Farina' liordci, et fabar. ana 5 . vj
Olei rosa. 3 • iij..
Aceti quant. sutT.
Fiat cataplasma ad formam pultis.
Lequel a vertu desiccatiue, refrigeratiue etrepercussiue : aussi de seder la douleur, estancher le flux de sang et euiter l'inflammation. El luy esloi trenouuellésoum'nl, de peur qu'estant desseiché les farines ne vinssent à clorre les pores se rendans trop emplastriques, et par conséquent ne permissent qu'il ue se tist aucune exhalation et resolution des vapeurs contenues en la partie. Et audit soldat ne luy fut fait saignée, à raison qu'il auoit eu grand flux de sang , principalement par certaines artères (jui sont aux teuiples : et estant bien aduerti que l'ennemy nous venoit tost assiéger , luy conseillay de se reli er à .Abbeuilîe, à tin qu'il fust mieux traité, ce qu'il iist. El depuis vous puis l)i(;n asseurer l'auoir veu audit AblxHÙlle, du tout guari , lorsque
relournay de prison d'entre les mains des ennemis».
' Nous avons vu déjà au chapitre vu la suturc employée par Paré dans les cas où il y a nu'rne une portion d'os comprise dans le lambeau ; et l'on a pu comparer p. lO, n. 1) lesd'nerses manières d'aj^ir de l'iérenger et de Failope. Quand il n'y a qu'un lambeau de parties molles, la plupart des ctiirurgiens de cette époque faisaient la suture, cependant quelquefois avec des restrictions. Voici ce qu'en disait Pierre d'Argetata au xiv siècle. Après avoir cité , en faveur de la suture , l'autorité d'Avicenne, Guillaume de Salicet, Lanfranc , Henri et Guy de Chauliac , il ajoute :
« Et pour moi, je le conlirme avec l'expérience , j'ai souvent fait la suture à la tète , comme mes compagnons ont vu , et elle m'a bien réussi. Silence donc à ceux de mes compagnons qui reprennent les autres, et qui disent qu'il ne faut pas faire de suture à la tète. Je m'étonne que des anciens comme il y en a parmi eux, et qui ont pratiqué toute leur vie, nesacheni pas qu'il faut appliquer la suture dans les j)laies de tète. Je devrais peut-être me taire sur leur ignorance, et les y laisser ; mais je ne veux pas en agir ainsi pour mes compagnons. Je dis donc qu'une plaie de tète est sur le côté ou non ; si elle est de côté, et s'il y a un lambeau qui pend , elle doit être recousue. J'ai >u souvent des lambeaux pendre sur le côté a\ec une portion d'os ; j'enlevais ce fragment o>seux, je rejoignais les parties par la suture, et la plaie s'incarnait en peu de jours. J'ai fait souvent la suture à l'hôpital, et elle m'a toujours bien réussi. J'ai vu aussi en ville sur un blessé presque toute la peau ou au moins une grande partie de la peau de la lèlc (lèlachée des os ; je l'ai replacé coniiuo il se devait Je l'ai cousue , et elle a repris.» Il )i'a|)i.ti(iuait toutefois la suture que pour les lambeaux de> parties antérieures ou latérales ; pour ceux du sommet ou de l'occiput, il craignait que la suture u'empèihàl l'écoulement du pus et n'amenât la corruption de l'os. U la rejetait aussi dans les plaies par une pointe d'épée ou de flèche. Lio. ni, irmt. 1, cuj). I.
DES, PLAYFS FX PA RTICVLIFR.
Mais si la playoesloit faite par morsmo (le boslo, il!a raudroitlraitorpar autre manière. Ce que ie te veux bien en cest endroit aussi demonstrer par riiistoire qui s'ensuit.
Vu iour estant les Lyons du défunt Roy Henry en ceste ville aux Tourueîles, comme plusieurs les alloient voir, il aduint qu'un d'iceux se destaciia et ielta sa griffe sur vue fille aagt^e de douze aus ou enuiron, et latterra : ce fait, enn^oula sa teste, et auec les dents luy list plusieurs playes , sans toutesfois luy faire aucune fracture aux os. Et est vraysemblable qu'il l'eust deuorée, n'eustesté que le maistre desdits Lyons luy osta d'entre ses griffes et gueule. Et se trouua à Tendroit vn nommé Rolland Claret, maistre Barbier Chirurgien à Paris , pour penser et medicamenter ladite fille. Et quelquesiours après fus mandé pour la visiter , laquelle trouuay febricilante , auec grande tumeur et inflammation de toute la teste , ensemble d'vne espaule et du thorax , principalement aux endroits où les dents et griffes dudit Lyon auoient entré : et estoient les léures desdites playes liuides, et d'icelles sortoit matière sei"euse, virulente , acre et fort fa^tide , et quasi intolérable à sentir, ainsi que d'vne charongne , de couleur noire et verdoyante : et disoit ladite fillesentir grandesdouleurs pongitiues et mordantes. Et promptement , voyant tels accidens , me vint en mémoire que les anciens auoient laissé par escrit que toutes picqueures et morsures de bt^ste (voire fussent-elles faites d'hommes) estoient vénéneuses, les vues plus, les autres moins : et partant ie conclu qu'il falloit auoir esgard à l'impression du venin délaissé, tant par les dents que par les griffes dudit Lyon , et qu'il
conuenoit appliquer choses qui eussent faculté et puissance d obtundre tous venins : et parlant on luy fit plusieurs scarifications aulour de ses playes, et y fut appliqué des sangsues pour tirer le venin dehors et descharger les parties enflammées : et subit luy fut fait ablution d'egypîiac , methridat et Iheriaque , auec vn petit d'eau de vie , ainsi qu'il s'en suit , à sç auoir :
Tf. Milhridal. 5- j-
Theriacae voler. § . ij.
.Egypt. 5-1^.
DissoluanUn- omniaciim aqua vita- et cardui benedicti.
Et luy en furent lauées et fomentées toutes ses playes. Et aux medicamens qu'on appliquoit tant dedans ses playes que dehors, est oit mis desdits theriaque et melhridat: pareillement luy en fut donné par l'espace de quelques iours à boire auec conserue de roses et buglose , dissoult dans eau de petite ozeille et chardon benist pour la corroboration du cœur, à fin qu'il ne fust infeclé des vapeurs malignes. Pareillement luy fut apphqué sur la région du cœur tel epitheme :
■K. Aqiue losaium et nenupliaris ana 3 . iv. Aceti scillitici 5 j.
Corallonim et santalorum alborum et ru-
l)rorum,rosarum rubrarum, pul.spodij.
aiia 3.J.
Milliridalij, theriaca* ana 3 . ij.
Floriun cordialiuin pulverisatorum p.ij.
crocit 5. j.
Dissolue omnia .simul : fiât epithema, quod
siiperpunaturcoidi, cuin panno coccineo
aiil spongia.
Et estoit cedit remède renouuellé souueni ; et vous puis asseurer que dés la première fois que nous eusmes fait tels remèdes, la douleur et in-
flammalion, aiiecques autres mamiais acfidens, commcncoront à diminuer, et depuis fut guarie: reste que plus de deux ans après, au lieu qu'elle souloit estre grasse et en bon point, demeura fort maigre et exténuée de tous ses membres, mais à présent se porte bien,
Ori'ay bien voulu reciter telle histoire au ieune Chirurgien , à fin qu'il tienne en mémoire que les playes faites par picqueures et raorseures de bestes, demandent autre cure que les autres faites par autres causes.
Or maintenant il nous faut retourner aux autres dispositions, comme si c'est vn coup orbe qui ait causé contusion sans playe : alors ayant rasé loutle poil (ce qu'il faut tousiours faire , à fin de connoistre mieux le mal, et que les remèdes puissent pareillement mieux profiter), pour le premier appareil on doit vser de repercussifs , comme d'oxyrhodinuni , ou tel qui s'ensuit :
2£. pici rosati 5 . iij.
Albumiua ouorum numéro ij-. ^ Pulueris nuciscupiessijbalaust.aluminis rochœ, rosarum rubraïuni ana 5 . j.
Incorporenlur simul, liât inedicamentuin ad vsum dictum.
Ou au lieu d'iceluy , on peut appliquer le cataplasme fait de farine d'orge, de feues et de vinaigre et huile rosat, cy dessus escrit, ou autres semblables : lesquels remèdes se doiuent renouueller souuent. Et après que la fluxion et douleurs sont appaisées , faut appliquer des résolutifs , à fin de résoudre les humeurs deflués à la partie. Exemple :
"K. Emplastri de mucilaginibus 5 . ij.
-fimplastri de nielilolo et oxicrocci ana
01(M camomillîB et aneti ana 3 . fi .
LF. HVITIEME LIVRF,
Malaxentur simul , cl fiât emplasirum ad Ysum dictum.
Duquel sera appliqué sur ladite partie.
Pareillement en tel cas, on peut vser de fomentation , comme de ceste-cy.
If. Vini riibri Ib. iv.
Lixiuij commuais ft. ij.
Nuces oiipressi contusas, numéro x.
Pulueris niyrlillorum 5 . j.
Ilosarum rubrarum, absynlhij, foliorum saluiiL', maiorana;, sta'chados, florum caniomilia', meiiloti ana m. (j.
Aluminis roclia', radicis cyperi, calami aromatici ana 5.6.
Bulliant omnia simul, et fiât decoctio pro fotu.
Et d'icelle soit fomenté le lieu blessé auec esponges ou feutres. Icelle fomentation resoult et seiche le sang meurtri , comme on peut connoistre par ses ingrediens : et la faut faire longuement ' , et après faut essuyer et seicher très-bien la teste auec linges chauds , et appliquer dessus encores choses plus resolutiues , pouitousiours consumer et résoudre, comme le Ceral , escrit par de Vigo , appelle Cerotum deminio, leqnela\erUi d'amolir et résoudre , et est tel :
Tf. Olei caniomilla-, liliorum ana 5 . x. Olei rnastichis 5 • 'J- Pinguedinis veruecis tt).j.
Lilliargyri aurei 5 . viij.
Minij. 5.ij.
Yini boni cyalhum vnum.
bulliant omnia simul , baculo agitando , in primis lento igné : et in fine ignis augmentetur, donce acquirat colorem nigrum vel tendenlcm ad nigredinem , addendo in fine coctura; :
1 Galien au 6. de la Méthode dit que la fomentation longuement faite resoult plus qu'elle n'attire. — A. P.
DFS PLAYFS EIV P\ RTTCVLIEr..
Terebinlhinœ Ib. G. Mastichis § . ij.
Gumrni elemi 5 . j.
Cerse quantum sufficit, El buUiant rursus vna ebullitione , et fiat emplastrum molle.
Et si par tels moyens on ne peut résoudre, et qu'on voit y auoir mollesse et inondation , alors faut ouurir la tumeur le plustost qu'Usera possible.
Car quand la chair est enflammée et pourrie, elle altère Tos et le rend purulent, tant pour l'inflammation que pour l'acrimonie de la sanie qui tombe dessus: parquoy faut promptement faire appertion , et mondifier la playe par tel mondificatif.
'îf. Syrupi rosati, et absinthij ana 5 . j. Terebinlhina; § . j.
Pulueris ireos, alocs mastichis, mynhae, farinai hordei, ana o • ^•
Ou egyptiac meslé auec apostoîorum , parties égales , ou pur , s'il est besoin, pour raondiûer vne grande pourriture : et après la mundifiration, faut vser de remèdes incarnatifs, puis cicatrisafifs.
La chair aisément se régénère en lous les endroits de la teste, fors en la partie'du front, qui est vn peu au dessus du milieu des sourcils : car en ce lieu là à peine y peut-elle croistre , de sorte que toute la vie du malade , l'vlcere y demeure : parce qu'en tel endroit il y a vne interne cauilé en l'os pleine d'air, qui se r«nd aux os cribleux du nez , lequel air empesche la consolidation de ladite vlcere : et en outre , l'os y est si espais et dense , qu'il n'en peut suinter assez d'aliment pour la régénération de la chair. Adiousté que du nez et des yeux est euuoyée en l'vlcere grande quantité d'excremens, qui empeschent que l'vlcere ne soit menée à cicatrice , dont aduient
que lors qu'on fait serrer le nez et la bouche du malade, et s'efforce à souffler, l'air sort du trou de Tvlcerc en si grande quantité, qu'il peut esteindre vne bien grosse chandelle. Ce que ie proteste auoir veu en vn quidam que i'auois trépané parce que l'os Coronal en cest endroit au oit esté rompu et enfoncé vn peu au dessus desdites cauités K