‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 297 sur 511 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

DES DOIGTS SVPERFLVS ET DE CEVX OVl SONT lOlXTS ensemble'^.

Le nombre naturel des doigts de la main est de cin(|. et ceux qui sont plus ou moins sont superflus el contre nature, (e qui delaut, ne juMil estre restitué par chirurgie : au contraire, ce qui est superflu se peut osier, et (luelquesl'ois non.

Ceux qui sont superflus naissent près le pouce , ou près le petit doigt, et rarement les voil-on naistre aux autres doigts, Iceux sont, ou du tout charneux, ou bien ont des os rn leur

' Co proc6(l(''CSI iiidifiiic jinr Dalrcliamps qui le rapporlf à .Vvifciiiie.

' Va\ l'Impilre »iiii . oiilie les iiialiiTcs iniiiKincÔPS par son litre, liaile ciiidrc de i'oiiple incarné cl dos cors, a M en paille puisé dans les écrivains anlérieurs; Imilefois Paré penl y revcndi(|ucr ([uclqnes idées pr()i)res que j'aurai soin de .signaler.

composition, et souuentesrois des «»ngles. Ceux qui ont des os naissent, ou «le la ioinlure, ayant l'assemblage d'icellc comme le doigt naturel : ou naissent de l'escadron des os d«'s doigts, et ceux n'ont aucun mouvement. Les autres qui naissent des iointures, quelquesfois se remuent et ont nioiiuement , et le plus commulu-ment sont plus courts, et quelquesfois d'égale grandeur au naturel.

Aussi les doigts sont vnis ensemble, et autresfois bien peu séparés l'vn de l'autre: cequiaduienl naturellement, ou par accident : naturellement, dés le ventre de la mère , par le vice de la vertu formatrice: par accident, comme à cause d'vneplaye,et le plus souuent d'\ ne brusleure . par l'ignorance du chirurgien , qui n'a eu esgard pendant la cure mettre du linge et autre chose entre iceux : car le cuir estant vlceré tant d'vn que d'autre costé des doigts, iceux se reioignentensemble. En cesdeuxaecidens, si le chirurgien connoist qu'il y ave peu d'espaiss(;ur , n'ayant que le cuir e! bien peu de chair qui les tiennent liés et attachés l'vn <ontre l'autre, aisément seront séparés auec vu rasoir bien tranchant : au contraire, s'ils estoient grandement ioints , et les tendons et nerfs vnis ensemble, eu tel cas le chirurgien n'y touchera '.

On ampute aisément ceux qui sont charneux, coupant auec le rasoir ce (jui est superflu : et s'il y a des os, seront tranchés auec tenailles incisiues, comme tu vois par ces fiijures.

' Celle liisloire des adliérem l's des doigts se lit déjà dans Celse , a\eo un peu moins de détails qu'ici . Paré a pu en puiser les idées dans les annotations de Dalechamps au iSr chapitre de Paul d'F.ginc, qui traite des doiizis snrnmnéraires.

OPERATIONS DK CHIRVRCFE

Fiijuiii (ici Ttnaillf.s incisiites '.

' L'idée première des tenailles incisives pour l'amputation des doigts revient à Paré, si je ne me trompe. Ainsi , dès Vohi, il écrivait dans la seconde édition de ses Plaijes d liaïquebutes , fol. 4o.

/,'/ si l'iillcriiliofi et carie est à l'vii des doi<jlz comme au nommé médius, ou mcdicus , principcde.mem au milieu de la ioiiiclure, et que raison vous persuade n'ij auair autre remède que d'amputer le doifjt ( pour ce qui ne sepeull faire en tel endroit auec scie ) sera nécessaire cser de lenitilles incisiues , ainsi qu'il appert ]>iir cc\le jiijure suyuaiile.

l'.t celle li^'iire était la même que l'on voit ici représentant le doigt pris dans une tenaille. Dans celte édition de l.')52, il ne recommandait guère ces tenailles que pour Us caries articulaires des doigts, et en quelque sorte pour agir seulement sur la i)orlion spongieuse des plialauges. Dans les Dix Hures de chirurgie. ISfi'i, il reproduisait la même ligure, mais avec un texte un peu diffère ri t.

Fa si lu carie estait en vn doitjt , et qu'il n'ij eut moyen de la curer, il sera nécessaire d'vser de tenuilles Dicisiues , coiiuuc lu rois par la Jiyure suiuanic. fol. 87.

Celte fois il les recommandait donc pour toutes les sections des doigUindilTèremmenl. Enlin , dans les OKuvres coniplèles, on ne trouve pins rien qui ait rapport à ram|)Ulalii)n des doigts , el la ligure seule est resiée comme exemple d'amputation des doigts superllus , mais en désaccord llagranl a\ec le

Autre Tenaille pour couper les doicfts superflus.

Et le reste de la cure se paracheucra ainsi qu'il appartient.

le dirai encore qu'il y a plusieurs ausquelslesong-les entrent en la chair des orteils, qui leur donnent douleurs extrêmes, et souiientesfois on n'auancc rien à couper l'on^de : car recroissant, il fait le semblable mal. Et parlant pour la cure, il conuient couper entièrement la chair où la portion de l'ongle se cache : ce que i'ay fait souucnt auec bonne issue •.

nouveau texte. — Il ne faut pas oublier que ces tenailles à branches arrondies avaient été imaginées et figurées |)ar noire auteur dès 1545, pour couperles saillies des os brisés par le boulet. .l'ai reproduit la figure primitive dans une note de la page 150 du présent volume. Dès 1552, il avait changé ses premières tenailles pour les autres que l'on voit ici, et qui ont les branches coudées à angles; mais il garda cependant toujours la ligure qui repiésenle le doigt médius pincé par les tenailles à branches arrondies.

■ Celte méthode me (larait appartenir à Paré; avant lui les Chirurgiens ne s'attaquaient qu'à l'ongle con^idéré comme la cause de totil le mal. La question n'est pas

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Paroillement aucuns ont des cors auv orleils, qui font grandis douleurs. On les guarit coupant toute la callosité , ou corne , puis on applique dessus aulx piles : mais pour le plus expédient, les laul cauleiiser auec eau forte, ou huile de \ilriol.

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