ACCIDENS QVI SVRVIRNNE!ST DES COSTES ROMPVES K
Il nous reste à présent traiter en bref des accidens qui aduiennenl à cause de la contusion faite sur les costes : c'est que la chair contuse deuient boursouflée, pituiteuse, muqueuse et glutineuse, à raison que la partie ne peut cuire et digérer l'aliment qui luy est enuoyé : partant il demeure à demy cuit, à cause de l'imbecillilé de la partie, et de la trop grande multitude de l'humeur qui influe 1 : d'où vient que de telle crudité et humeur indigeste s'esleuent plusieurs flaluosités, pour-ce que la vertu concoclrice est débile, à raison de l'imbécillité et intempérie de la partie i^llippocrates 3. des Articles), dont on trouue la chair en cest endroit tumeliée, comme si on l'auoit soufflée :
et lors qu'on comprime dessus auec la main , on sent l'air qui se despart ,
* Ce chapitre était réuni au précédent dans l'édition de 1675 ; l'auteur l'en a séparé en 1579, et ajuste titre, attendu que le premier n'est qu'une pâle compilation , tandis que celui-ci présente un fait nouveau et fort important pour l'histoire des fractures des côtes: l'emphysème, que Paréa malheureusement confondu avec l'altération du périoste et de la côte elle-même.
Du reste, ce chapitre est presque entièrement copié du chapitre 6 du Liurc des conlasioufi qui avait paru en l56i. Voyez cidevant page 201.
.2 L'édition de 1575 portait :
El ■parlant se fait vn aliment demy cuit poiirceque la verte concoctritie est débile dont ou trouHc la chair en cest endroit tuméfiée, elC.
La rédaction acluellc date de 1579.
et le lieu qu'on a comprimé demeure caue , comme on voit aux fluxions œdémateuses. Et si on n'y donne ordre, il s'y fait inflammation , fiéure , aposteme , difficulté de respirer : et quelquesfois les cosles se pourrissent à cause que la chair est esleuée de contre l'os : lequel demeurant nud sans sa couuerture naturelle, il s'introduit, et est frappé d'vn air qui quelquesfois est cause d'altérer l'os et le pourrir. Et lors que cela se fait, les malades iettent la boue par la bouche, puis deuiennent tabides, dont la mort s'ensuit.
Or pour obuier à tels accidens, faut promptement faire la réduction, comme nous auons dit. Et pour résoudre ceste tumeur muqueuse, faut appliquer remèdes propres, bander el comprimer auec compresses, à fin que la chair touche à l'os, et qu'il ne demeure nud. Et quant à la manière de la compression , on appliquera le bandage assez serré , toutesfois non tant que les costes ne se puissent mouuoir , et que la respiration soit empeschée. Puis on vsera des remèdes résolutifs et calefactifs pour dissiper l'humeur. Et faudra diuersifier les remèdes selon que les accidens se présenteront.
S'il suruient aposteme, elle sera ouuerte sans trop tarder , de peur que l'os ne se pourrisse : et après l'ouueiture faite, on euacuera la matière, et pour ce faire on mettra vne tente cannulée dans l'vlcere, si bien attachée qu'elle ne puisse tomber en la capacité du Thorax*. Et seront faites toutes autres choses nécessaires et requises à telles dispositions.
1 Voyez pour les tentes cannulées le chapitre 33 du livres, Curcdeapluyes du thorax, ti-devaut page lOl.
DÉS FRACTVRES DES OS