‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 339 sur 511 · CHAPITRE LXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXIX

DES SANGSVES, ET LE MOYEN D'eN VSER^.

La sangsue est vn ver aquatique, de figure d'vn ver de terre. Au bout où est la teste , elle a vn trou rond comme celuy d'vn lamproyon, et

gures de ses cornets ; il -n'y en avait pas moins de huit, luxe d'autant plus inutile que d'abord ils se ressemblaient tous, mais surtout que plusieurs étaient même représentés avec des dimensions égales. Ces figures avaient paru d'abord dans les Dix Hures de chirurgie, 1^64. page 70 voyez ci-devant la note 2 de la page 2(i0 , en même temps que les flammetles. Quant à la lancette, c'est la même que la lancette à saigner, représentée à la page 6?2, à part les ornements du manche, pour lesquels j'ai voulu la conserver.

• Ces trois cornets, fort différents des précédents, avaient été figurés pour la première fois dans le magasin d'instruments q^ui termine les Dix Hures de chirurgie, p. 226.

2 Ce chapitre existait en partie dans les deux éditions de 1573 et lâ7î): mais ce n'est

qu'en 158.» qu'il a acquis toute son étendue Les trois premiers paragraphes relatifs an choix des sangsues sont de celte date ; dimême que le dernier, ([ui, au reste, n'a nul rapport au titre du chapitre. Le reste est de

Ce chapitre se lit d'ailleurs avec un certain intérêt; la section du corps de la sangsue pour la faire mieux tirer, les manières d'arrêter le sang , ne se trouvent pas dans Guy de Chauliac. Paré n'en était pas pour cela l'inventeur , et il a pris presque tout ce qu'il en dit dans les annotations de Dalechamps sur le chap. il de Paul d'Egine, f'hir. frniiçoi\f, pase iî.'ÎO.

OPERATIONS DE CHIRVRGIE.

g-eret vomir leur orcluie auparauanl que les appliquer.

Or on h s applique aux endroits du corps où les \ enlouses et cornets ne peuuent tenir, comme au fondement, pour rompre la tunique des veines hemorroïdales, à l'entrée de la vulue, aux g^enciues, léuies, nez, et sur les doigts. Si on veut faire grande euacuation de sang, après que la sangsue est tombée, si le lieu le permet, on appliquera des a entouses ou cornets, ou bien ou en remettra d'autres.

Il fautnoler que si la sangsue est maniée à main nue, elle se rend desdaigneuse et despiteuse, et ne veut pas mordre : parquoy quand on la veutappliquer , on la prendra auec vn linge blanc et net, faisant auparauant sur la partie petites scarifications ou mouchetures, ou bien sera mis sus quelque peu de sang tiré de quelque beste : par ce moyen elle prendra plus facilement.Et pour la faire tomber, on jette sus sa teste de la poudre d'aloës, du sel ou de la cendre : et estant tombée, si Ton veut scauoir combien de sang elle aura tiré, on la mettra dans vn vaisseau , et sera couuerte de sel broyé bien menu, et soudain elle vomist tout ce qu'elle a succé. Et qui la voudra faire tirer dauantage, auant qu'elle lasche prise et desmorde, il la faut couper d'vn cizeau par en bas vers la

troisième partie de son corps : en ceste façon elle tire tousiours, et le sang qu'elle attire découle par son corps.

Or la sangsue par son succement attire du profond etparties voisines ; et non seulementde celle qui est malade sur laquelle elle est appliquée. Ce qui est manifeste à voir, à raison qu'estant tombée, il sort bonne quantité de sang et par longue espace de temps par la morsure, encore qu'elle soit petite , joint que difficilement on l'estanche : ce qui ne se fait par les scarifications et applications de cornets et ventouses. Si on ne pouuoii estancher le sang après la morsure, il faut appliquer la moitié dvne feue :

la tenant et pressant dessus , iusques à ce qu'elle y demeure attachée et adhérente, infailliblement cela retient le sang : ou bien y appliquer du linge bruslé auec compresse et ligature propre.

le ne veux laisser en arrière > ne autre opération, qui se fait par pointure ou piqueure auec vne espingle ou aiguille, ou par la pointe de la lancette, ou par la piqueure des sangsues. On pique les petites aposlemes es membranes de l'œil, pour abattre les cataractes , ou pour euacuer le pus, appelé hypopyon, contenu entre les membranes de l'œil : ou appliquer vnseton, ou faire sutures à coudre les playes et autres,

LE SEIZIÈME LIYRE

TRAITANT

DE LA GROSSE VEROLLE

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