‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 265 sur 511 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

DE L'ALOPECIE.

L'alopécie est cliente du poil de la teste , et quelqiiesfois des sourcils , barbe, et autres parties, dite vul^^airement la Pelade. Elle est ainsi appel-

1 Ce livre a été formé de fragments piil)]iés à diverses dates. Les chapitres les plus anciens sont assurément ceux qui concernent les maladies des yeux et de la face, et que l'on trouve déjà dans la Méthode citiuiiitte des ■playes de la leste, en 15G1. Puis viennent deux livres tout entiers qui faisaient partie des Dix Hures de chiriircjie, en 1664 ; savoir, celui des pierres et celui de la suppression d'vrine. Quant aux chapitres placés au commencement et à la lin, et à quelques autres intercalés vers le milieu, il me paraît qu'ils ont vu le jour pour la première fois en 1575, à moins que quelques uns n'aient pris place dans la petite édition de 1572, que je n'ai pu me procurer. Il y en a même un, le chapitre 5, dont la plus grande |)arlie n'a vu le jour qu'après la mort de Taré, dans la première édition posthume, en 1598.

Que si le lecteur s'étonne des matières disparates traitées dans ce livre, il faut qu'il se rapporte, d'une part, au titre que l'auteur lui a donné, et qui témoigne assez qu'il

lée des médecins, comme maladie des renards 2, parce qu'ils sont sujets à telle indisposition, pourcertaine galle qui leur suruient en leur vieillesse.

Icelle se fait par le défaut de matière dont les poils doiuent estre nourris, ou pour la corruption d'icelle matière, comme après fleures longues:

voulait en faire le complément de sa chirurgie ; d'une autre part, l'alopécie, la teigne, la migraine, etc., avaient été traitées par Guy de Chauliac, Vigo ou Dalechamps, et nous avons vu des preuves nombreuses que Paré ne voulait ni laisser de lacunes, ni se laisser devancer par qui que ce fût en tout ce qui avait trait, de près ou de loin, à la chirurgie. J'aurai soin, d'ailleurs, pourchaque chapitre qui aura une date différente de celle de la première édition des œuvres complètes, d'indiquer sa date exacte, les variations du texte, et les sources où Paré a puisé.

Le premier chapitre, ainsi que le suivant, a été puisé principalement dans Guy de Chauliac et dans Vigo ; toutefois, dans le second, et à propos du traitement de la teigne, on verra que Paré met aussi en avant sa propre expérience.

2 L'édition de 1575 porte : Galien l'appelle maladie des vieils renards, etc.

LE QVINZIEME LIVRE

OU par vieillesse, faute d'humidité radicale : ou par application des onguens trop chauds, comme ceux qui se veulent faire noircir les cheueux :

aussi par l'indeuë application des dépilatoires, ou par vne brusleure ou deperdition de substance du cuir, qui après la g-uarison fait que la cicatrice sera demeurée dure » : et généralement pour tout vice de la substance d'iceluy en trop grande rarité, qui fait que l'excrément fuligineux n'est point arresté : ou densité, qui fait qu'iceluy retenu dessous le cuir n'a point issue pour donner essence aux cheueux. Or pour la corruption des humeurs qui altèrent la vapeur et matière dont les cheueux sont engendrés , vient alopécie : ce qui procède du \ire de tout le corps, comme l'on voit en la maladie Neapolitaine, autrement grosse verolle, ou à ceux qui sont préparés à lèpre, ou qui en sont du tout infectés.

Celle qui vient par vieillesse , ou par fleure hectique, ou brusleure, aux chauues, lépreux, teigneux, est incurable : et partant, le chirurgien n'y doit mettre la main.

Celle qui se peut curer, le sera estant la cause : comme si c'est par corruption d'humeurs , le médecin sera appelé, lequel ordonnera la manière de viure, piugation et saignée , ainsi quïl connoistra estre nécessaire : puis le chirurgien rasera le poil, et vsera de fomentations atlractiues et resolutiues : appliquera des cornets et sangsues , à fin d'attirer la malice de l'humeur au dehors. Cela fait, on la-

• La phrase s'arrête ici dans l'édition de 15'75; la fin a été ajoutée en 1579. En regard de cet endroit, Paré avait écrit la note . suivante :

Le poil ne croistiamnis sur les cicatrices.

uera la teste du malade de lexjue, en laquelle on aura fait boiïillirmiel, racines d'ireos, aloés, à fin de bien mondifier les lieux affectés.

Or si l'alopécie vient par faute d'aliment, on frottera la partie auec vne pie'ce de toile neuue, ou auec fueilles de figuier , tant que l'on voye vne rougeur, ou d'oignons cruds. Pareillement on piquera en plusieurs endroits la partie auec vne aiguille :

puis seront appliqués onguens faits de ladanum, fiente de pigeon, staphysagria , huile laurin , térébenthine : y mettant tant de cire qu'il est besoin pour en faire onguent, pour attirer le sang et la matière du poil.

Si i'alopecie vient de la grosse verolle, le malade doit estre bien frotté iusques à ce qu'il entre au royaume de Bauiere * : et par ce moyen recouurera son poil et parfaite santé.

Si elle est causée par quelque vice du cuir, il le corrigera par son contraire, le raréfiant ou condensant, selon que le cas le requerra 2.

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