CHAPITRE XX
DESCRIPTION DES TREPANES.
Trépanes sont scies rondes, qui coupeniroscirculairement plus ou moins, selon qu'elles peuuent estre grandes ou petites : lesquelles doiuent auoir vn clou aigu, ou po nte, au milieu de leur circuit, et qui passe vn petit outre les dents de la Trépane : à fin qu'en trépanant soit stable et ne vacille de costé ou d'autre, iusques à ce qu'ellesaientfait leur circuit, et coupé pour le moins la première table ou enuiron. Adonc faut oster ledit clou , de peur qu'il ne touche (l'os estant coupé ) la Dure-mere. Puis s'il est besoin , soit continuée la perforation entière des deux tables.
D'auantage , faut qu'autour de la trépane y ail vn chaperon, à fin qu'elle ne puisse passer et couper l'os plus qu'on ne voudra: de peur aussi qu'on trépanant, on nel'enfonce sur la Duremere. Pareillement oïl doit vr) peu huiler ladite trépane, à celle (in qu'elle coule mieux et plus doucement. Ce qui est conneu par les artisans, qui frottent leurs scies de choses oléagineuses , à celle fin qu elles entrent mieux.
Semblablement fautsouuenten trépanant leuer la trépane et la tremper en eau froide , à celle fin qu'elle n'eschauffe trop Tos', car toutes choses solides qui tournent auec véhémence s'escbauffent: et par ainsi la trépane lournanl en l'os s'cschauffe , et 1 os semblablement aussi s"eschaulTe et désseiche, et par conséquent s'altère:
» Hipp. (/(' !«/. rap. — .\. P.
dont .s'en pourroit séparer d'auantage après la trépanation.
Et ici ne faut ignorer que tousiours Nature iette vue exfolialion d'os où la trépane aura fait son circuit et aura touché, et aussi vne petite escaîUe de la'superficie qui aura esté de.scouuerte et que l'air aura touché. Et pour aidera Nature à faire ladite exfoliation, on appliquera dessus poudre d'eruca, autrement dite roquette , bryonia , concombre saunage , aristolochia et autres qui seront déclarées cy après.
Et alors qu'elles seront séparées, l'on appliquera ceste poudre , laquelle a faculté d'augmenter la chair sur l'os et l'endurcir.
2i. Pulucris ireos illyricœ, aloës, mannae, tburis, myrrhiË, aristoluebia.' , aiia 3. j.
Puis après la génération de chair , soit faite cicatrice auec poudre d*escorce de grenades bru.^lées et alurx cuil. Et ne doit le Chirurgien tirer lesdiles escailles et os par violence : mais faut al tondre que Nature ait basti vne chair dessous et qu'elle iette l'os de soy-mesn.e : ou autrement se feruil nouuelle altération et corruption dudit os*. Ce qui sera cy après plus amplement déclaré aux Caries des os.
Celuyqui trépane doit considérer que la figure de la teste est ronde, pareillement sa trépane , et par ainsi ne peut couper l'os ogalement , comme si c'estoit sur Ml lieu plat .aussi que l'c.sn'est pas tout d'vnemesme esp liss 'ur : et p ulanl faut qu'il regaide souuenl s'il coupe l'os plus d'vn costé que d'.iutre . qui se Itra en prenant garde sonnent au circuit qu'aura faiî
• Grande annoii^iion pour le ieiitic Chirurgien. — A. P.
sa trépane, auec vne espingle ou chose semblable. Et où il sera troiuié estie coupé plus d vn costé que d'autre , faut décliner et presser la Trépane sur iceluy qui sera moins coupé et plusespais.
Or quant à la Trépane, plusieurs en ont iunoué à leur plaisir, de sorte que maintenant on en trouue de plusieurs et diuerses façons : mais ie te puis bien asseurer que ceste cy qui est par moy inuentée, est plus seure que nulle autre ( au moins que i'aye conneu } pource qu'elle ne peut aucunement enfoncer dedans le Crâne , et par conséquent blesser les membranes et le cerueau , à raison d'vne pièce de fer appellée Chaperon^ lequel se hausse et baissedu tout à ta volonté, et garde que le Trépan ne pénètre et passe outre ce que seulement tu pretens couper de l'os, lequel (comme nous auons dit) n'est d'vne mesme grosseur, espaisseur et duresse: el par ainsi nulle Trépane ne peut estre faite de certaine hauteur ou petitesse sans iceluy chaperon, lequel se haussant et baissant , fait tel arrest à ladite Trei)ane qu'il te plaist , voire et fust de l'espaisseur d'vne ligne. Et le danger de pénétrer son Trépan aux membranes et au cerueau , n'emporte seulenient que la vie du patient : ce que i'ay veu aduenir plusieurs tois, non seulement par la faute des ii'unes Cliirurgiens, mais aussi de ceux qui plusieurs fois îiuoicnt trépané. Auiourd'huyi'espere qjieieunes el vieils voire apprenlifs", pnurront lepaner sans danger aucc ce. dites trépanes, desquelles lu as icy le purlrait.
•Remarquez ce mot d'a^^preuiifs, employé dès l5Cl, époque où A. Paiéélail déjà membre du collège de Saiiit-Côme , el conservé d'ailleurs dans toutes les autres éditions.
DES PLAYES EN PARTICVLIER
Figure de la Trépane desmontée ^ .
â^ooc^ng
A Monstre lemancheentierdelaTrepane.
B Le Chaperon.
C J^a Trépane sans la pointe.
D La Trépane auec sa pointe.
E La Trépane auec son Cliaperon.
F L'exlrcmilé de la Trépane qui s'insère
dedans le manche.
I La ViroIIe.
JJ Les viz qui tiennent la Trépane e
ViroUe.
> Les éditions complètes donnent en cet endroit quatre figures représentant deux trépans montés et démontés. Ces deux trépans ne diflèrent absolument que dans les ornements du manche; je me suis contenté de reproduire avec toutes ses pièces le trépan le plus orné, qui date de 1675.
La forme des trépans a singulièrement varié. Hippocrate en connaissait deux: le trépan à couronne et le trépan perforatir. Ce dernier seul parait avoir été conservé dans la pratique vers le temps de Catien, et la crainte de léser la dure-mère en Taisant pénétrer trop profondémciU sa pointe , avait engagé quelques chirurgiens à munir celleci d'un bourrelet circulaire rui ne lui permettait pas de s'enfoncer trop avant. Le trépan était dit alors iuiinertib/c, abaiiiisinn. On retrouve ce trépan atxipiisic dans Albucasis; et Guy de Chauliac nous a transmis
50 \.\: iiviTii
I'i(jure de lu 'Iiepaiie moiiiéc.
A Le manche.
BB La Trépane.
ce La viz qui tient ladite Trépane au manche.
D Le Chaj)eron qui prohibe et garde que la Trépane ne passe outre la volonté de celui qui trépane.
EE La Virolle qui se hausse de telle hauteur qu'il est nécessaire que le Chaperon donne entrée à la Trépane.
FF Vne autre viz (lui tient ferme ladite ■Virolle.
(iG La pointe triangulaire, laquelle doit vn peu passer outre les dents de la Trépane, à fin qu'elle puisse estre tenue stable, ne vacillant de costéne d'autre; et doit estre passée droilement au milieu de la Trei)aue : et en sa partie supérieure doit estre en viz, comme tu vois en ceste figure, à fin qu'on insère autour d'icelle ceste petite Virolle , nierquée par IIH , pour l'extraire lors qu'on aura (reiiané iusques au Diploé.
les diverses formes que les chirurgiens de son temps donnaient au trépan pour l'empccher d'enfoncer; mais jusque là le trépan à couronne n'était pus encore retrouvé ,
ME 5,IV!;r,
Or (ouUîs les pièces de ladite Trépane te sont en Ivne de ces figures
et je ne sais comment Sprengel a écrit le contraire.
La première notion <|uc l'on en retrouve appartient à Jean de Vigo , qui a décrit, dans sa Chirurgie abrégée , 1517 , son divimau insii'uiiieutum nespululum. Cette description étant fort obscure , j'ai mieux aimé rapporter le texte que de me hasarder à le traduire.
« In primis adminiitrando masculuiniiislrumeiumn sire nespulam, ciijus of/iciuin est'tanlum circiilum in ossc conficerc uaque ad spon- (jiosum. Dcinde udminhlrandum est imlrumentitm cum nespulà feminîi nuncupaluiu, cajus operalio est simitl et semel foramen cl plaleam usque ad vilriam secundœ tabulée cum securiiale conficerc. Consequenler perforelur vhria usque ad lulus inirinsecus cum tertio instrumenta quod instrumentum securitalis dicitur. Successive deinde cum instrumento nostro lenticulari perforalio assis ab amni asperilate et aculeis miindetur et explunetur. »
Nicolas Oodin, dans sa traduction un peu libre, dit que la figure de ces instruments n'est pas encore parvenue en ses mains ; mais voici comme il les décrit : •
«Le premier instrument, nomme («î/r»menuim musculum, doit estre de fin acier, de la longueur de huyl doitz ou cnuiron, ayant audessus vng manche, lequel puisse virer comme la tarière de laquelle on perce le bois, et en lautre extrémité il doit estre cannule et dente comme vne serre.laquelle cannule doit auoir cnuiron cinq doitz de long, et au meillieu dicelle doit afloir vng fer carre et agu, lequel seruira seulement a faire vng cercle dessus los. Le second instrument doit estre forge comme lautre dessus sans fer au meillieu , mais aux deux coslez doit auoir \n(' nesitule dentée en deux costez , laquelle, quant on tournera linslrument vers la paille dextre, il fera incision dicelle partie, cl pareillement quant on la tournera vers la partie senestre : et leffct de cesl instrument est de percer le crâne iusques a la seconde table et est cest instrument nomme nespula fcmina. Le tiers instrument est nomme insirumcnium securiiatis, et doit auoir le man-
Di:S PLAYES E]\ PAnTiCVLIK P..
posées en lem- propre lieu, et par ainsi font la lrepan(^ conipletfe.
El où Tos estant coupé ne seroit esche ainsi que est dict dessus, et doit estre cannule et dente sans nespule et sans fer au nieillieu :et avne petite cannule dargent ou de fer de la longueur de trois doitz , lequel entrera par lextremite de la serre , en la façon de vne \igne tournée en manière d'vng viz, lequel en tournant petit a petit viendra percer laseconde table seurenient sans blesser (/.(TO-Hîaïe)', et quant il sera perce on lostera, et fauldra besogner auec le quart instrument bujuel est nomme Icnticnla, etc. » Fol. 454, l'erso.
Tout cela n'est pas encore bien clair. Marianus Sanctus , dans son Compeiidium de ccipitis lœsionibu.s,ne nomme que trois instruments, msp«ror/«m , <eceie/;« et trepamim, sans les décrire, et ne donne aucun éclaircissement sur ceux de sonmaître,qui probablement ne les avait pas encore inventés lorsque MarianusavaitquittéRome.Toutefoisonpeut juger d'après ce qu'il dit que le trépan abaptisle était tombé en désuétude. Ce icrcbella et ce ircpanum seraient-ils le tré[)an à couronne et le trépan perforai! f renouvelés de Celse, dont Yigo et Marianus connaissaient h\cn l'ouvrage? Il est dilïicile de l'affirmer; cependant il est à noter que jusqu'à (iuy de Ciiauliac, le trépan abaptisic était seul adopté , et que les instruments de Marianus n'étaient point abapiisies. En eifet, après a\oir déclaré qu'il préfère le lerebella , il ajoute que cet instrument a cet inconvénient, que s'il n'est pas manié par une main habite , il trouera facilement le cerveau , et qu'il faut prendre garde de tuer ainsi le malade en voulant le .sauver.— Coll. f^ffembach., \). .Si)7.Vigo déclare également que ce qui lui a fait imaginer son instrument, c'est lu difficulté de perforer le crâne avec les instruments anciens et ceux des jeunes docteurs, sans courir le danger de léser les membranes cérébrales. Enfin, d'apros les épîtres de Langius , les chirurgiens allemands ne connaissaient pas non plus les trépans abaptistes. Ceux-ci du moins n'avaient pas pris les leurs dans Celse qu'ils ne lisaient point ; et je ne sais si Langius , en se moquant de leur ignorance , n'a pas plii-
leué auec la présente Trépane, le sera anec cest instrument nommé Tirerons, duquel poseras la pointe au trou
tôt donné une preuve de la sienne. Il est très i)Ossible, en cU'et, et même probable que les barbiers de l'Allemagne eussent gardé les instruments de leurs pères, qui auraient été ubupiisies en réalité , sans porter cette dénomination grecque. En effet si l'on retrouve la chose dans les Arabes et les Arabistes , le mot n'y est pas : il a été traduit selon le génie de chaque langue ; et à l'époque même de Jean de Vigo, Bérenger de Carpi faisait encore graver la figure d'un trépan perforalif abaplistc sous le nom de 2'crebruin non profunduns.
Pour revenir aux instruments de Yigo , il faut aller jusqu'à André de la Croix pour en avoir une idée un peu plus exacte. André delà Croix a figuré une quantité prodigieuse de trépans, malheureusement sans rappeler les noms des inventeurs, ce qui ôte à son livre beaucoup de l'utilité qu'il aurait pu avoir pour l'histoire delà chirurgie. Toutefois nous trouvons un in:^truir,vnluni securiiatis qui est très probablement celui de Yigo ; c'est une couronne de trépan garnie à quelque distance au-dessus de la scie d'un bourrelet circulaire qui lerendvéritablementa^apa.5re. Au-dessus se trouvent figurés deux modioli viespiloii , i[ui rappellent et expliquent le nesptitu de Yigo. Ils sont ainsi nommés, dit l'auteur, parce qu'ils ont la forme d'une nèlle, en latin mcspilum. Ce sont des couronnes de trépan dont chaque dent de scie forme la pointe d'une petite pyramide triangulaire à base supérieure, toutes accolées parallèlement tout autour de la couronne. En sorte que nous pouvons assez bien maintenant nous figurer les instruments de Yigo : d'abord la couronne mespilée armée d'une pointe centrale, et appelée à cause de cela instrument màlc, pour frayer la voie; puis une couronne sans pointe, instrument ff.melle, pour continuer jusqu'à la table interne, et alors seulement la couronne abaptiste , ou iiislruinent de sécurité.
Bérenger de Carpi, outre le trépan perforalif déjà indiqué, ne figure pas moins de huit trépans sans couronne , dont quelques
58 LE IIVITIÉME LIVRE,
qu'aura fait le clou de la Trépane : les branches duquel peuuent aussi seruir d'Esleualoires.
Tirefons à trois branches.
Apres auoir esleué auecla Trépane ceste pièce ronde de l'os, s'il y a quelques aspérités du reste en la seconde table, qui pourroient blesser la Duremere,lors qu'elle fait son mouueraent, il les faut couper et applanir auec vn instrument nommé Lenticu-
uns, mais non pas tous, ont été reproduits sans nom d'auteur par André de la Croix , sous les dénominations de trépan à dcm ti a plusieurs ailes, trépan à lime, rrdpaii à iuinge : ce dernier est un véritable trident. Mais de plus Bérenger avait un trépan à couronne , armé de deux ailes pour l'empêcher d'aller trop avant, et qui, moins heureusement imaginé peut-être que celui de Vigo, tendait cependant à remplir la même indication ; et enfin c'est dans Dérenger que je trouve pour la première fois l'arbre du vilebrequin appliqué au trépan. On peut voir dans le Commentaire de Vidus Vidius sur le Traité des plaies de léie d'Hippociatc, ou bien encore dans André de la Croix, les moyens de rotation dont l'on s'était servi jusqu'à celte invenliou moderne, que Vidus Vidius ne paraît pas même encore connaître.
On trouve dans l'ouvrage d'André de la('roix, comme il a été dit, une foule d'antres Irt^pans qui appartiennent au xvi' siècle , mais dont les auteurs sont resté' inconnus. Du reste cesricaesses instrumentales
laire : ainsi nommé , parce qu'en son extieniilé il ressemble à vu poix de lentille mousse etpoly: de peur qu'en applanissant les aspérités, on ne blesse la Dure-mere auec cest instrument lenticulaire.
Lenticulaire.
pourraient fort bien remonter jusqu'à Bérenger de Carpi lui-même, et jusques avant lui; car il déclare que les instruments propres à trépaner sont si nombreux qu'il n saurait les décrire tous. El il ajoute ces paroles bi' n remarquables: «Certes, il m'est plus d'une fois arrivé de faire faire ou de fabriquer moi-même de mes propres mains de nouveaux instrumenls pour les fractures du crâne , dont je n'avais jamais vu de m.odéles, et qui depuis ne m'ont jamais servi. »
On remarquera que le trépan d'A. Paré est aussi un trépan abaplisle, et qui semble calqué sur celui de Vigo. Les modernes ont rejeté ce point d'arrêt circulaire, et je crois fermement que l'instrument y a perdu.
Enfin , je ne finirai pas celle longue note sans faire observer qu'André de la Cmix ne reproduit pas le trépan de Paré, et que dés lors on peut présumerqu'il n'a\ait pas connaissance de son livre. H s'ensuit que toutes les figures d'instruments qu'il reproduit et qui se trouvent également dans Paré ne saliraient appartenir à ce dernier , mais faisaient
DES PLAYF.S EN PARTICVMEll.
Et OÙ ledit Lenticulaire ne peut couper l'os qui pourroit esfre trop espais, on vsera de ciseaux, frappant dessus auec maillet , lequel sera de plomb, de peur d'estonner le cerueau que le moins qu'il sera possible. Et seront osfées les esquilles et petits fragmens auec petites pincettes.
Et quand le lieu où sera la fracture ne permet faire section pour descouurir l'os, à fin d'appliquer la trépane, comme lors que la fracture est près du muscle temporal ou près des commissures: lors au lieu d'vne , en faut appliquer deux ou trois (s'il est besoin) bien petites, et plus près l'vne dePavitre qu'il sera possible : de façon que le circuit de la seconde ou tierce prendra sur le circuit de l'autre. Et si la fracture est sur vue commissure, ne faut appliquer suricelle la trépane (comme nous auons dit ) , mais sera appliquée des deux costésd'icelle, en laissant la commissure entière , de peur de couper et dilacerer les iibres nerueux, veines et artères , par lesquelles la Dure-mere est suspendue au Crâne.
Pareillement si l'on ne faisoit apertion que d'vn coslé de la commissu e , le ?àï)g et autres matières ne pourroient entièrement estre euacuées , à raison que la Dure-mere est entre deux K
partie de l'arsenal chirurgical de l'époque. Quelquefois seulement Paré les a mudiliés. Ainsi son clévaloireà trois pieds (voyez pi 3; paraîtavoir été copié surcelui du feuillet .SO, recto, d'André de la Croix. Les secondes tenailles de la page IG représentent le monlens figuré au verso de ce même feuillet; le tirefond de la page 12 ressemble presque al)so • lumentau leieùrum non profuiiUanM debérenger. Il faut en dire autant du couteau enticulairc , du marteau, de plusieurs pinces et rugines, etc.
' Cette manière de faire remonte aux anciens; et c'était la pratique de Jean de Vigo,
Or au lieu de Irepnner , on peut Yser aux cas susdits (pounieu que l'os soit sufllsammeni descouuert) de cet instrument , qui est en manière de compas, lequel se dilate et serre ainsi qu'on veut, par le moyen d'vne viz.
Aussi on pourra changer les pointes d'iceluy selon la nécessité , lesquelles seront tenues fermes par vne viz.
Compas pour couper l'os du Crâne.
A Le pied du compas qui coupe l'os.
B La petite viz qui tient la pointe.
ce Deux pointes différentes, lesquelles se peuuent insérer dans le pied du Compas merquéÂ, ainsi que l'affaire le requiert.
D La grande viz qui tient vne pièce de fer, marquée par E, par laquelle le Compas se dilate et serre comme il est besoin.
Or il est nécessaire qn'vne iambe du Compas soit appuyée fermement pour couper de l'atilre iambe. Au moyen de quoy lest nécessaire auoir vne pièce de fer trouée de petits Irons,
qui s'appuie de l'autorité deCelse. « J'ai fait souvent cette opération dans mon temps, dit-il, à la cour de Rome, principalement sur le seigneur Marcello de Fregiapanis, citoyen romain, où elle m'a bien roussi. » l Cliir. compendiosa , lib. L
d.ins losqnolssora le pied du Compas appuyé, (le peur qu'il ne vacille cà ou là, outre la volonté du Chirurg^ien.
Pareillement faut qu'icelle pièce de fer soit courbée , à fin qu'elle puisse estre appliquée en toutes les parties de la teste, considerantlafig-ure ronde d'icelle.
La pièce de fer pour appuyer le Compas suite Crâne, ([ui est de figure courbe.
LE nviTn;An: t.ivrf,
' Ayant leué la pièce de l'os, on met-
yi litre Compas pour mesme vsage, lequel se dilate et serre par le moyen d'viie l'iz, ainsi qui la peux voir par reste figure.
Ira surlaDnre-meredu cliarpi ratissé, lequel boira le sang et autres humidités :el le lendemain on y mettra vu digestif fait d'huile rosat, iaune d'œuf et \n peu de térébenthine de >'enise.
Plusieurs praticiens y appliquent huile rosat seule, ce que ie n'approuue :
mais plustost ces remèdes qui s'ensuiuenl :
If, Mellis rosati 5 . ij.
Olei de vitellis ouoriim § . j.
Coquantur simul ad vsum.
^ulre.
'2f.. Mellis rosati 5 . j.
Terebenthina; Venelee, 5. fi.
Olei rosati 5 . j.
Incorporentur simul ad vsum.
Le quatrième iour passé , on désistera d'appliquer ausdits remèdes des huiles, mais bien le miel rosat et huile de térébenthine , mises en égale portion, y adioustant poudre de mastii-, aloës laué,iris, et vn peu d'eau de vie. Ce médicament doit estre appliqué chaud : il moudifie, et est propre aux: membranes du ceruean , et aux fractures du Crâne, et au cuir musculeux; qui le couure. Par dessus toute la playe e-t parties voisines, on mettra vn cataplasme fait de farine d'orge et de feues cuittes en oxymel et huile rosat : ou bien on pourra vser de Templastre diachalcitcos^ liquéfiée en huile rosat et vinaigre : ou l'emp'.astre de betonica ou du gratia Dei , fondus en huile rosat. D'auantage , on frottera le col d'huile rosat et de lumhriques , et suyura-on la cure comme ie diray cy après.
' To;!te la fin de ce chapitre manque dans les éditions de 15G1, 1Ô75 et 1579, ainsi que dans l'édilion hline.
DES PLAYES EN l'AKTICV LIER.