‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 227 sur 511 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

AVTRE MANIERE DE REDVIP.E L'ESPAVLE AVEC LE TALON, LORSQVE LE MALADE NE SE POVRROIT TENIR DROIT NY ASSIS.

Faut faire coucher le malade contre terre sur quelque couuerture ou matelas : puis on luy mettra sous Taisselle vn peloton de fil, ou vne pelote de cuir remplie de bourre ou de coton , de grosseur proportionnée à la capacité de l'aisselle, à fin que du ta-

lon on puisse mieux pousser l'os en sa place. Car lors qu'on tire le bras , il se fait plus grande cauité en Tais- S3lle, à cause des tendons et des muscles qui sont des deux costés. Puis le Chirurgien s'asserra vis-à-vis du malade au deuanl du bras desloiié. Et si c'est l'espaule droite, il accommodera le talon de son pied droit sur la pelote : et si c'est l'espaule gauche , il accommodera le talon du pied gauche. Puis après il empoignera le bras du malade, et le tirera vers les pieds, et auec le talon il poussera fort contre l'aisselle. Et pendant que cela se fait, il y aura vn seruiteur par derrière la teste du malade, lequel haussera le bras auec quelque seruiette déliée, ou quelque lien ou courroye propre à ce faire , et posera la plante de son pied sur l'espaule du malade, et la poussera en bas. Et d'auantage pour bien faire, il y aura vn autre seruiteur assis de l'autre costé, qui tiendra le corps et le bras sain du malade, à fin qu il n' obéisse, et ne soit esleué ny tourné çà et là lors qu'on fera la réduction, comme tu vois par cesle figure.

^7^ LE QVATORZIÉME LIVRE,

Autre manière de réduire l'e^paulcK

Il faut mcttro l'aissclio du malade sur le bout aigu de l'cspaule d'vn homme assez fort, et plus grand que le malade, ou qu'il aye quelque chose sous ses pieds pour le hausser : e( luy tirera le bras vers sa poitrine, en sorte que le corps du malade demeurera suspendu. Et si le malade est fort léger, il faut que quelqu'vn posant suffisamment pour luy donner contrepois , se pende et branle sur iceluy : et par ce moyen le bras estant ainsi tiré contre-bas , et esbranlé en tournant et virant en la partie contraire, faisant cela auec l'aide du Chirurgien , qui pressera l'espaule du malade contre-bas, la réduction sera faite : comme tu vois par ceste figure.

1 Ce litre existe dans toutes les éditions sans former de chapitre séparé; et je l'ai laissé ainsi bien (lu'il soit toiu-à-l'ail en dehors du titre olliciel du chapitre. Mais il y aurait eu trop à faire si j'avais voulu par-

ClIAPITRE XXV.

AVTRE MANIERE DE RED VIRE L'ESPAVLE.

On prend vn baston assez plat, comme vne courge (dont les chambrières de Paris portent deux seaux d'eau sur leurs espaules) de largeur de deux pouces, et long enuiron d'vne toise : au milieu duquel sera attaché vn peloton de fil ou vn esteuf, de grosseur conuenable à l'aisselle : et à chacun costé y aura vne cheuille esleuée, qui engardera que l'espaule ne vacille en çà ou en là. Puis y aura deux hommes plus grands que le malade (ou pour le moins auront quelque chose sous leurs pieds , qui les haussera tant que besoin sera) et tiendront le baston sur leurs espaules.

Puis le malade posera son aisselle sur le peloton, et le Chirurgien tirera fort le bras contre-bas, de façon que le malade demeurera suspendu sur le baston. Adonc la réduction se fera, comme tu vois par ceste figure suyuante : en laquelle tu vois aussi le baston , auecques le peloton et les cheuilles.

On peut nommer ce baston, courge^.

tout rétablir un ordre rigoureux, qui n'était point dans l'habitude de l'auteur; et déjà dans le chapitre précédent il a décrit le procédé du moufle, tandis que le titre n'annonce que le procédé du poing ou des doigts.

Je noterai en passant que la planche précédente manque dans l'édition de 1585.

' Tous les procédés décrits jusqu'ici , à l'exception du moufle , se retrouvent dans Hippocrate, et les figures mêmes avaient été données par \idus Vidius dans son édition des coninienlaires de Galien , et par le traducteur de celte édition. Le bâton est un de ces procédés anciens , mais la modiflcation du bâton en cour'jc appartient à Paré.

DES LVXATIONS.

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