DES VLCERES DE LA MATRICE
Les vlceres de la matrice viennent ou à raison de quelque humeur acre et mordicant , qui ronge les parois dicelle , ou pour quelque aposteme quiy est suruenue, ou après les fleurs blanches , ou après vn grand prurit, ou après la contagion de la verolle, par la violente défloration de la fille pucelle trop ieune , ou d'vn accouchement difûcile,oupourestretombée sur quelque chose aigiie, ou en auoir esté frappée'.
1 L'édition de 1579 dit simplement: Ou
pour quelque aposwme qui y al suruenue , ou
DES VLCRRES, FfSTVLES ET nEMORIUIOIDFS.
Or telles vlceies situées au col de la matrice, ou cauité d'icclle, sont simples ou composées K
Elles se connoissent par la douleur que les femmes sentent au dessus du penil, et par la sanie et boue qui sort parleurs parties honteuses. Auicenne liu. 3. fen. 21. traité 11. chap. 5. en lait telles différences -. Ou elles sont pnlrides, lors que la matière qui en sort est fort puante, ressemblant à la laiieure de chair : ou elles sont sordides , lors que d'iceîles sort grande (juantité d'humeur virulent et indigeste. Que si elles sont corrosiues, l'humeur qui en sortira sera noirastre, auec grande douleur et eslance- UM'ns.
Elles sont ou au col de la matrice, ou au fond d'icelle. Celles qui sont au <{il , sont connues par la veué, y niî'tlant le spéculum, et celles quisont au profond , par les excremens qui en sortent , et le lieu de la douleur.
Or il se fait en la matrice telle corrupfion, que l'intestin droit en est rongé et corrodé , et de l'intestin le col de la matrice en est erodé : et la sanie sort tant par l'intestin que par h' col de la matrice, voire par le siège.
Le prognostic, c'est que les vlceres de la matrice sont difflciles, et souuent impossibles à guarir , pource ({u'elle est chaude et humide, et qu'elle reçoit toutes les superfluités du corps. Les vlceres qui se peuuent voir et toucher en cesle partie , sont
pniir vn dij]icile accoiichemenl. La nouvelle rédaction date de 1586.
1 J'ai conservé cette phrase qui ne date ('■gaiement que de 1585 , à raison de la disliiution assez futile d'ailleurs de ces ulcères en simples et composés. Quant a la distinction plus importante des ulcères du col et des ulcères du corps utérin, elle était exprimée un peu plus bas dès 15'î'.).
plus faciles à guarir que celles qui sont au profond. Celles qui ieltent vn pus louable, et aux ieunes femmes, sont plus aisées à guarir que celles qui ieltent vue sanie non louable, et sont aux corps des vieilles femmes*.
Les remèdes seront semblables à ceux qui sont descrits aux vlceres de la bouche, comme eau forte, huile de vitriol, d'antimoine, et autres, estans corrigées , desquelles on touchera l'endroit vlceré : car il faut que le remède besongne à l'instant , ne pouuant longtemps , non plus qu'à la bouche, y demeurer.
Galien commande les remèdes fort dessiccatifs , à On d'euiter la pourriture, à laquelle cesle partie pour sa chaleur et humidité estsuiet'e, et comme sentine de tous les excremens du corps. Si Tvlcere est au profond, on fera telle iniection.
if. Hordei inlegri pij.
Gaiaci 5 . j.
Rad. ireos §.6.
Absinth. plantag. centaur. vlriusque ana m. j.
Fiat decoct. in aqua fabor. ana îb. ij. in quibus diss. niellis rosati et syrupi de absinth. ana g . iij. — Fiat inicotio.
Si la feteur ne cessoit, entre autres remèdes, i'ay souuentesprouué celuy.
'2f. Vini rubri ib. j.
Ynguen. tegyptiaci g.ij.
Bulliant parum.
1 Les deux paragraphes qu'on vient de lire ont été ajoutés à l'édition de 1585. Il y avait dans leur distribution une erreur de lieu que j'ai cru devoir corriger. Ainsi l'auteur commençait l'histoire du traitement , et s'interrompait pour parler des suites et du pronostic , qui doivent venir naturellement après la description des signes ; et ces! ainsi que j'ai disposé le texte , sans y apporter d'ailleurs le moindre changement.
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LF ONZIKMf- LIVRE ,
Tel remède corrig-e la pourriture et malice de riiameur, laquelle souuent esl cause de la douleur. Puis on pourra faire des parfums tels qui s'ensuiuent.
2:. Kscorce d'encens, mastic, graine de genéiire, labdanum, de ciiacuu demi-once.
Orpiment ronge ou citrin .". ij.
(Cinabre demi-once.
Et seront formés Irochisipies auec térébenthine, pour ietter sur le feu, et en faire receuoir la fumée.
El s'il y auoit grande ardeur et inflammation , on feroit iniection auec ius de plantain et de morelle, ou eau de forge, en laquelle on fera bouillir lestes de pauot conquassées, trochisques de camphre, et autres semblables'.
Les vlceres mondifiées seront cica- Irisées par eaux propres, comme eau alumineuse, eau de plantain , en laquelle on aura dissoult vn peu de vitriol ou alun.
Si telles vlceres dégénèrent en chancre , on aura recours aux remèdes anodins et propres à leHe affection, lesquels sont amplement descrits au chapitre du Chancre.
Touchant les vlceres du fondement, nous en parlerons au chapitre des Fistules, comme de celles de la verge au linre de la Verolle.