‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 182 sur 511 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

DE LA FRACTVRE DES VERTEBP.ES OV KOVELLES DE L'ESPINE , ET DE SES APOPHYSES OV SAILLIES.

La rondeur , ou circonférence des vertèbres , est quelquesfois rompue , conluse, et enfoncée au dedans, qui fait que les membranes qui couurent la mouëlle spinale, ou elle-mesme estant ainsi pressée , causent plusieurs mauuais accidens, et peut-on presagir estre incurable , selon qu'ils seront grands : à sçauoir , quand on voit que les bras et les mains du malade sont stupides et paralytiques, sans les pouuoir remuer : et aussi qu'en les piquant ou serrant , le malade ne sent rien : semblablement quand les accidens susdits se trouuent aux ïambes et aux pieds : et que le malade laisse sortir ses excremens sans les sentir , et les pouuoir tenir , ou aussi qu'il ne peut vriner (car selon Hippocrates, sect.2.du Prorrhetique , de quelque cause que la moitié de l'espine soit blessée , ces accidens suruiennent i) : on peut alors presagir la mort prochaine.

Et après l'auoir prédit aux parens et amis, et aux assistans, il se faut enberdir, s'il est possible de faire incision pour oster les esquilles , ou esclats qui sont enfoncés , et compriment la mouëlle et les nerfs 2 : et s'il n'est possible , faut appliquer reme-

i Cette parenthèse est une addition de

2 Celte op(!'iation hardie a été puisée par A. Paré dans la Cldninjie fyançoise de Dalechamps , chapitre 98 de la traduction de Paul d'Eginej et malgré l'antiquité de cette

des qui sedent la douleur et qui prohibent l'inflammation , et réduire les parties fracturées en leur lieu, les y faisant tenir par les moyens que dirons en la luxation de l'espine.

Que si seulement les apophyses des vertèbres sont rompues (qui se connoislra, par ce que les accidens susdits n'y suruiennent, et qu'en poussant du doigt dessus, on sent la pièce ou esclat de l'os se remuer , et changer de place : joint aussi qu'au lieu de la fracture on trouue vue cauité et enfonceure, auec quelque bruit d'vne petite crépitation ou craquement:

d'abondant, si le malade veut plier l'eschine, il sent douleur, par-ce que la peau qui est à l'endroit de la fracture s'eslend et presse les esclats de l'os, principalement s'ils sont pointus et espineux , piquant la chair : et s'il se dresse, il se trouue mieux, à cause que ladite peau est lasche, partant les esquilles de l'os piquent moins) alors on les pourra réduire, s'ils ne sont du tout séparés de leur périoste : mais aussi s'ils en sont entièrement séparés , adonc faut faire incision et les oster, puis traiter la playe comme il appartient.

Les fractures des apophyses des vertèbres se guarissent aisément , pourueu qu'elles ne soyent accompagnées d'autres dispositions, comme quelque grande contusion, ou autres : parce que tous os rares et spongieux en peu de temps se consolident, comme nous auons dit.

origine, je ne sache pas qu'elle ait été pratiquée ou du moins que la science en possède des observations avant notre époque. Il y a quelques années seulement qu'elle a été tentée par des chirurgiens anglais et américains.

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