COMMENT IL FAVT PENSER LA PLAYE , LA PIERRE ESTAM TIREE
Apres auoir ainsi lire la pierre et au des choses eslrang-es, si on voit qu'il soit nécessaire faire vu point ou deux d'aiguille à la playe ( laissant
• Ce dernier bec de corbin était le seul représenté dans l'édition de 1504, et ajjrés en avoir donné la figure, l'auteur ajoutait :
« Lequel a seulement trois dents, assauoir deux en liant et vne en bas ; celle d'en-bas sera située en sorte qu'elle entrera au milieu des deux autres de dessus , et (|ii'elles soient en pointe de diamant. Et l'ayant rompue et mise en i)iéces, faut du tout mettre hors les portions, et prendre garde qu'il n'y en demeure aucune, pour le danger qu'il y auroil , qui seroit que les fragments d'icelle puis après ne s'augmentassent cl reprissent ensemble, et feissent de rechef une grosse pierre. »
Dans la première édition des œuvres comi)iètes , en l57o. Paré avait déjà ajouté la figure de l'autre bec de corbin à cinq
DE CHIRVRGIE. 4%
seulement l'espace à mettre vne cannule ) il les faut faire , et faut que le til soit de soye cramoisie assez grosse et forte, et vn peu cirée, de peur que si elle esloit trop déliée, ne trancliast la chair , et aussi qu'elle ne se pourrist pour l'humidité de l'vrine , et pour les excremens de la playe. Faisant iccUe cousture, sera pris assez bonne portion de chair, qu'elle ne se rompe et dilacere : à fin que la douleur faite au patient par ladite couture n'ait esté faite en vain, et sans aucun profit '.
Tout cela fait , faut mettre dans la playe iusques à la vessie , vne tente d'argent cannulée , de laquelle lu as icy plusieurs figures.
Canmdes d'argent cour seruir en la playe, l'extraction de la pierre faite : dont lu en as icy de plusieurs sortes, afin de les accommoder aux playes, et non pas les pluycs aux cannules a.
dents, mais il avait conservé le paragraphe qu'on vient de lire ; c'est en lo79 qu'il l'a supprimé, l'on nevoit pas pour quelle raison.
• iMarianus ne parle en aucune façon de cette suture. — « Si la playe estait trop (jrande , dit Franco, on peull faire un poincl ou deux d'aiguille , comme Guidon enseigne. Il est vray que ie n'en ay iamais vsé , tiy veux faire, etc. — Ouvr. cité, p. 15.S.
^ I-e» deui figures de canules que je
LE QVINZIIÉME LIVRE,
Par le moyen d'icelles le sanj» issu de la playe et coagulé en la vessie, se pourra ietter et purger, et aussi tout
donne en ce lieu sonl extraites de l'édition originale de 1564. Elles claicnt suivies d'autres figures qui ne convenaient pas aussi bien pour le but ù remplir, et je ne sais à quel propos A. Paré a supprimé les premières et conservé les autres dans toutes les éditions de ses œuvres complètes. Yôici d'abord ces figures qu'il avait conservées et que j'ai cru devoir rejeter:
On comprend Jque les" trous nombreux qui perforent les canules dans presque toute leur étendue étaient inutiles d'abord, et ensuite nuisibles, attendu que leschairsà vif l)resseraient sur les trous et finiraient par y pénétrer et s'y étrangler. Aussi Paré, dans ses œuvres complètes, avait accompagné ces figures d'une note marginale ainsi conçue :
Ces trois lenle.i (la troisième n'était que la répétition de la canule droite, et en conséquence a dû être supprim(îe) nedoiucni esire irouées qu'en leurs extrémités, pour les raisons dites cy deaaiit.
Qu'était-ce que ces raisons d/^-ç cy dcuani? Pour les trouver, il faut remonter jusqu'au chapitre ;]3 du livre des playes en particulier (voyez ci-devant page 102) , où déjà se retrouvent les figures des mêmes canules, avec la même indication qu'elles sont mal construites. On ne conçoit pas en vérité comment Paré a |)u faire giaver de telles figures, puisque nulle part dans ses ouvrages il n'indique un seul cas où elles conviennent, et on ne comprend pas davantage comment il les a conservées dans toutes ses éditions complètes. Mais ce qui est plus étrange encore , c'est qu'il possédait les figures gravées de ces véritables canules ; qu'il avait employé l'une, la canule courbe,
autre excrément retenu en icelle: et ne la luy laut tenir longue espace de temps, de peur que nature ne s'aclieminast à ietter perpétuellement IVrine par la playe, et qu'il ne se fist vnè fislulc '.
Et aux parties d'autour, faut mettre
•vn repercussif tel que celuy qui s'en-
suil , pour reprimer le sang et la
fluxion qui pourroit estre faite en
icelle, à cause de la douleur.
2^. AU), ouor. num. iij.
Pulu. boli armen. sanguinis draconis ana § . ij.
Olei rosati 5 . j.
Pil. lepor. quantum sufTicit.
Fiat medicamentum ad formam mellis.
dans le chapitre 21 du livre déjà cité (voyez ci-devant page 63) , et l'autre , la canule droite, au chapitre 27 du même livre (cidevant page 87). A la vérité dans les deux cas il veut qu'elles soient plates, tandis que pour le pansement après la taille , elles doivent être rondes; mais ce sont toujours exacteujcnt les mêmes figures qu'il avait données dans son édition de 1564 comme canules rondes , devant être mises dans la plaie après la taille ; et j'ai préféré donner les instruments conseillés par l'auteur en réalité , et rejeter dans les notes ceux, qu'il déclare expressément lui-raèrae ne pouvoir pas servir.
J'ajouterai que Marianus se tait sur ces canules comme sur la suture. — Aucuns y mettent vtie tente , dit Franco , laquelle doit estre percée. ..le n'ay point accouslumé y mettre lentes , que bien peu soutient. — Ouvr. cité, p. 127.
' Ces mots : et qu'il ne se fitl vue fistule, se lisent pour la première fois dans l'édition posthume de 1598. .Mais dans les édition.* aulérieuros, même dans celle de 156i, Paré ajoutait ici cette note marginale (lu'il est essentiel de reproduire:
// faut tenir la cunuulc en la playe , iusqucs à ce quoa voye que l'vrine seule isse d'in cclle.
OPERATIONS DE CHIRVRGIE.