CHAPITRE XLIX
DES MOYENS DE GVEÏilR LES VLCERES PAR LESQVELLES LONG TEMPS APRES l'extraction DE LA PIERRE, l'vRINE PASSE ENCORE.
Et d'abondant il te faut icy noter, qu'à d'aucuns hommes, après leur auoir tiré la pierre, Fvlcere par où la
en bonne situation de lui prescrire un régime, attendu que l'homme ne saurait se nourrir sans aliment; c'est pourquoi nous allons dire ce qu'il faut donner en pareil cas et ce qu'il faut éviter. Le premier jour on fera prendre du pain trempé dans du bouillon de poulet sans sel , et du vin bien coupé d'eau , car il est absolurnenl mauvais et mortel de boire de l'eau pure ou bouillie. Le deuxième jour il pourra manger avec une certaine modération ou d'une poule ou du mouton , du veau et du chevreau, et à peu prés tout ce qui est d'une facile digestion et d une bonne alimentation, en fuyant lesgrosses viandes, comme le bœuf.la vache, le bunic, les oiseaux de marais; il faut surtout s'abstenir rigoureusement de tout ce qui pourrait reproduire la pierre,comme serait le poisson, les fruits acides et encore verts, le pain sans levain , le pain mal cuit, le fromage nouveau , le vin gros et trouble , aussi l'eau trouble, et tous les aliments visqueux de difficile digestion et donnant un mauvais chyme ; par-dessus tout il faut éviter l'excès dans le manger et le boire: et si par hasard il était pris dans la nuit d'une soif avide, atin d'user d'une certaine tolérance, il commencera par manger une rôtie de pain bien fermenté , trempée dans du vin, qu'il fera suivre d'un verre de vin bien arrosé d'eau pure et bouillie. Voilà l'ordre qu'il suivra durant huit jours, après quoi il reviendra à son régime ordinaire, faisant toujours attention a ceci : qu'il faut éviter l'eau comme une chose pernicieuse et comme la calamité de la vie humaine. « C'est l'auteur qui a mis ces passages en
pierre a passé , ne se peut consolider, et par icelle «ontiiuielleinenl i'vrine sort inuoloDtairement : dont demeurent tout le reste de leur vie en grande douleur et fascherie, si ce n'est par l'aide du chirurgien expert.
Lequel doit couper la callosité des iénres de la playe, et faire comme si c'estoit vne playe toute nouuelle : puis ioindra les léures de l'vlcere, lesquelles seront pincées et serrées auec cest instrument nommé tenon, auquel sont trois trous , par lesquelles on mettra des aiguilles au trauers, en comprenant assez bonne portion de chair :
puis tu lieras les aiguilles autour dudit instrument, et appliqueras vu médicament glutinatif, comme lercbenthinœ venetœ, gummi elemni, sanguinis draconis, boH armenici. Et au bout de cinq ou six iours , faut osier les aiguilles et ledit instrument , et trouueras l'vlcere presque glulinée, puis paracheueras de la cicatriser K
italique, et l'on se demande en lisant de pareilles choses si jamais il avait lui-même pratiqué la taille. Paré recommande au contraire de ne pas donner de vin , et Franco avant lui avait déjà insista >sur le même précepte, et blâmé Marianas d'avoir donné le précepte opposé.
Ce qui est plusfort queramourduvinchez Marianus , c'est l'horreur de l'eau. On a pu en juger par les passages mis en italique; au chapitre sujvant où il esaminc les accidents qui peuvent suivre, savoir la constipation qu'il combat par des lavements laxatifs, l'hémorrhagic, les caillots dans la vessie, les chairs molles qui naissent sur la plaie, et enfin la lièvre , il recommande contre le mouvement fébrile des sirops appropriés, des lavements , et il déclare préférer à tout cela la diète simi)le; mais il revient sur le défaut de donner de leau au malade , et il ajoute ()ue le médecin duit dans ce cas éviter l'eau comme la peste , tanquum peilis a inedico fuf/iendii est.
* m Mariaitus ni Franco ne parlent de
LE QVINZIÉME LIVRE ,
La figure des tenons est telle.
A. Monstre le grand tenon.
B. Le petit, lesquels tu choisiras à commodité.
ta
Et si tu n'auois lels instruments, lu pourras en leur lieu vser d'autre manière, que i'approuue beaucoup, et qui est aussi plus aisée , comme s'ensuit. Il faut prendre deux petits tuyaux de plume, de la longueur et vn peu plus que ne sera l'vlcere, et les mettre au costé d'icelle, et passer
ces fistules, et je ne trouve l'indication de leur traitement dans aucun auteur antérieur à Paré. Voici tout ce que dit Marianus, chap.21 :
« Lorsque le malade aura passé trois ou quatre jours sans accidents , alors toute l'attention du médecin se tournera vers la plaie; s'il ■ s'y développe des chairs molles qui nuisent à la consolidation, on appliquera de la poudre d'alun de roche brûlé , ou do la poudre de coquilles de mer brûlées au four; car il n'est rien de meilleur et qui réussisse mieux à consolider les plaies de cette nature. »
Il recommande ici spécialement certaines coquilles qui viennent deTarcnte, et dont on nous permettra sans doute de passer la description sous silence.
OPERATIONS DE CHIRVRGIE.
les points au trauers d'iceiix auec la chair , et faire Je nœud du fil sur iceux, faisant tant de points d'aiguille qu'il sera besoin. Par ces moyens l'vlcere se reioindra sans que la chair se rompe , qui se feruit à cause des points d'aiguille.