‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 198 sur 511 · CHAPITRE XXYIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXYIII

qvels remedes fvrent appli0vk9 a l'vlcere accompagné d'aposteme^.

Quand ie connues l'aposteme se faire, ie Os appliquer vn suppuratif fait de

* La figure de la cassole et le texte qui s'y rapporte se lisent pour la première fois eu 1679. La date de l'invention remonte donc tout au plus aux qiieliiues années précédentes , puisqu'il n'en est point parlé dans l'édition de 1575.

2 Ce titre est jeté comme au hasard, et n'e.sl point consacre a un chapitre particulier dans les éditions complètes; j'ai sui>i en cet endroit l'édition de lôti'j, qui en a fait son chapitre IC.

jaunes d'œufs, d'huile commune, et térébenthine, auec vn peu de farine de fourment, tant que la suppuration fut faite. Quelque temps après, pour mondifier rvlcere , i'ay vsé de tel médicament.

^. Syrupi rosati , terebenthinae venetae , ana §. ij.

Pul. radicis îreos Florentinae, aloës, mastichcs, far. hord. ana 3. ù .

Incorporcntur omnia simul , Gat raundificatiuum.

Et à l'endroit où i'auois coniecturé les os deuoir sorlir ', i'y faisois mettre tentes d'esponges, d'esloupes de lin, pour tenir l'vlcere ouuerte : et dedans le profond de l'vlcere, des poudres catagmatiques auec vn peu d'alum cuit , pour faire sortir les fragmens des os séparés : lesquels mis hors, l'vlcere fut guari et cicatrizé auec alum cuit , qui ayant vertu desiccaliue et astringente, fait que la chair qui est molle et spongieuse et arrousée d'humidité superflue, est rendue ferme et dure : et en fin aide Nature à faire le cuir et la cicatrice.

Or les pièces de l'os, à cause de leur siccité , ne se peuuent reioindre immédiatement : mais ont besoin de callosité, qui se caille et espaissit à l'entour de leurs bords, qui les attache ensemble comme vne soudure ou ciment , qui se fait de la propre substance de los et de sa moelle, et par l'aide des medicamens qui sont emplastiques, et qui eschauffent modérément. Au contraire ceux qui ont puissance de résoudre et de sublilier , diminuent le callus. Partant on vsera

1 Je noterai ici, comme étude de la langue

que ce nue reiranclié, les os deuoir 5orJi>,élait

remplacé dans l'édition primitive de 1564

j par cette formule plus française : que les os

deuoiciu sortir.

DES FRACTVflES DKS OS.

de ces emplaslres siiiuantes , desquelles i'ay conneu grands effets pour aider à Nature à la génération du callus*.

If. Olei myrtil. et ros. omphac. ana &. fi. Rad. allh. ffi. ij.

Radicis fraxini et folior. eiusdem, rad.

consol.maioris, etfolior.eiusdem,folior.

salicis ana m. j.

Fiat dccoctio in sufficienti quantitate vini

nigriet aquœ fabrorum ad mediam con-

sumptionem. Adde in colatura:

Pul. myrrhai et tliur. ana 3 . C .

Adlpis hirci Ib. fi.

Tcrebenlh. lotae § . iiij.

Mastich. 5. iij.

Lilharg. auri et argent! ana 3 . ij.

Boli armeniae, et terrsesigil. ana§ . j. fi. Minij 5. vj.

Cerœ alba; quant, suff.

Fiat empl. vt ars docet.

Eu lieu d'içeluy on peut vser d'emplastrum nigriim, fait eu ceste manière :

If.. Lithai-g. auri fe. j.

Olei et aceti ft. ij.

Coquantur simul lento igné, donec nigrum

et splendens reddalur emplastrum, et

non adhsereat digilis.

'2f. Olei rosa. myrt. ana g . ij.

Nue. cuprcssi, boli arnieniie, sang. drac. pulueris. ana § . fi.

Emplast. dlachalciteos 5 . iiij.

Liquéfiant simul , et fiat erapla. secundum artem.

* Tout ce paragraphe est remplacé dans l'édition de 16G4 par celle phrase :

Èl pour faire le calliis , on vsoit de cest cmplastre duquel i'auoij plusieurs fois vsé en cas semblables, y iroutiant grands et merneilleuxelfecls : pource qu'il ne cause aucune inflammation ny prurit ; aussi qu'il dcseche et aslraint médiocrement , comme Von peut cognoislre par ses ingrédients.

Et en défaut d'iceux , faut vser de sparadrap, dont voicy la composition:

X. Pul. thuris, far. volalilis, mastic, boli armenia;, resinae pini, nucum cuprcssi, rubeaî tinctorum ana § . ij.

Seul arietini, cerœ albae ana ii). ù.

Fiat emplastrum.

Auquel on doit plonger (pendant qu'il est chaud) quelque toiie assez vsée pour s'en seruir comme dessus*.

1 Une partie de ces formules, ou du moins de fort analogues, avaient déjà été proposées en 1645 pour favoriser la consolidation du cal ( voyez ci-après la grande note de la page 343). Mais en 1552, A. Paré avait ajouté un assez long passage sur le mémo sujet, folio 31 :

« Mais où il n'y aura autre disposition que la seule fracture , fauldra faire des fomentations au septième iour auec eaue tiède . non pour resouidre la matière du callus, mais pour euaporer quelques excrementz fuligineux contenuz soubz le cuir, par le moyen des medicamcnlz emplastiques au parauant applicquez, et pour attirer la matière dudicl callus. D'auantage il faut continuer lesdicles fomentations, iusques à ce que la partie commence à se tuméfier et rougir, cl n'ayant plus de paour deresouklrc la matière nécessaire à la génération cl confirmation dudict callus. Et après ladictc fomentation tu y pourras appliquer do l'cmplastrenoir, lequel se faict en la manière qui s'ensuyt : comme le descrit GalicH au Premier Hure de la composition des incdicutnentz en gênerai,

If.. Lithargyri argenti libram vnam.

Olei et aceti ana lib. ij. fi.

Coquantur simul lento igné, donec nigrum

et splendens reddalur emplastrum et

non adha-rent digilis.

» Cestuy emplastre est grandement loué dudit Galien.

» Aussi Pierre Estienne, chirurgien de monseigneur le duc de JNiuernois, m'a autrefois grandement recommandé l'vsage dudict

LE TRElZi:É]VIE LIVRE

L'emplastre de diachalciteos est fort louée des anciens pour les fractures, mais il la faut acconinioder selon le temps : comme en Esté sera liqueliée en suc de plantain et de morelle , de peur qu'elle n'esciiauffe par trop.

1 Aussi faudra tousiours auoir csgard à la température du corps. Car nul ne doute , s'il n'est bien despourueu de raison, qu'il ne faille tant desseicher à vn ieune enfant, comme il faut à vn vieil : parce que si on vsoit de medicamens autant desiccatifs à vn enfant qu'on feroit à vn vieil, on consommeroit l'humeur dont se fait le callus. Pource il est nécessaire au Chirurgien de bien regarder à telles choses. Car combien que les remèdes soient bons et louables , neantmoins pour estre indiscrètement appliqués , souuent aduiennent de très pernicieux accidens , dont on peut accuser le Chirurgien qui n'a conduit son œuure par méthode raisonnable : comme il appert quand le callus est fait trop mol, trop gros, trop petit, tortu, ou trop retardé à faire.

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