CHAPITRE X
DE LA FRACTVRE OV DEPRESSION DV STERNVM OV BRECHET.
Le sternum quelquesfois est fracturé , et quelquesfois il n'y a qu'vne
1 L'édition de 1575 présentait, à la suite de cette histoire, le paragraphe suivant, qui a été retranché dans toutes les éditions postérieures :
« Oi- quanl à la balle qui est faite de plomb, il ne se faut esmerueiller si elle peut longuement demeurer au corps sans causer mauuais accidens ; car [comme i'ay dit en mon Hure des playcs faites pur hurquebuses) le plomb a grande familiarité à notre IVature, comme l'expérience nous le monstre, voyuns des hommes auoir balles en leurs corps, et les auoir portées par longues années sans causer aucuns accidens : pareillement les vlceres malignes estre curées , y appliquant dessus lames de plomb , où tous les autres remèdes 71' auoienl peu proffiter.»
' L'édition de 1575 dit : et par conséquent » l'autre dès 1579.
dépression et enfonceure au dedans sans fracture.
Le signe qu'il est fracturé, c'est qu'au lieu de la fracture on trouue vue inégalité : et quand on louche dessus, il obéît au doigt, et sent-on vne crépitation et bruit. Et lorsqu'il est enfoncé , on voit vne inégalité et cauité, et adonc le malade sent grande douleur, et a difficulté de respirer, à cause que l'os presse les membranes et les poulmons qui sont au-dessous de ces parties-là : pareillement a la toux, et souuent crache du sang.
Or pour réduire cet os, il faut situer le malade comme nous auons dit en la réduction de l'os clauiculaire , à sçauoir , le mettant à la renuerse : et luy mettra-on vu quarreau sous son dos, puis sera foulé sur ses espaules contre-bas, et auec les mains on réduira l'os , pressant les costes d'vn coslé et d'autre : et fera-on de sorte que la réduction soit bien faite. Puis après on appliquera les remèdes cydessus mentionnés, pour prohiber l'inflammation et seder la douleur. Et y seront adaptées promptement des compresses : aussi la ligature sera croisée par dessus les espaules, laquelle ne doit estre trop serrée , de peur qu'elle n'engarde la respiration du malade. S'il est besoin , on tirera du sang , et fera-on toutes autres choses nécessaires et requises à cest effet.
L'an 15G3, ie fus enuoyé par le commandement du défunt roy de Nauarre.
lieutenant-general du roy, pour penser Anthoine Benand , seigneur de Viile-Neufue, cheualier de l'ordre du Roy, et gentil-homme de sa chambre, capitaine de trois cents hommes , lequel fut blessé près la porte de la ville
la mort. Le mot souuent a été substitué à
LE TREIZIEME LIVRE
de Meiin , d'un coup do uiousqnet au milieu du sternum , dont sa cuirasse enfonça les os du sternum : qui fut cause qu'il tomba par terre comme mort, iettant grande quantité de sang par la bouche , et en cracha par l'espace de trois mois après. Et pour réduire les os, l'y proceday comme i'ay dit, et récent parfaite guarison , estant à présent viuant ».