‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 322 sur 511 · CHAPITRE LU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LU

DISCOVRS DE l'aVTHEVB DV SANG ET PVS QVI PEVVE.NT ESTRE EVACVÉS PAR LES VRI>ES*.

Cela est accordé entre les médecins et chirurgiens tant anciens que modernes, qu'il peut sortir par la verge du sang et du pus séparément, et aussi meslés ensemble : lequel vient ou de la verge , de la vessie, des vreteres , des reins , du foye , râtelle , mezentere, pancréas, intestins , et de la matrice : ou des parties plus hautes qui sont sur le diaphragme , comme du poulmon et poitrine, du cœur, ou des bras , ou de quelque autre partie , voire de toute l'habitude du corps.

Pour connoistre de quelle partie il vient, il faut considérer le lieu de la doixleur, la couleur et odeur de ce qui sort, et des accidens qui ont précédé ou sont encore preseus, comme douleur et fleure, et autres, et du temps que ceste descharge s'est faite : aussi le fera la quantité et qualité du pus. Telles choses demonstreront le lieu d'où s'escoule le pus.

Car s'il vient des poulmons, ou d'vne empyéme , ou du foye , ou de

thorax, lasanie eut soutienles fois enuoyée et punjée par les vrines.

Ce qui semblait servir de transition au chapitre suivant. Ce paragraphe fut retranché dans l'édition de IJ'U , et le chapitre se terminait alors avec l'histoire du icune seruileur,

» Ce chapitre faisait le deuxième du Livre de la suppression d'vrine en 16G4, et il avait été simplement reproduit avec son texte primitif en 1575 et lôVJ ; mais dans l'édition de lôSo, il fut amplement augmenté et reçut le litre qu'on lit encore aujourd'hui. Dans les éditions précédentes, il était intitulé : Digression de l'autheur.

OPEKATIOJVS

la râtelle , et en garantie abondance , sera conneu ne procéder des reins :

parce que telle quanlité ne peulestre contenue en iceux. loint que lors qu'il vient du foye, ou d'au 1res parties situées sur le diaphragme , le pus est bien plus exactement meslé auec l'vrine , qu'alors qu'il vient des reins ou de la vessie.

S'il vient seulement de la verge , iepus seraietté pur sans l'vrine. Or il vient de la verge pour quelque aposteme qui y sera faite , ou de quelque carnosité, ou d'vne chaudepisse.

S'il vient de la vessie vicerée, il sera meslé et ietté auec l'vrine : mais à la fin, après auoir pissé, il est icllésans l'vrine, et si sera fétide, d'autant qu'il sort d'vne partie membraneuse : et si on y trouue de petites escailîes furfureuses, la vessie sera rongneuse. Pareillement quand on voit vn sédiment ou lie espaiss(; et visqueuse, comme mucilage e t blanc d'œuf meslé auec l'vrine , et que promptement il aille au fond, cela monstre qu'il a sa génération en la vessie : et telle chose se fait ordinairement pour vne pierre qui sera eu la vessie. Uippocralesdit, que si quelqu'vn pisse pus ou sang, ou escailles auec mauuaise odeur, cela monstre la vessie estre vicerée *.

Si les vreteres ou reins sonl vlceiés, le pus ou sang, sort par la verge.

Galien esc rit que le pus de l'aposteme du poulmon receu par l'artère veineuse au seneslre ventricule du cœur , de là en la grande ailere , et d'icelleen l'emulgente du rein, peut passer par les vrines^.

Monsieur Houlier sur le commentaire de l'Aphor. 75. Hure 4. dit ,

» Aphor. 81.— A. P.

•J Au 4. ch. du 6. liure de loc a({ec(. ~ A. P.

DE chirvp.gif:. 499

qu' vne notable femme par l'espace de quatre mois entiers pissoit de la boue, et quelquesfois du sang auec, à cause de l'acrimonie qui corrodoit quelque veine. Les médecins la traitèrent comme si les reins eussent esté vlcerés , parce que par interualle elle y sentoit grandes douleurs : et mourut le quatrième mois. Estant ouuerte, on trouua les reins et la vessie en leur entier : mais il fut trouué deux pierres en son cœur, et plusieurs aposlemes, lesquelles se purgeoient par les vrines , et en passant par les reins causoient douleur.

Galien dit que les menstrues retenues sont iettéos par l'vrine, laquelle se trouue sanguinolente , et quelquesfois espaisse et noire comme encre, ce que Tay veu. La pituite et autres humeurs froids et visqueux se j peuuent semblablement purger par les vrines , et par les hémorroïdes.

Or maintenant il nous faut parler du sang qui est ietté en la vessie, et de là en la verge. Telle chose se fait, pour ce que les hémorroïdes ou menstrues sont supprimées, ou pour quelque grande plénitude de sang contenu aux veines , péchant en quantité et qualité, ou les deux ensemble, lesquelles se repurgent par les veines emulgentes aux reins, et de là par les pores vreteres à la vessie : ou à cause d'vne imbécillité du foye, ou des veines mezaraïques , ou d'autres parties : ou pour vne imbécillité des reins , lesquels ne peuuent assimiler le sang enuoyé pour leur nourriture :

ou par attrition et fray d'vne pierre contenue ausdits reins. Ce que ie sçay véritablement pour l'auoir veu à plusieurs.

Aurelianus docte médecin dit, que Ion pisse le sang tout pur, pour auoir ^sé intempestiuement de Venus. Et

500 LF, QVINZIÉ

tout ainsi que par f ertain temps les mois aduiennent promptemcnt au\ femmes, et aux hommes des hémorroïdes : ainsi il se f/iil vn amas de sang au corps, lequel se repurge quelquesfois par les reins , et dlceux à la vessie , sans qu'il y ait rupture d'aucun vaisseau : au moyen de quoy les vrilles sont cruentes et sanglantes.

Pour auoir pris aussi du poison, commecaulharides, ou autres choses semblables.

Il y en a qui pour auoir esté trop long temps à chenal, ont pissé le sang : ie le sçay par moy-mesme, allant en poste au camp de Farpignan, estant près de Lyon ie pissois le sang tout pur. Touleslbis à la vérité on ne doit dire pisser le sang, quand il sort de la verge pur, mais se doit dire émission de sang.

Le sang sort pareillement auec les vrines par diapedese ou anastomose des vaisseaux, et alors il ne sortira pur, mais les vrines seront seulement teintes.

D'auantage le sang sort par incision des veines promplement et en abondance et en \rhwint : comme i'ay escritcy deuant de défunt monsieur de Î^Iartigues, qui lut blessé d'vn coup de harquebuse à lapriseduchasteau de Hedin, au milieu du thorax, où tout subit ietta le sang par la plaje , la bouche et par les vrines et selles, et mourut bien tost après.

Monsieur Selecgue, AUeman, colomnel des reistres, eut en ceste ville vn coupd'espée au tram'rs le ventre, dont incontinent ietta le sang par la verge, le siège, et par ses playes : et non seulement le sang, mais aussi la matière fécale. Il fut pensé par monsieur de la r.orde, njcdecin célèbre et doctevu- à Taris, et monsieur l'-igray, chirurgien ordinaire du roy, et inoy^

MF. LIVRE

et Dieu le guarit. I'ay veu plusieurs qui ont eu semblables playes qui ont reschappé, et d'autres de bien petites qui en sont moris.

Or quant au pus qui est ietté des bras par les vrines, cela sera demons- 4ré par ces deux histoires '.

I'ay veu monsieur Sarret, secrétaire du roy, auoir vncoupdepistolle au bras dextre : à sa playe suruindrent plusieurs accidens et apostemes, desquelles sortait bien grande quantité de boni', et par quelques iours n'en sortoit que bien peu : et alors la iettoit par le siège et par ses vrines : et quand ses vlceresieltoient beaucoup, on ne voyoit ny par les selles ny par les vrines aucune apparence de boue. Et fut guari grâces à Dieu, et est encore à présent viuant.

Monsieur Houlier, docteur régent en la faculté de médecine à Paris, Germain Chenal, et inaislre Rasse, chirurgiens iurés, hommes excellens en la médecine, et moy, auons pensé vn gentilhonune uomnn; monsieur de la Croix , (jui lut blessé d'vn cuup d'espée au bras seneslre, au(iuel aduint pareille chose : loutesfois il mourut. Or maistre Rasse disoil qu'il estoit impossible que la bouc» peust prendre vn si long chemin pour estre vacuée : ioint qu'elle ne pouuoit passer par les veines sans qu'elle ne fust meslce auec le sang, et partant quelle pouuoi! pluslost ^enirdu me/.entere ou des intestins, et non du bras ou

' Toiitcc(iiii |)n'rèdcaot(^ajoiito en 1583; dans les trois éditions de 10(54, I67ôel 1575), le chapitre coniniençait ainsi :

Je le I eux ici) tacomplcr deux exemples virnicillcnx de la fioitidence de nature en l'expulsion des choses qui lu peuueni blesser e( offi-user , re ijuc lu coijiioisirn\ parles deux iiisioires suiuanies. I'ay i'« Momieur Sarre (,iic.

OPERATIONS DE CHIRVRGIE.

5oi

de quelque autre part, le disois au contraire qu'elle venoit du bras, à raison que lors que ses vlceres iettoient grande quantité de sanie , il n'en sortoit nullement par en bas.

Monsieur Houlier estoit de mon party, disant que les anciens auoient laissé par escrlt telle chose se pouuoir faire : et ce qui nous meltroit d'accord, seroit que lors que ledit de la Croix seroit mort, qu'on regardast en son corps s'il y auoit quelque aposteme ou vlcere. Il mourut, et fis ouuerture de son corps en la présence des susdits : et ayant regardé et examiné toutes les parties internes, ne fut trouué aucun lieu d'où la boue pouuoit sortir : dont fut conclu de tous, que ladite bouc proccdoit du bras, estant vacuée par les selles et vrines : adioustant que telle chose n'estoit pas impossible , parce que nostre corps est confluxible et transpirable *. D'auantage , nous voyons

> CcUc histoire élail déjà raconlcc dans l'édition de 1664, mais avec quelques dilTérences dans la rédaction. Voici le texte primitif :

« D'auantage Germain (Chenal et François Rasse, hommes accompli/ et excellcntz chirurgiens iurez en ceste ville et moy auons pensé vn gentil-homme nommé Monsieur de la Croix, lequel fut Messe d'vn coup d'espée au bras senestre, auquel aduint pareille chose, toutesfois il mourut. Et par-rc qu'aucuns tenoicnl qu'il estoit impossible que la boue feit vn si long chemin, ioint aussi qu'icelle ne pouuoit passer par les veines qu'elle n'eust gasté le sang , et parlant disoient que telle bouc ne venoit du bras, mais du foye ou de quelque autre partie, et quant à moy, persislois et tenois pour une chose asseurce que c'étoit du bras, à raison que lors que de ses aposlemes et vlceres sortoit grande quantité de boue, il n'en icttoit point parles parties basscsrau contraire, lorsqu'elles iettoient peu ou rien, en sortoit grande quantité, F.t leur diiois qu'il

par expérience de deux vaisseaux de verre appelles monte-vins , que l'vn soit rempli d'eau, et l'autre de vin clairet, et soyent posés l'vn sur l'autre, à sçauoir celuy qui sera rempli d'eau sur l'autre rempli de vin, on voit à l'œil le vin monter au haut du vaisseau au trauers de l'eau, et l'eau descendre dedans le vin , sans meslange des deux , ce que nous auons dit par cy deuant. Et si telle chose se fait ainsi extérieurement et apertement au sens de nostre veuë par choses inanimées : il faut croire en nostre en-

n'estoit pas impossible, parce que tout nostre corps est confluxible et transpirable.» Suivait la comparaison des monie-rim, que Paré ne se faisait faute d'appeler dans une note marginale /?e//(; comparaison; vi puis la fin de l'histoire, avec une rédaction un peu différente du texte actuel; c'est pourquoi je la reproduirai.

« Ledit de La Croix mort, son corps fut ouueit, et exquisitement cherché si on pourroit apperceuoir aucun lieu dont telle sanie sortoit, ce (jui ne |)cul estre cogneu, et partant nous conclusmes tous que la mort estoit aduenue par le moien du coup, et non par aucune apostenie qu'il cust en aucune partie de dedans son corps. «

Dès 1579, au lieu de François Basse, Paré avait écrit Maistre liasse , sans rien changer d'ailleurs à son récit ; mais en 1585 il le ré- I digea comme on le lit aujourd'hui , faisant I intervenir Houllier , et nommant Rasse pour son contradicteur. Houllier était mort en 1562: François Rasse des Neux , si l'on en croit Devaux, aurait vécu jusqu'en 1588. Peut-être s'élail-il brouillé avec Paré, ce que l'on pourrait induire d'un autre changement de rédaction que nous avons noté au chapitre 26 du dixième livre. Voyez ci-devant page 230.

Enfin les mots .Ce que nous auons dit parcy deuani, ont été ajoutés en 1585, et se rapportent sans doute au chapitre 14 du neuvième Livre (voyez la page 169 de ce volume) , où l'on retrouve une histoire et une théorie analogues.

LE QVINZIEME LIVRE ,

tendement, qufi Nature peut faire passer la boue par les veines, sans qu'elle soit meslée auec le sang.

Parquoy faut conclure auec Galien, que la boue faite aux parties intérieures , et loin des reins et de la vessie, peut estre vacuée par les vrines ' : ce que par raison on peut encore prouuer. Car aux excremens de nostre corps qui s'expurgent par les reins, intestins, râtelle, kystis fellis, Nature par sa vertu sequestrice y reserue quelque portion du sang et suc bénin et propre pour leur nourriture, que chacune d'icelle partie attire et sépare d'auec les excremens.

D'auantage, le sang pur et le meilleur qui soit au corps, cnuoyé de toutes les parties pour estre ietté par la verge , à lin de génération, passe par dedans les vaisseaux spermatiques, qui tousiours sont remplis de sang :

neantmoins la semence coule au trauers sans se mesler aucunement.

D'abondant ne voit-on pas que les femmes nouuellement accouchées iettent le lait pur contenu aux mammelles par leur matrice , lequel aussi faut qu'il passe au trauers des veines et artères mammillaires^?

Tout le semblable se fait aux veines mezaraïques, par lesquelles le chyle se porte au foye, pour estre fait sang , et fait sang aux boyaux, pour leur nourriture, sans meslange de de l'vn auec l'autre.

> Gai. au 4. De loc. aff. — A. P.

2 Tout ce qui suit apparlieut à la nouvelle rédaction de loSà; dans les édilions précédentes , le paragraphe actuel se terminait ainsi:

« .... par dedans les vêtues et artères mamimillaires , qui ont communication au milieu de.-» muscles longitudinaux de l'cpigastre auec celles de la matrice? Parquoy ne se

Le pus peut aussi passer au trauers des os, ce qui est prouué par Galien au Commentaire sur le 5î. aphorisme du 7. liure, et pareillement par autres parties, par conduits imperspirables. Exemple, comme nous voyons sortir le lait d'vne nourrice par le bout de son tetin, et la sueur par les pores de nostre cuir, à grosses gouttes comme perles • neantmoins on ne peut trouuer aucun conduit, pour y mettre aucune chose, tant déliée soit elle. D'auantage, ne voit-on pas aux panures véroles, qui ietteront par chacun iour et nuit cinq et six grandes bassinées de baue? Semblablement au flux de ventre, vn malade iettera par le siège des matières de diuerses substances et couleurs, la quantité qu'on ne peut estimer pouuoir estre contenue aux intestins. Pareillement par le vomissement on iette quantité d'humeurs qui y abordent de toutes les parties du corps, comme toiTens, par conduits imperspirables et inconnus. Il faut aussi remarquer qu'il apparoist aux vrines quatre substances, à sçauoir la semence, le pus, la pituite et le sang. La semence nage dessus, parce qu'elle est plus légère et subtile : le pus et la pituite vont au fond : la pituite est vnie, au contraire le pus se dissout lors que l'vrine est agitée : et quant au sang, il apparoist aucunesfois seul, et quelques fois meslé auec l'vrine,

faut esmerueiller si le pus peut estre euacué des parties supérieures par les vrines, sans estre aucunement meslé auec le sang , car telle chose se fait par la faculté nalurelle expullrice. »

Après quoi venait une digression sur les facultés que l'on retrouvera à la fin de ce chapitre, toutefois avec quelques modifications.

OPERATIONS DE CHIRVRGIE.

comme nous auons dit cy dessus. Il faut de nécessité conclure, que toutes cesdiles matières ne viennent seulement des lieux où ils sortent, parce qu'il est impossible qu'ils puissent contenir vne si grande abondance des matières qui en sortent.

Apres auoir discouru des matières qui s'euacuent par les parties inférieures, faut escrire de celles qui s'euacuent par les supérieures. Exemple : les menstrues se peuuent purger par vomissemens, par le nez et par les mammelles, voire en grande quantité tous les mois (comme i'ay escrit cy deuant) ou par vne aposteme faite au thorax : comme d'vne pleurésie , le pus sort partie par la bouche en crachant, ou par vomissement : et partie par les vrines, comme i'ay desia dit. Semblablement l'vriue est iettée par vomissement (ce que i'ay veu plusieurs fois) quand les pores vreteres sont bouchés, ou la vessie et verge gangrenés. Véritablement i'ay veu à vn corps mort, vn des pores vreteres de grosseur d'vn doigt, plein d'vne matière gypseuse, et en Tautre y auoir vne pierre qui estoit descendue dans les reins, en sorte que l'vrine ne pouuoit couler en la vessie, et regorgeoit en haut.

Le patient deux iours deuant que mourir, vomissoit et iettoit son vrine par la bouche. Pareillement quand les intestins sont estouppés, comme nous voyons estre descendus aux bourses, et aux femmes entre les muscles de l'epigastre, ou pour estre entortillés par les vers, et qu'ils n'ont peu estre réduits, lors la matière fécale remonte en l'estomacli, et est vomie par la bouche : tel accident est appelle miserere.

Il reste encore vne difflculté à respondre, comme le pus se peut purger

par la vessie, sans se mesler parmy le sang? A cela faut respondre, quenostre corps est gouuerné de faculté secretrice, qui peut tirer et faire choix des matières entièrement confuses et meslées de bon et de mauuais. Exemple : la vessie du flel attire à soy la colère d'auec le sang, et la ralte la mélancolie, qui n'apparoissent au sens de la veuë estre dedans le sang.

Aussi les rognons tirent la sérosité du sang, et la mettent à part, laquelle est iettée par l'vrine. D'auanlage, c'est que plusieurs bien tost après auoir pris leur réfection, vomiront grande quantité de pituite et colère , sans ietter vn seul morceau de leur viande, ce que ie sçay pour l'auoir expérimenté en moy-mesme.

Et icy|notera le ieune chirurgien, que lors que nous disons qu'il y a certaines vertus et facultés naturelles, comme 1 :

■ Ce paragraphe terminait déjà le chapitre dans les éditions de 1564 , 1.S75 et 1679 , mais avec des différences essentielles sous le rapport des doctrines physiologiques professées par l'auteur. Nous avons vu déjà suffisamment dans son introduction qu'il n'avait pas toujours admis le même nombre de facultés : on en aura une preuve nouvelle dans le texte primitif que nous allons reproduire.

« Et icy notera le ieune chirurgien que lorsque nous disons qu'il y a certaines facultez naturelles comme

Altraclice,

Relentiue,

Digestme,

Expttltrice,

Assimilatrice f

Formatrice,

P^isiue,

Auditiue,

Odoratiue.

Gusialiue^

Sensitiue,

Animale,

filiale, et

JVaturelle,

et autres qui gouuernent nostre corps, il ne

Animale,

Vitale,

Naturelle,

Attractrice,

Retentrice,

Concoctrice,

Assimilatrice,

Formatrice,

Augmentalrice,

Expultrice,

Sensitiue,

Motiue,

Génératrice,

Régénératrice,

Agglutinatrice,

Visible,

LE QVINZIEME LIVRE, Auditiue,

Odoratiue, (luslatiue.

Tactile, Ratiocinatrice, Animositiue, Risificque, Imaginatrice, Memoratrice, Concupiscible, Chyliûcque, Sanguificque, Calorificque, Lactiflcatrice, Sequestrice, et autres :

Il ne faut pourtant imaginer que telles facultés ayent entendement et raison pour faire leurs effets : car elles ne sont qu'inslrumens de nostre ame, laquelle a esté créée par l'éternelle prouidence de Dieu , espandue en toutes les parties du corps, et entière en soy, qui n'occupe point de lieu par extension corporelle, laquelle est incompréhensible à l'esprit humain.

faut imaginer que telles faoultez aient entendement et raison pour faire leurs effets. Car elles ne sont que instruments de nostre ame, laquelleestcreéedeDiE\ , et seule raisonnable par relernelle providence d'iceluy, qui est incompréhensible à l'esprit humain. »

Et dans l'édition de lbC4 , il ajoutait cette note marginale:

Tout noslre corps esl regy par l'clcrncUe prouidence de Dieu.

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