition de 1564.
DES CONTVSIONS, COMBVSTIONS ET GANGRENES.
rée , comme s'il eiist voulu rire du ris Sardonic , qui sont signes manifestes de conuulsion : esmeu de pitié , et désirant faire le deu de mon Art, ne pouuant autre chose luy faire pour lors , le fis mettre en vne estable en laquelle estoit grand nombre de beslail et grande quantité de fumier :
puis trouuay moyen d'auoir du feu en deux rechauds, près lesquels luy frottay la nucque, bras et ïambes, euitant les parties pectorales, auec linimens cy douant escrits pour les rétractions et spasmes. Apres enueloppay ledit patient en vn drap chaud , le situant audit fumier, l'ayant premièrement garni et couuert de paille blanche ; puis fut dudit fumier très bien couuert, où il demeura trois iourset trois nuicts sans se leuer : dedans lequel luy suruint vn petit flux de ventre et vne grosse sueur : ce pendant commença vn petit à ouurir la bouche, dont peu à peu luy aiday auecques tel instrument, lequel ie mettois entre ses dents.
Apres auoir ouuert la bouche par ccdit instrument, luy met lois vn petit baston de saux', à fin que la bouche demeurast ouuerte , ayant retiré leditinstrument : et ce pendant qu'ilne pouuoitmascher,ie luy faisois donner du laict de vache et œufs mollets : par ces moyens fut guéri dudit spasme.
Consequemment ie suiuis la cure du bras , en réitérant l'application des cautères actuels surl'extremité de Fos adiutoire, pour tousiours consumer et seicher les humidités estranges : et te faut noter, que le patient auoit grande délectation lors qu'on luy appliquoit lesdits cautères, pource qu'il disoit sentir vn prurit tout au long dudit os adiutoire, qui estoit pour la chaleur communiquée par le moyen desdits cautères le long de l'os. Ce que souuentes fois auois veu aduenir à Thostel-Dieu de Paris en cas semblables.
Ainsi tombèrent grandes squames ou escailles de l'extrémité dudit os , tant pour l'air extérieur , que pour l'application desdils cautères. Pareillement ie fomentois souuent la parlie affectée, pour tousiours la deseicher et roborer : lesquelles fomeiitaiions estoient faites auecques vn vin austère, gros et astringent , auquel faisois boiiillir roses rouges , absinthe , sauge, laurier, fleurs de camomille
' Il est besoin d'expliquer ce que c'c-lait que ce baston de saux que Paré meltait entre les dents de son malade. Il n'en est pas question dans l'édition de 1545. Celle de 1552 porte : vn pclil bois de baston de torche ; celle de 1564 , vn petit bustoii de torche ; ce qui veut dire un de ces petits bâtons que l'on met dans les fanons à fractures. Voyez le Liure des bandages, cbap. 10. C'est à partir de l'édition de 1575 qu'on a lu baston de saux; l'édilion latine traduit : Insciiis hinc et illinc salicis bacillis , de peiiis bâtons de saule.
LE DIXIEME LIVRE
et melilot, aneth , et autres medicamens prédits : par ainsi fut g ueri le panure soldat.
Parquoy faut que le Chirurgien ait tousiours deiianl les yeux, que Dieu et Nature luy commandent ne laisser les patiens sans faire tousiours son deuoir, combien qu'il preuoye tous signes mortels. Car Nature fait souuent ce qu'il sembie au Chirurgien estre impossible : comme tres-sîigement nous demonstrel'vn de nos Docteurs anciens, disant , Contiiigunt in movbis mo7islra, sictit et in nalura K
A cette cause ie prie les Chirurgiens
.1 Corn. Cehm. — A. P. — Cette note marginale ne se trouve que dans l'édition de 1552.
Ici finissent ie cliapitrc et le livre dans toutes les éditions complètes; il est donc essentiel de rendre raison de l'addition des deux derniers paragraphes.
Ces deux paragraphes , tout-à-fait dignes et de la piété et de l'expérience d'A. Paré, se lisent déjà dans son Traité des pUujes par hacquebnics de 1545, folios 59 et 61 ; ils sont répétés dans l'édition de 1553, folios 7G et 79, et enfin dans celle de 1564 , où le premier commence et l'autre termine le 2 {«chapitre du Lnire des gangrenés et rnortificalions. Ce 21' chapitre, intitulé : Recueil de quelques lihioires notables oi'seruées pur l'uutltetir, a été retranché du livre dans les éditions complètes ; et les histoires notables ont bien été reportées ailleurs, mais les réflexions qui leur servaient de prologue et d'épilogue ne purent trouver place ; et en vérité, pour les conserver, il fallait les mettre comme je l'ai fait, au lieu qu'elles avaient primitivement occupé.
C'est par ces réflexions que se terminaient donc et les deux éditions de 1545 et 1552 , et le li\re indiqué de celle de 1564. Mais à l'appui et comme exemple, chacune de ces éditions apportait un certain nombre d'histoires qui n'éiaient pas les mêmes dans toutes.
Ainsi on lit dans l'édition de 1545 l'histoire du soldat du capitaine Renouard, reportée depuis par l'auteur au chapitre Des
commençans à opérer en l'art , qu'ils n'ayent vouloir de laisser les pauurcs languissans,sanslesmelicamenter:ce nonobstant quelques grandes playes ou autres dispositions contre nature qu'ils puissent auoir. Car souuentes fois Ton voit plusieurs playes, et autres maladies, après auoir esté délaissées et déplorées, guérir.
Et pour retournera noslre matière, i'ay bien voulu traiter telles cures désespérées et laissées, à fin de tousiours stimuler etdonnercourageauxieunes Chirurgiens qui commencent à exercer l'art, de non laisser les griefs bles-
plaijes de poitrine (ci-devant page 97); — puis une autre où Paré se trouva en consultation avec Thierry de Héry et Loys Urouet ; celle-ci avait été oubliée dans les OEuvres complètes , je l'ai reportée au chapitre Da playes du ce«jfau (ci-devant, page 71), et je saisis cette occasion de rectifier l'erreur commise dans la note qui s'y rapporte, et d'après laquelle celte histoire daterait seulement de 1552. La troisième est celle du serviteur de iM. de Champaigne, intercalée plus tard par A. Paré au chapitre 31 du Liure des playes en particulier (voyez ci-devant, page 92 ) ; et enfin après ces trois histoires l'auteur continuait ainsi, folio 61 :
« Pareilleineut en racomplercys de plusieurs aullres, entre lesqtielz aulc .ns auoieiU eu coups d'estoc au trauers du corps, ei (ouies/oys ont recouueri santé: mais monstrer icy la méthode et manière comme ils ont esté pensés, ce seroil comme l'ay dicl , outle mon scop , qui n'est icy d'escripre la cure des playes : car l'ay proposé, Dieu ayaùnl, en faire vne praclique , laquelle i'espere escripre et mettre en lumière si ie connois ce mien petit labeur estre aggreable aux ieunes studieux de chirurgie. I£t pour retourner à noslre matière, etc.: comme le paragraphe parlequel j'ai terminé le dixième livre.
L'édition de 1552 contient sept histoires: 1° celle du soldat du capitaine Renouard; 2» celle où sont mentionnées Thierry de Hery et Drouet; 3" l'histoire si curieuse de Pierre
DES COiNTVSIOJVS, COMBVSTIO^JS ET CANGRE?^ES.
ses, encore quïls ayent signes mortels, mais s'efforcer à faire ce que l'art commande : les priant n y besongner par acquit, ni aussi les laisser par défaut de payement s'ils sont indigens , mais plustost leur aider par vne charité, laquelle nous sommes tous tenus par le commandement de Dieu exercer l'vn enuers l'autre. Et là où on auroit fait quelque cure digne de louange, ne se la faut attribuer, mais à Dieu: considérant et connoissant
Aubert, omise dans toutes les autres éditions et que j'ai reproduite ci-devant, page 72; 4° celle du serviteur de 31. de Champaigne ; 6° celle du duc de Guise, reportée au chapitre De lu commotion du cerueau (ci-devant, page 25); 6° une autre relative à l'argentier du roi de Portugal, qui se trouve aujourd'hui au chapitre Des plmjes du ventre inférieur (ci-devaiil page lOG); 7° et enfin la dernière, concernant un gentilhomme de Vitrey, omise dans toutes lesautres éditions, et que j'ai reproduite dans une note de la même page 106. Après quoi l'auteur continuait ainsi :
« De plusieurs autres ie pourroye Jaire récit : mais moiistrer icy comme Hz ont esté pensés, ce seroil [comme i'aij dict) oultre mon scope, qui n'est d'escrire en ce lieu la cure des pliiyes. Car i'ay proposé { Dieu ai/danl ) en faire vne pratique, laquelle en bref t'esj, ère mettre en lumière, uuec les figures et pour- Iruitz de tous ou de la pluspail des itisirumenlz qui uppartiennent à la chirurgie, si ie corjnois ce mien petit labeur eslre agyreable aux ieunes studieux de chirurgie. »
Et enûn suivait le paragraphe : El pour
que toutes bonnes choses procèdent de luy, comme d'vne fontaine qui ne se peut espuiser, et rien de nous comme de nous. Par ainsi luy faut rendre grâce de toutes nos bonnes œuvres : lequel ie supplie, de tout le pouuoir qui est en moy mis par sa bonté infinie , qu'il luy plaise nous faire entendre la cause et fin pour laquelle sa diuinité nous a donné estre, à fin de n'eslre frustrés d'icelle,
retourner à nostre matière, qui terminait également l'ouvrage.
Enfin dans l'édition de 1564, le chapitre du 7' livre commence par le paragraphe : le. prie les ieunes chirurgiens, etc.; donne ensuite les histoires première, quatrième et sixième de l'édition de 1552, et termine sans plus par l'épilogue ordinaire.
Ici se pré.vente une réflexion que je ne saurais passer sous silence.
On comprend parfaitement pourquoi les histoires transférées ailleurs n'ont pu être conservées dans leur lieu primitif; on ne voit pas aussi bien la raison de la suppression des autres. La seule que je puisse en donner est la négligence avec laquelle l'auteur revoyait ses nouvelles édi'.ions, et j'en trouve ici même une preuve notable. L'édition de 1652 , en rapportant la sixième et la septième observations, portail en marge: Deux histoires comme exemples , celle de 156 5 annonce également en marge -.Deux histoires, et cependant elle n'en donne qu'une. L'autre aura probablement sauté avec le paragraphe suivant, et par un simple défaut d'attenliou.
LE ONZIEME LIVRE
TRAITANT DES
YLCERES, FISTVLES ET HEMORRHOIDES \