CHAPITRE LIX
DE LA CVRATION DE LA RETENTION d' VEINE K
Pour la curation des choses qui prohibent vriner, il faut prendre indication de la maladie et de sa cause, si elle est encore présente. Pareillement selon les parties blessées faut
• Ce chapitre est le même que le chap. 8 du Livre de la suppression de l'vrine en l56i.
LE QVINZIKME LIVRF
diuersifier hs remèdes, appelant le médecin s'il t'est possible : lequel ordonnera les choses \niiierselles au malade : et ce qui appartiendra à la chirurgie, auec son conseil, le mettras en exécution.
Et subit voyant vne difficulté d'vriner, ne courras aux remèdes des pierres ou sables, comme souuent font ceux qui ne sont conduits par méthode, qui ordonnent choses diurétiques : lesquelles sont cause de pernicieux accidens, si c'estoit vn humeur acre, ou quelque sang causé d'vne contusion, ou par trop auoir exercé l'acteî venerique , ou autre grand et violent exercice, ou auoir vsé de quelques potions chaudes, . ausquelles il y eust canlharides, ou apostenies et vlceres qui fussent es parties dédiées à l'vrine, ou pour auoir tenu trop longuement son vrine, et autres semblables. Car si en telles choses on donne les diurétiques, on accroistroit la douleur et l'inflammation, gangrené, et par conséquent on seroit cause de la mort du patient.
Mais telles choses diurétiques pourroient auoir lieu, lorsqu'il y auroit quelque petite pierre ou sable, ou vn humeur gros et visqueux demeuré aux voyes de l'vrine. Et semblablement pour s'estre baigné en eau froide, ou par le froid intérieur, ou indeué application des choses narcotiques sur les reins ou à la vessie, ou d'vn empyeme , ou de piluit(! et hiuneurs froids, cspais et visqueux, qui fusseni cause de faire obstruction aux ^oyes de l'vrine, et autres semblable^s : les diunMiques pourroient alors auoir lieu, puurueu encor que les choses vuiuerselles fussent faites, et non au-
trement. Or les diurétiques peuuent estre adnunistrés en diuerses façons, comme s'ensuit.
Pour prouoquer l'vrine.
2:. Agrim. vrticx el parietaris surculos rubros habcntis ana m. j.
itadicum aspara^i mundatar. g . iiij.
Granorum alkekengi num. xx.
.Scni. iiialux 5 • ^ • Hadic. acori 5 . j.
Bulliant omnia simul in sex libris aqux dul-
cis ad lertias, deinde coletur.
Uc qua capiat aeger ^ . iiij. cum 3 • J- s^^fcbari candi, el calidum bibat ieiuno stomacho tribus horis ante cibum.
Pour mesme effet.
Prenez trente ou quarante , voire plus , bayes de lierre ', et broyez en vin blanc , el en baillez à boire au patient deux heures deuant manger.
Antre pour mesme cause.
%. Sera. vrt. piiluerisata* 5. j.
Dissolualur cum dccùctione pulli.
Et faut que le patient l'aualle le plus subit qu'il pourra, de peur qu'il n'adhère contre la gorge : pource qu'il y causeroit ardeur.
Anlre.
%. Decoctionis milij solis, bipinellae. parictaria; , saxifrag. rad. petroselini , asparagi , acori , brusci el ireos.
Et en soit donné à boire au patient, la quantité de trois ou quatre onces tiedes. Kl entre tous ceste eau est excellente pour prouoquer r\rine, et destoupper les voyes d'iielle de quelque cause que ce soit.
1 L'éditiondelSGi AW: prenez dix oudou:€ bayes de lierre, etc.
OPERATIONS DE CHIRVRGIE.
2^. Rad. osmondaB regalis, cyperi, bismal.
grarninis, pelroselini, fœniculi ana 5 .ij. lîaiihaiii crassioris in laleolassecli 5 .iiij. Maccrcnliir per noclem in acelo aibo
accrrimo : builiant poslea in aquœ flu-
uialis Ib, X.
Saxifra. crisL-e marina', rubia; tincto-
rum , miiij solis , summitalum maluœ ,
bismal. ana p. ij.' Folio, viol. p. iij.
Bernla; , ciccrum rub. ana. p. j.
Seminis mclonuni,cilruli,ana 5.ij. iô.
Aikekcngi grana xx.
GlycyrrbizjL' 3. j.
Bnllianl oninia simul ad tertias : in cola-
liira infunde per noctcm :
Foiliculorum sena; oriental. Ib.' m, liât iterum parua ebullitio, in express, co-
lala inriiiidc:
Cinnainomi elecli .î. vj.
Colenltir ilcrum : coiatiira iniicialur in
aiembicimi vitrcuni , posloa adde- Tercbenthina' Venela' lucida,' Ib. ij Aquaî vita; vj.
Agiteatur oninia simul diligcntissinic, iu-
tetnr alembicum lulo sapientia-, fiat
distillalii) lento ignc in balneomari :
Desquels lu as les lii,aires ey-apres '.
'iÇ. Aqu;e stillatitia; pra'scripta" 5 . ij. aut iij.
Secunduni (ii)eralioncm quam praslabit , quatuor horisantc paslum.
Aussi au lieu iricelle, on peut donner eau (le raues distillée pareillement in balneo mariœ : et donnée à boire la quantité de trois ou quatre onces auec sucre, deuv heures deuant njanjj^er, est très propre pour destoupper les voyes de l^rine, .soit de cause pituiteuse , sable, ou autre obstruction.
Les bains et demy-bains faits commodéuienl relaxent, dilatent, et ouurent et amollissent tout le corps : et
' I/cdition de loGi disait : Dcsiinctz tu vois les figures; mais jc n'ai pas jugé à propos de reproduire ici les planciies que nous retrouverons au Livre des JJiAiilluiions,
à la sortie d'iceux , lorsqu'on veut fort destoupper, on donnera des choses diurétiques, comme cncores pour exemple, demie dragme de theriaque di.ssout en eau de raues, ou autres choses semblables.
Maintenant nous descrirons quelques remèdes pour la mondilication des vlceres des reins et de la vessie. Et premièrement, les syrops de capillorutn Veneris^ de roses, beus auec hydromel ou eau d'orge , la quantité pour chacune fois d'vne once, sont bons pour lesdits vlceres : aus.si le lait d'asnesse ou de chéure y est propre, à cause que de sa substance séreuse les deterge, et les glutine pour sa substance formageuse , il nourrit pour sa .substance butireuse. Et doit estre pris, s'il est possible, toutrecentementtiréde la beste. Le malade en prendra pour chacune fois unposson », auec vu peu de miel rosat, et vn peu de sel, de peur qu'il ne .se corrompe et tourne en l'estomach. D'auantage après l'auoir pris, on ne doit boire ne maiigcr que iusques à ce qu'il .soit digéré, et passé hors l'estomach.
Les trochisques qui sensuiuent sont pareillement propres pour mondilierles vlceres des reins et de la vessie.
'K. Quatuor semin. frigid. maior. semin. papaneris aibi , porlulacie , plantaginis, cydoniorum , myrtilbirum , gummi Iragaianllii et Arabie! , pinearum , glycyrrhiz.i' mundatu" , et hordei mundati, mucilag. psillij , amygdal. dulcium ana
5- Jlioli armen. sang, draco. spodij , ros. masticb. terrœ sigillata-, myrrbaj aua 5- 'j- .Seeundum artem conli<iantur cum 0x5 nu 1lilc simplici, et liant Irochisci.
• Lu ]>ns.\on ; \e traducteur latin dit : a':? ' quaniitatcm unciarum (Quatuor.
5io
LE QVINZIÉME LIVRE,
Et le patient en doit prendre demie dragme, dissoute en lait clair, ou ptisane,ou eau d'orge, et autres semblables. Pareillement lu en peux dissoudre en eau de plantain, et en ietter aussi auec la syringue dedans la vessie.
Le malade en lieu de vin, boira eau d'orge , ou hydromel , ou ptisane faite auec vnc once de raisins de Damas, ausquelson aura oslé les pépins du dedans: et seront faits boiiilliren cinq chopines d"eau de riuiere, en vu pot vernissé, ou en vne fiolle de verre , iusqu'à la consomption d'vne quarte : puis y soit adiousté sur la fin vne once de reglisse mondée, et deux dragmes de semences froides concassées : et les faire de rechef un peu boiiillir, puis les passer par la chausse d'hippocras, auec vu quarleron de succre fin , et deux treseaux * de canelle triée, et d'icelle en sera vsé en lieu de vin. Le reste de la cure s'accomplira selon Tart.