DE LA COLIQUE
S'il adulent quelque obstruction ou autre accident , que les matières contenues aux boyaux ne puissent estre vacuées par la descharge ordinaire, qui se fait par le siège : si le vice est aux gresles, il s'appelle voluulus ou ilcos ^vulgairement Mverere mei) : mais s'il est aux gros, c'est ce que nous nommons proprement colique , qui a pris son nom de la partie malade qui est colon , c'est-à-dire la continuité des gros boyaux, mais principalement en celuy que nous nommons colon. Pour cesle cause la colique est deflinie par Auicenne, douleur intestinale, en laquelle malaisément on rend ses excremens par le siège-. PauJusyEgineta réduit la cause en quatre espèces : à sçauoir, crassitude d'humeurs contenus entre les tuniques des boyaux , et esprits flatueux qui ne peuuent sortir]: inflammation des intestins, et humeurs acres et mordans^. Mais pour mieux instruire le ieune chirurgien , nous en parlerons plus particulièrement , et dirons les causes et différences estre plusieurs.
Et premièrement pour auoir trop vsé de viandes pituiteuses, venteuses
• Ce chapitre manque dans la première édition, et il a été ajouté seulement en 1579. J'ignore où Paré en a puisé l'idée , et le lecteur pourra juger qu'il ne valait guère la peine de s'en enquérir.
2 Âuicen. liu. 3. — A. P.
? Liu. 3. — A. P.
5i4 LE Qvmzi
et gluantes, la coliquo venteuse est procréée, ou pour auoir mangé de plusieurs et diuerses sortes de viandes, en trop grande quanlilé (neantmoins qu'elles fussent de bon suc ) se seroient engendrées crudilés et obstruction, puis ventosités , causant \ne douleur tensiuo : ou pour auoir beaucoup mangé de fruils cruds , et beu par trop froid après s'estre fort eschauffé : car par ceste froideur l'estomach et les boyaux sont refroidis, et les humeurs aucunement congelés.
Il y a une colique appel lée néphrétique qui est aux reins , ainsi appel- Ice, parce que en grec le rognon est dit Ncphros. Geste colique procède communément de quelque pierre ou grauer engendrée aux reins , ou estant descendue aux pores vrinaires :
alors le malade sent douleur à la hanche et aux lombes, à cause qu'elles pressent les nerfs qui naissent des vertèbres des lombes , lesquels se ramifient autour de la ioinlure de la hanche, et aux muscles des lombes et de la cuisse. Semblablement les pores vreteres (qui sont nerfs caues),et les muscles suspensoires pâtissent : et est aduis aux malades qu'on leur lire en haut les testicules d'une grande violence, auec douleurs extrêmes accompagnées de grands vomissemens pituileux et bilieux , et sueurs vniuerselles qui durent iusques à ce que Ja pi(Mr(; ou sable soient descendus en la vessie. Or, le Nomissement vient à cause que Teslomach, pour la conlinuilé et voisinage qu'il a auec les iuleslins, souffre pareille peine et douleur que font les boyaux : mesme que leslomuch tt>t de semblable substance que les boyaux , n'eslans lesdits boyaux qu'une pjoduclion de l'estomach : parquoy quand Nature
EME LIVRE
veut ici ter ce qui est contenu contre nature aux reins, ou aux pores vrinaires, ou enlre les tuniques des intestins, ou au mezcntere , ou au pancréas et hypochondres , cause la douleur coliqiieuse, auec grandes douleurs et vomissemens.
- D'auanlage la colique se fait par intemperaturc chaude et seiche, qui fait douleur poignante et mordanle.
desseichant les excremens contenus aux boyaux, ensemble les humidiîés qui doiuent rendre les boyaux gUssansetcoulans : aussi se fait par vue pituite grosse et visqueuse , acre et glutineuse.
Pareillement la colique se fait par vne contorsion, c'est-à-dire que les boyaux s entortillent et tournoycnt , de sorte que la matière fécale ne peut passer pour estre iettée hors, comme nous voyons euidemment en la desc^nledes hoyauxen la bourse des testicules, qu'on appelle hargne intestinale. Semblablement par les vers qui s'entortillent dedans le boyau colon, qu'ils occupent ensemble, returlillent et replient le boyau. Hippocraies, liure troisième, des maladies traitant du voliiulus, dit vulgairement HJiscreremel, conseille (après avoir vsé de plusieurs remèdes) d'introduire du vent dedans le ventre auec vn soufflet qui sera mis nu siège, à fin de faiie distendre ledit ventre, et destourner le boyau entortillé.
Aussi par trop longue demeure de^s matières feoales contenues aux intestins, qui se fait par rinlemperalure des malades, chaude et seiche, ou pour auoir voyagé en temps de grandes chaleurs, ou pour auoir longtemps vsé de viandes trop seiches. Véritablement ie coiuuiisdes perse unes qui seroul huit ou dix jours sans pouuoir aller à leurs affaires, et quand
ilsy vont, leurs excremens sont secs et durs comme crottes de chéiire :
(Bt tels sont fort suiets à la colique et mal de teste, pour les vapeurs qui f esleuent au ceruRau , voire que telle chose est cause de la mort des çaalades.raysQuuenanceauoirouuert le corps mort d'un ieune garçon aagé de douze ans, qui auoit entièrement tous les intestins remplis de matière fécale fort dure et seiche , et auparauant sa mort la iettoit par la bouche, qui fust cause le faire mourir, faute de l'auoir secouru en temps conuepable.
Or voylà les causes et différences de la colique , ce que i'ai peu apprendre des anciens et modernes mede- ^ns'. A présent il nous faut parler des signes de chacune espèce en particulier.
Les signes de la colique néphrétique ou pierreuse : c'est que la douleur est fixe , c'est-à-dire arreslée en vn lieu, à l'endroit des reins, ioint que souuent auparauant le malade aura ietté quelque petite pierre ou s;ible par SCS vrines : et sent vue douleur à la hanche et aux. testicules, pour les raisons cy dessus alléguées : ioint aussi que le malade a vne extrême enuie d'asselleret vriuer , à cause que Nature s'efforce mettre et ietter hors ce qui lui nuist.
Les signes de la venteuse ; c'est que le malade sent une grande douleur tensiue, comme qui lui tireroitetdeschireroit les boyaux, auec bruit dedans le ventre, qu'Hippocrales a couslume de nommer boiborygmcs.
Par telle ventosilé quelquefois les boyaux seronqpent : ainsi qu'on voit
* (>'é4U>on de lo79 ajoulait : EmemlAe ce que i'ay peu coyuoistre el appreuche. Ceci a été retranché des là85.
OPERATtPWS DE CIIIEVRGIE. 6l5
à vne vessie de porc , lorsqu'on la remplit trop de vent , on voit les fibres de ses tuniques se rompre : et quand cela adulent , le malade meurt auec grands vomissemens, ne polluant tenir aucune chose du boire ou manger , qui se fait à cause que les boyaux estant remplis de vents, pressent l'estomach , de façon que les alimens n'ypeuuent demeurer pour estre cuits et digérés.
La colique qui se fait par les excremens retenus : le patient sent vne extrême douleur et pesanteur au ventre et tension aux boyaux, et lors qu'on presse sur le ventre on sent grande dureté, et aussi que le malade n'a de long temps esté à ses affaires.
Lu colique qui csi faite par inflammation bilieiis" : le malade sent vue grande chaleur et pulsation au milieu du ventre, à cause des veines et artères qui sont au pancréas et mezentere,et de celles qui sont disséminées entre les tuniques des intestins :
et autres signes des inflammations qu'on trouue aux apostemes causées par inflammation. Aussi l'inflammation se fait à cause d'vne pituite salée, acre , grosse , et glulineuse , qui ne peut estre ietlée hors : combieu que nature s'efforce de ce faire , tant par les vomissemens que par grandes espreintes , auec difticulté dvriner, parce que la vessie est pressée pour l'inflammation de 1 intestin droit , pour l'affluité et conionclion quïls ont ensemble.
Lu colique faite parce que les boyaux sont entors et repliés : le malade sent vne extrême douleur, à cause que l'intestin n'est en son lieu et situation naturelle, et aussi que la matière, pour sa trop longue demeure, acquiert vne chaleur cstrange. Et faut icy noter en passant, que toute*
5l6 LE QVINZIÊME LIVRE,
les fois qnVne partie n'est en son lieu naturel, on sentira tousioursdouleur, iusques à ce qu'elle y soit réduite : et voilà que plusieurs meurent les intestins estant tombés ployés au scrotum par vue hargne , la matière fécale y estant endurcie , accompagnée de ventosités et inflammation, ne pouuant estre remis dedans le ventre, la matière regorge par la bouche, et f;iil la maladie nommée Mixfrere mei. TA quant aux signes des hargnes, il n'est pointicy besoin lesescrire, parce qu'il en a esté suffisamment parlé cydeuant, escriuanl des hargnes.
Lesprognoslicsde la colique sont de deux sortes, les vns bons , les autres mauuais. Les mauuais se diuisent en deux, à sçauoir, en ceux qui sont dangereux, et en ceux qui sont mortels :
les bons sont, selon Auicenne ', quand la douleur n'est pas pas fixe, c'est-àdire, arrestée en vn lieu, et aussi que les matières ne sont du tout retenues.
Les signes mauuais auec danger de mort, sont extrêmes douleurs, vomissemens continuels , sueur froide , et les extrémités 2, qui se font parce que le sang et les esprits se retirent au dedans du corps : hocqiïet continuel, qui se fait par la sympathie et continuité des intestins à Testomach : aliénation d'esprit par communication de l'estomach au cerueau, et par conséquent conuulsion par transport aux nerfs.
Hippocrates dit que les tranchées et douleurs du nombril, qui ne s'appaisentny par saignée ny purgation,
> Liu 3. —A. P.
2 J'ai respecté le texte, attendu qu'il est le même dans toutes les cdilious; mais il faut évidemment lire : le rcftoidhiemenl des uxtrcmiiés. \,c traducteur latin a mis : exiremitrilinn rffrif/erano.
se terminent en hydropisie seiche^, cest-à-dire en tympanite *.
La cure sera diuersifiée selon les espe<('s et différences : car celle qui prouient de la pierre ou sable, se doit curer par les remèdes propres aux néphrétiques: aussi celle qui est faite par la hargne, par la reposilion de rinlestiri : et celle qui est faite par le vice des vers, par medicamens propres à iceux , à sçauoir, par potions ameres pour les faire mourir, et principalement s'ils sont au-dessus dti nombiil, faites de rheubarbe infuse en eau d'absinthe, et autres choses propres à tuer les vers : et s'ils sont audessous du nombril , par clysteres faits de choses douces, afin de les faire descendre et sortir par le siège. Si elle est causée par debilitation et réfrigération des intestins et de l'estomach, ils seront roborés, tant par bons alimens que par application de choses chaudes sur l'estomach et sur le ventre, et par iniections des clysteres.
La coliqu(> qui est faite de pituite visqueuse et de ventosités, se commencera premièrement à seder la douleur, parce qu'il n'y a chose qui prosterne et abat plus les vertus que fait douleur. Et les tranchées sont causées de gros phlegmes visqueux, et de ventosités , lesquelles enflent et font 'tension aux intestins : aussi que tels phlegmes ne peuuent entrer des orifices des veines raezaraïques dedans les boyaux sans donner des tranchées et extorsions. Exemple : Nous voyons des phlegmes fort espais iettés par les selles descoliqueux, qui ne peuuent venir de l'estomach , ny du dedans des boyaux, attendu que plusieurs vomissemens et assellations ont précédé, et n'eussent peu tant seiour-
' Aplio. du liu. 4. — A. P.
OPERATIOiNS DE CflIKVHGlE.
ner là. 11 laut donc conclure qu'ils viennent d'ailleurs , lesquels faut qu'ils passent par les orifices des veines mezaraïques , non sans faire g-rande douleur : neantmoins qu'ils ny passent aussi gros que nous les voyonspar les selles, car ils filent déliés au sortir, et depuis se ramassent et espaississent comme glaire d'œufs *.
Et partant il faut faire des bains et demy-bains , fomentations , où il y entre mauues , guimauues , violiers, potiliot, fenoil , origan, semences de lin , fœnugrec, fleurs de camomille, melilot, et autres semblables , qui ayent faculté d'eschauffer, seicher, atténuer et raréfier le cuir, à fin que les vens soient dissipés : et doiuent tousiours estre actuellement tenus chauds sur le ventre. Et pour les remèdes topiques et particuliers , on frottera tout le ventre d'huile de camomille , d'anet , beurre frais , de chacun vue once, semence d'apion et petroselinum , galanga , de chacun demie dragme , et vn peu d'eau-devie , et huile de sauge, et de thym , extraites par quinte-essence : ces remèdes fondent ces grosses humeurs , et les font couler plus facilement.
Autre de Houlier, qui afferme ce Uniment estre fort excellent et bien approuué :
'Jf. Olei ruta; el nardi ana h. vj.
Galbani cumaqua vita; dissolut! .">. ij.
Liquéfiant simul, adde:
Zibet. g . iiij.
Croci g . vj .
Fiat linimenlum.
Semblablement seront appliquéssachets, où il y aura du mil, ou de l'auoiue , du sel , fricassés en vue poile
' Tout ce passage depuis ces iimls: lù les tranchéea, a éléajoul(^ en 1585.
auee vnpeu de vin blanc, puis appliqués tout chauds sur le ventre et sur les hanches , et renouuellés lors qu'ils se refroidiront : en lieu de sachets , on pourra mettre des vessies de bœuf, demies pleines d'vne décoction d'herbes resolutiues , comme sauge, romarin, thym, lauande, bayes de laurier, et autres semblables.
Cela fait, on baillera clystere tel qui s'ensuit ;
'if. Quatuor remollitiuorum ana m. j.
Origani, pulegi, calami.ana m. ù.
Anisi, carui, ana 5. j.
Florura anethi p. j.
Fiat decoctio in hydromeli. ad tb. j. In qua dissolue :
Renedict. laxat. rnellis anthosl saccliari
rubri ana ^ . j.
Olei anethi et camomill. ana 5. ft.
De ce soyent faits clysteres pour deux iniections , à raison que les boyaux estans remplis, ne peuuent receuoir grande quantité de décoction.
Autre excellent bii:u approuué.
If. Vini maluatici', et olei nucis, ana § . iij-
Aqua? vit» § . j.
Olei iunipcri, vel olei rutha; 3. iij.
Fiat clysterium.
Et sera baillé le plus chaud qu'il sera possible , toutesfois sans brusler le malade : et faut que l'huile de genéure , ou de rue, soyent extraites par quinte-essence. le proteste en auoir souuent vsé moy-mesme auec heureuse issue , quasi comme chose miraculeuse à seder promptement vue véhémente douleur causée de ventosités, et de matières crues et visqueuses.
Auicenne ordonne clystere carminalif , composé d'hysope , origan , achor, semence d'anis, cyperi, calam.
5l8 LK QVINZI^ME LIVRE,
aromal., et autres semblables choses tliaudes.
Le malade doit vsor do bonnes viandes et faciles à digérer, et bouillons ousquels seront mis moyeux dVi'lils, safCran, fines herbes, et bonnes espices de niTif.Mietle, et clou de {girofle : et boire de bon vin généreux, ou rnaiuoisie, ou hypocras fait de bon vin , à fin d'oscliauffer Teslomac et les inleslins : par-ce que toute flatuosité prouient de chaleur débile, comme escrit Galien • : partant il faut vser de toutes choses chaudes.
D'auantage si la douleur persiste, 11 faut appliquer vne assez grande ventouse sur le nombril : car elle dissipe les vents. Galien dit 2, que la ventouse est si admirable contre les flatueuses douleurs, qu'il semble estre vn enchantement , parce qu'elle les appaise promptement , à cause qu'elle dissipe et consomme les vents.
Aussi il ne faut oublier à bien fort serrer le ventre, auccques fortes et larges bandes , ù fin de pousser les ven tosités hors, et roborer les boyaux: ce que les malades mesmes nous monslrenl, parce qii'ils^se pressent le ventre auec leurs mains, et mettent la teste entre les genoux. Et si la douleur persiste, nous vserons de remèdes qui opèrent par propriété occulte, comme intcxlinum lupi reinccutiim , duquel puluerisé on donnera à boire tne dragme auec du vin blanc.
La colique bilieuse est celle qui prouient d'inOammalion, laquelle demande remèdes contraires à cellequi est faite de venlositeset d(î crudités.
Le premier est la saignée, régime de vlure réfrigérant : Potions de catlioliçum, casse, dissouls en eau d'orge :
Clysteros réfrlgerans, ausquels seront
* De symploin. causis. — A. P.
'^ Au dernier cliap. de la Méthode.
casse , cathollcum , dissouti en eati d'orge. En la grande douleuf , AUfcenne ordonne les narcotiques, pource qu'ils sont froids : Ils contrarient à la cause d(; la maladie qui <'<l chaude et si'irlie. comme sont les pilules de mionitim, ou de hiere picre la quantité de 5 iiij. opij et croci ana gran. j. fiant pi nlœ cum vino. Aussi les bains faits d'eau douce , ausquels seront mises mauues, guimauues, tlollers, fleurs de nénuphar, laitues, pourpié, et autres semblables refrigerans, b fin de corriger Tacrimonie des humeurs chaudes causans la maladie.
Celle qui est faite d'vnepituile «allée, acre, grosse, et glutineuse, il faiit premièrement atténuer l'humeur , puis le fondre et l'attirer: qui se fera par remèdes chauds , pris taht par là bouche que par clysteres, et applications extérieures qui serontordonnées par le docte médecin.
Cure de la colique faite par rétention des e.tcrcmcnis, cl des replis des boyûuœ.
En icelle , Auicennc recomitiûilde les alimens qui ont veMu d'amollir le ventre , comme toutes ésiiéces dfe bouillons humides, et entre àlllres celuy qui est fait d'vn vieil coq, qu'on aura fait courir long-temps , puis battu, et le faire cuire auCc ànet 61 polypode, et quelque piu de sel, iusques à ce que telle substance se rêsoude en eau. Faudra pareillement vser de clysteres détersifs, à quoy le mesme autheur se sert dé eesluy cy :
if. Bela? m. j.
Furfuris p. j.
Ficiuim nuititro i.
Aillia-a* m. J,
Fiat dccoci. ad Ib.J. in qUa diiiolué:
Mtri et inui-ia> ana 3. ij.
Saccliari rub. 5- J- Olei.sesam. 5 • Ij-
OPERATIONS DE CHIRVRGIE.
Et si l'obslruction est trop contumace, il en Aiut vser de plus forts, ausquels on mettra du cyclnmen et de la centaure, et de la bière diacoloein. ad z ij.
Et si encore pour toutes ce? choses le malade nVst allégé, et qu'il jette sa matière focale par la bouche , Marianus Sanclus, homme fort expérimenté en la médecine cl chirurj^ie, dit auoir veu plusieurs qui estoient eschappés de Tiliaque passion (maladie mortelle ) en prenant trois liures d'argent -vif , auec de l'eau simplement : ce qui adulent , d'autant que par sa ponderosité destourne l'intestin , qui estoit entors et replié , et pousse la matière fécale en bas, et fait mourir les vers qui ponrroient auoir causé ladite contorsion '.
Maistre leau de Saint - Germain , apoticaire à Paris , homme bien accompli en son art, m'a affermé auoir fiCnsé vu gentilhomme ayant la colique accompagnée d'extrêmes douleurs, et pour s'en deffaire, auoit pris plusieurs clyslcres, et autres choses ordonnées par doctes médecins: neantmoins tout cela, sa douleur ne cessoit point. Il suruint vn Allemand , son amy, qui lui conseilla boire trois onees d'huile d'amandes douces tirée sans feu , mixtionnée auec du vin blanc , et eau de paritoire : ce qu'il fil, puis tost après luy fit aualler vne balle d harquebuse faite de plomb, frottée et blanchie de vif argeni ( à fin qu'elle coulast mieux ) où bien tost âpres les jelta par le siège, et quant et quant sa douleur fut du tout cessée.
ïolle chose peut aider grandement à la colique venteuse. En la colique
* Èlarianus Sanctus. — Db. de caiit et offtmioiie. — A. P. — • Je M connais paS te livre.
l'estomae souffre, et partant, aucuns disent auoir la colique d'estomach.