CHAPITRE XXL
DES VARICES , ET LE MOYEN DE LES COVPEl! '-.
Varice est une dilatation de veine, qiielquesfois d'vn simple rameau,
. > Ce paragraphe et la formule des Irochis-
(|iies qni précède sont des additions de 158.').
- Nous retrouvons ici le levlc de l'édition
quelquesfois de plusieurs. Aucunesfois elles sont courbées et repliées en plu.sieurs circonuolutions emmoncelées : et peuuent venir en plusieurs parties de noslre corps, comme aux temples, au dessous du nombril et testicules, à l'amarry et siège, mais le plus souuent aux cuisses et iambes.
La matière pour ia plus part est vn sang mclancholique. Les varices s'engendrent aux personnes qui sont melancholiques, et qui se nourrissent des viandes melancholiques. Les femmes grosses en sont communément esprises, à cause du sang mclancholique qui, retenu pendant leur grossesse , fait que les veines se dilatent et viennent variqueusespour la grande multitude du sang: aussi elles viennent à cause d'vn grand et véhément mouuement, comme de courir, sauter, et dancer: voyager à pied, et porter grands fardeaux, tomber de haut en bas, ou estre tiré sus la gesne.
Quant aux signes, ils sont manifestes pour l'amplitude et grosseur des veines.
Il est meilleur de ne toucher aux inueterées, parce qu'elles preseruent de plusieurs maladies, à cause que le sang regorge aux parties nobles, dont s'ensuit vlceres, chancres et suffocations.
Lorsqu'elles sont plu.sieurs et iointes ensemble aux iambes, quelquesfois dedans icelles on trouue des thrombus de sang desseiché et dur, causant grande douleur au malade lors qu'il chemine, ou quand on presse dessus '.
de lôTô, coupé en deux par une si lojvjue intercalation. Ce chapitre des varices faisait le chapitre 5, et venait immédiatement après le 5' chapitre actuel , intitulé JJc la cui-alioii des vlceres. Voyez la note de la page 240. ' Ces mois : ou quand on presse dessus, man- (jueiit dans l'édition de 1576.
DES VLCEBKS, f /STYLES
A telles on fera ouuerturc au corps de la vein;' , à fin d'euacuer la trop grande abondance contenue enicelies, ensemble les thrombus, comprimant tant en liaul qu'en bas , à fin de les faire sortir : ce que i'ay fait auec bonne et heureuse issue, faisant tenir quelque temps le malade en repos, et y appliquant medicamens propres. L'on coupe souuenles fois la varice au dedans de la cuisse, vn peu au dessous du genoiiil, où la pluspart se trouue l'oritîine et production de la veine variqueuse : car communément plus bas elle se diuise en plusieurs rameaux, à raison de quoi l'opération est plus mal-aisée. Or la cause pourquoi l'on incise, est à celle fin de couper le chemin, et faire rempart au sang et autres humeurs contenus auec lui, qui abreuuenl quelques vîceres estans aux ianibes : ou pour défendre les humeurs qui fluent à icelles, qui sont cause que le malade ne peut cheminer : ou pour la crainte qu'on peut auoir , que par quelque accident , la veine ainsi grandement estcndue et dilatée ne s'y face ouuerture , laquelle seroit cause d'vn très-grand flux de sang , et caus. roit la mort du malade s'il n'estoit promptement secouru. A ceste cause les anciens commandent de les couper *.
Et pour ce faire faut situer le malade à la renuerse , ayant les iambes estendues, non du tout, mais vn peu fleschies. Cela fait, on fera une ligature à la cuisse, un peu au dessus de l'ouuerture qu'on y fera , et quatre doigts au dessous une autre, à fin de turaeQer la veine : et dessus le cuir, à l'endroit de la veine, on fera vue merque d'encre , pour ne faillir à faire l'incision, laquelle se fera en ceste
1 Pau) .Egin. chap. 82. Un. 6. — .\. V.
ET tlEMOIUUrolDES. 'îGc)
manière : C'est qne l'on esleuera le cuir en haut des deux coslés , et on fera Tincision au cuir sus le corps de la veine sans toucher à icelle, où l'on auoit merqué d'encre. L'incision faite , la veine sera manifeste à la veuë, et par dessous icelle on passera vne aiguille à selon enfllée à double fil, non ayant pointe aigiie , mais vn peu ronde, de peur d'inciser la veiîie, et on séparera les membranes de la veine tant en haut qu'en bas : puis on défait les bandages de la cuisse , et après on liera fermement la veine à la partie supérieure : puis le corps de la veine au dessous de la ligature sera incisé, ainsi que si l'on voulait faire vne saignée : et par cette ouuerture sera euacué le sang de la partie inférieure , tant qu'il sera nécessaire : et lors on liera la partie inférieure de la veine, comme on a fait la supérieure : et après on coupera entièrement le corps de la veine entre les deux ligatures, laquelle estant coupée, ses deux extrémités se retirent et cachent tant d'vn costé que d'autre.
Et faut noter, que la ligature de la veine doit estre laissée , iusqu'à ce qu'elle tombe de soy-mesme. Et pour les remèdes particuliers, on appliquera vn restrainlif, tant sus la playe comme es parties voisines, et de trois iours ne sera touché à la playe. Le, reste de la cure se fera comme les autres.
Autre manière de couper la varice, c'est d'appliquer vn cautère potentiel, qui ronge et coupe la veine : puis se retire en haut et en bas : et par ce moyen il y demeure vne espace vuide , où après s'engendre de la chair : et puis la cicatrice, qui sera dure et espalsse, empeschera la fluxion en bonschant le passage de ladite
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Lli ONZIEME LIVRE ,
veine. Et par ce moyen la veine variqueuse sera guarie'.