‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 18 sur 511 · CVRE DES ACCIDENS QVI ADVIENISENT AV CRANE · texte numérisé non relu

CVRE DES ACCIDENS QVI ADVIENISENT AV CRANE

Or après auoir parlé des remèdes propres au cuir musculeux , selon la diuersité des dispositions d'iceluy :

maintenant faut déclarer ceux du Crâne et de la Dure-mere.

Doncques si Fos est fracturé et qu'il soit besoin de le trépaner, oul'esleuer ou ruginer : après auoir fait section audit cuir musculeux, faut déprimer le Pericrane de contre le Crâne, ainsi qu'auons dit. Ce qui ne se peut faire sans grande douleur , pour la sensibilité d'iceluy et la connexion qu'il a aux membranes du cerneau par les sutures : et partant faut bien auoir esgard à mitiger la douleur, pour euiter l'inflammation et autres accidens.

Doncques après qu'on aura fait le premier appareil et esleué les angles de la playe : au second sera mis vn digestif fait de iaune d'œuf et huile rosat , auec vn peu de térébenthine :

et sur l'os qu'on voudra garder sain, ne faut nullement toucher des choses humides , ensuiuant Galien qui dit

J Ce paragraphe si neuf et si intéressant était comme perdu à la lin du chapitre xii. Voyez page;V2, note 1.

qu'on no doit nullemotit vspr aux os desnués , de choses onctueuses , mais ail rontraire de toutes cliosos qui desseiclient tonte liiimidilé siipeinne '.

Dont faut miîltre sur l<Mlit os cliaipy sec, ou poudres cephali(jues (lesquelles descrirons cy après) et {jarder qu'il ne soit altère'' , tant de l'air que des uiedicamens humides.

Pareillemî^nl, après qu'on anra Irepnné, la'it auoir prande sollicitude à bien traiter la Dure-mere. Car quel- ((nefoisil sort jurande f|uan(ité desan;? de quelque vaisseau, qui pourroitestre attaché contre la seconde table : ce que i'ay veusouuent aduenir. Et toutcsfoisne le faut subit estancher, mais le laiss'M' fluer selon la pleuilude , force et vertu du malade: car par tel moyen la fiéure et autres accidens sont moins grands : ce qui est prouué par Iiippocrat(\s , qui dit qu'il est nécessaire laisser fluer le sang aux playes récentes, excepté au ventre : car par tel moyen elles seront moins molestées de douleur, inflammation et d'autres accidens. Et les vieilles dit-il) on les doit faire souuent saigner^à raison que par tel moyen on descharge la pirtie des humeurs contenues en icelle 2. Or donc après en auoir laissé Huer assez , sera arreslé auecqucs ce remède escrit de Galien :

:if.. Pu), aloës 5. ij.

Tliiir. inast. aiia 3. f3> .

Albumina ouorum, numéro ij.

Agilenlur simul cuni pilis it'poris iiiinutini incisis, liai iiiedicanuMiUint ^'.

Et après que le flux .sera estanché, pour seder la douleur, sera appliqué dessus ladite Dure-mere sang de pi-

' (ialicn, (J. liu. delà Melhole. — S.. V. - Hipp.au liu. des r/ccrfs, ol Gai. auliii. i lie lu AJciUoih:.— A. P.

• Cialien au G. rfc lu MciUoAc. — A. l*.

Li. jivrni:MK i ivrf ,

geon lecenlemenl tiré de dessous l'aile : puis de ceste poudre qui s'ensuit :

'■if. Alors, tJiiiris, myrrha*, .^anguinis draco-

iiis ana 7>. j.

iMlsre, liai piiluis suhtili.*.

Et l'on pourra aussi faire vne enibrocation d'oxyrhodinum , ou autre repercussif, comme le cataplasme fait de farines, de vinaigre et huile rosat, pour adoucir et appaiser la douleur et euiter inflammation iusques au quatriéme iour : puis on pourra seurement vserduCeratde Vigo, lequel me .semble estre fort propre pour les os du Crâne fractun*, poiuce qu'il attire la matière du profond à la superficie , resoult et deseiche modérément : et à cause de son odeur, resiouist l'esprit animal, roborelecerueauel les membranes Ce faisant appaise la douleur, comme on le pourra connoistre par les ingrediens qui entrent en sa composition , qui est telle :

"K. Ole! rosati oniphacini, re.sinie pini, gum-

ini elemi. ana 5 • 'J- Maslich. 5 • j. ft.

Pinguedinis arietis. § . ij. ft.

Folioruin betonica-, malii.<;ylua;, anthos

ana nianip.j.

AmiMoniaci 3 . fj .

Granoruin tinctoriim 3. \.

Liqucfîat. pingucdo, cl triluranda Irilurentiu'.el liqupracsiniul aminoniaoum rum arolo srillilico : deindo l)ulliant oninia simul in U>. ij \ini boni, lento igné vsqne ad oonsumplioneni vini , deinde pxprimanlur: rum expressioneaddanlur ïercbii\lhinie Venel* 5 . iiij.

Ceru* albu> quantum sunioit.

liât ceiiilnm molle.

Descpii^l* remèdes sera vsé selon la nécessité: ce qui est enioint d'Iiippocrates,el en la Méthode de Galien, qui

DES PLAYÈS EIS l»AKTICVLlt;K.

commandent tousiours indications contraires.

Pareillement faudra frotter toute la nucqiie du col et l'espine du malade decelinimentjequela grande faculté d'adoucir les nerfs pour empescher le spasme : comme pourras connoistre aussi par les inyrediens qui s'ensuiuent :

7^. Rutœ, inarrubij, rorisnmrini, cbulorum, saluiœ, herbie paralysis, aiia. m. li.

Radicis ireos, cyperi, baccarum lauri , ana g.j.

Floruin chainœmeli, mcliloti, hypericonis, ana m. j.

Pistentiir et niacercntur oinnia in vino albo per noclem : dcinde coquantur in vase duplici cum

Olco lumbricoruin , lilioruni, et de tcrebinlbina , axungiai anseris et huma, ana 5 . ij.

Vsqiie ad consumptionem vini : postea colentur, et in coiatura adde

Terebinthina! Venetœ 5 • i'J'

Aquœ vitcB o . ft.

Cerœ quantum sulTicit.

Fiat linimentum secundum arlem.

Mais la douleur estant appalsée , faut désister de toutes choses onctueuses , de peur qu'elles ne rendent la playe sordide et maligne, et que les parties proches ne se pourrissent, et par conséquent la Dure-mere et l'os : pource que les parties ne seroient gardées par leurs semblables , ce qui se doit faire par remèdes desiccatifs.

Parquoy ne faut aux playes et fracluresde la teste vser de remèdes oléagineux, humides et suppnratifs : si ce n'est pour mitiger la douleur et suppurer en cas de nécessité : car (comme dit Galien) il faut laisser sou uenlesfois la propre cure pour subuenir aux accidens*.

« Gai. au 4. de la Méthode. — A. P.

D'auantage , Hippocrates ne veut qu'aux fractures du Crâne y soit fait fomentation de vin , ou bien peu ' : et ce bien peu , interprète Vidas Vidius, si ce n'est quand on craint inflammation : pource que la fomentation de vin a faculté de reprimer, refroidir et seicher (supplé que ledit vin soit noir et rude). Et combien que ledit via ait faculté et vertu desiccatiue , tontesfois actuellement humecte. Ce qui est grandement contraire aux playes de la teste , et principalement si l'os est decouuert : en sorte qu'il y auroit danger par la réfrigération du vin , qu'il feroit au cerueau , qu'il ne suruint spasme ou autre inauuais accident. Et partant ne faut vser de choses frtiides et humides, si ce n'est, comme auons dit . pour reprimer l'intlammation et appaiser la douleur causée par ladite intlammalion :

mais seront appliquées sur les os dénués poudres catagmatiquesetcephaliques , ainsi appellées des anciens Grecs, parce qu'elles sont propres au\ fractures des os de la teste et autres : à cause que par leur siccité consomment rhumetu" superflu , et en ce faisant aident à Nature à séparer lesdils os, et engendrer chair dessus.

Et sont lesdites poudres telles :

Thus, ladix ireos riorcntia*, farina hordei , et eriii , piiiu. aloes iicpatica», sanguis draconis, mast. myrriia, radix arisloloci»i;c, gentiano", cruca-.

Et généralement tous simples qui sont desiccatifs , abstersils sans érosion. Lesquels seront appliqués après que la douleur, inflanunation et aposteme seront passés: mais alors qu"ou voudra monditier les membranes et faire séparer et incarner et couurir les

' Hipp. de lul. caiK — A. P.

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OS , en convient vser en les diuersifiant selon la lemperaturo cl habitude du corps, et des accidens qui seront Irouués ausdites fractures : ayant en considération que l'os porte plus forts remèdes , et veut aussi plus estre deseiché que le Pericrane et Dure-mere, d'autant qu il est plus sec et non sensible. Et pour ceste raison, lors qu'on appliquera lesdites poudres cepbaliques aux membranes, seront meslées auec miel, ou syrop rosat, ou d'absynthe, ou leurs semblables , à fin de les rendre moins desiccatiues et acres.

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