‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 288 sur 511 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

SIGNES POVn CONNOISTRE LES CATARAC- TES CVRARLES OV NON *.

Premièrement celle qui est confirmée : l'œil sain estant fermé, lors que du pouce on vient doucement à frotter celuy où est la cataracte'^, et que

■ Ce chapitre est confondu avec le précédent dans l'édition de JS75; il en a été séparé en 1579.

^Tel est le texte de l'édition de 1579 et des suivantes; mais en 1561 et même encore en 1576 on lisait : lorsqu'on ftotte l'œil sain

subit on l'oiiure, on voit que la pupille se dilate, et tost retourne en son lien , en mosme estât et couleur qu'elle estoU au pnrauant, sans demeurer esparsp et dilatée. Secondement, si le patient ne p ut voir et discerner autre chose par le sens de la veuë, c'est signe infaillible que la cataracte est entièrement confirmée.

Au contraire, si le patient voit encores , et peut discerner aucune chose par la veuë •. et aussi que la pupille demeure dilatée et esparse après la friction de l'œil , c'est signe qu'elle n'est encores confirmée.

Or à sçauoir pourquoy le chirurgien oculiste, pour connoistre si les cataractes sont curables et confirmées, clost l'œil sain du patient, et frotte l'autre : est-ce point à fin que l'esprit animal visuel de l'œil sain aille en plus grande abondance à celuy que l'on frotte et que Ton fait ouurir promptement sans l'autre : qui fait que la pupille se dilate , et la cataracte se manifeste oculairement?

Or les cataractes qui sont incurables, sont celles qui s'ensuiuent : c'est à sçauoir , celle qui est auecques grande dilatation de pupille, et qu'on ne voit aucunement branler lors qu'on aura frotté la palpebre de dessus l'œil, ayant clos premièrement l'œil sain , et que la pupille de l'œil où est la cataracte ne s'eslargit : car telle chose monstre qu'il y a obstruction au nerf optique : au moyen de quoy l'esprit animal visuel n'yreluist plus. Parquoy, encores qu'on l'enst abattue, on ne profiteroit rien. D'a-

ct qu'on frotte du pouce doucement celuy où est lacaiaracie, etc. Toute la suite prouve évideminent qu'il fallait lire : lorsqu'on ferme l'œil soin , et qu'il n'y avait là qu'une faute d'impression.

LE QVINZIEME LIVRE ,

uantage s'il y a emaciation ou amaigrissement à l'œil, n'y aura aucune vtilité abattre la cataracte. Aussi si elle est causée par coup ou cbeute, et après grande et extrême douleur de teste '. Pareillement, celh's qui sont de couleur gipseuse , verte , noire , I)lombée, citrine, ou de couleur d'argent vif, le plus souuentsont incurables : au contraire, celles qui sont de couleur céleste , ou blanche , ou de couleur de chastaigne, sont curables :

et entre toutes, la céleste, lors qu'elle est accompagnée de quelque blancheur : et principalement quand elle branle en la pupille, subit qu'on aura frotté l'œil où sera ladite cataracte.

Il ne faut toucher aux vieilles gens, parce qu'elles viennent par faute d'esprits visuels, ny aussi à ceux qui ont l'œil fort petit et enfoncé 2.

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