SIGNES DE LA VEROLLE
Lors que la verolle est récente , il il s'apparoist vlceres à la verge , ou à la vulue, tumeurs aux aines, chaude - pisse , iettant quelquesfois sanie puante et lort lelide, laquelle proiiient des parastates-, ou des viccres qui sont au conduit de la verge: lis ont aussi douleurs aux iointures, teste, espaules, et autres parties, auec vne lassitude des bras et iambes , de façon que les malades disent qu'il leur semble auoir esté
' Ici Paréauait ajouté en 1579 un paragraplie sur la ptlada qui coupait le sens, el n'cluit niaiii(c*sloiueiil pas à sa place. Je l'ai reporté au chapitre yja/-*co</«06((t;, ci-après, pagei»;54.
^ Toutes les éditions du vivant de Paré disent paraitates, l'édilioD latine prostates.
battus de basions, né pouuans cheminer, ny porter leurs maîhs sur la leste, sitjon auec grande difdeultê.
11 leur surnient inflammation à la bouche, et tumeur aux amygdales, qui lesgarde de bien parler, et aualler leurs viandes, et mesmes leur saline :
aussi ils ont pustules et boutons à la teste, et par tout le corps, et souuent vu chappelet autour du front, cheule de poil ( dite alopécie, ou pelacU ) à la teste, sourcils, et à la barbe, auec amîugrissement de tout le corps, et grandes inquiétudes.
Il faut icy noter, que tous ces signes ne suruiennent pas à chacun malade, mais à aucuns d'iceux. Les plus certains sont , quand le malade a quelque vlcere malin aux parties honteuses, calleux, dur et difficile : et encore que les vlceres soient consolidées, et qu'il y reste certaine dureté , principalement à la verge, cela dénonce la verolle à curer: et apparoissent tumeurs aiix aines, qui s'en retournent dedans le corps sans se .suppurer. Et lorsqu'il suruient aucun des .signes susdits, il faut iiiger qu'ils ont la verolle : toutesfois il faut bien noter que plusieurs ont signes euidensdc la verolle, sans qu'ils ayent vlceres à la verge , ny bubons aux aines , ne chaude-pisse, neanlmoins qu'en telles parties le plus souuent s"apparoi.«sent les premiers signes : mais ont quelques vlceres ou pustules en autres parties, lesquelles ne peuuent estre curées , quelque diligence qu'on y puisse faire, si ce n'est par le bénéfice du vif-argent.
Lorsqu'elle est inueteréc, les douleurs sont fixes et arrestées, auec tophes ou nodus : carie et pourriture aux os de la teste, ou atix bras, et au douant des iambes : aussi ils ont des tumeurs noueuses, remplies de ma-
LE SEIZi:ÉME LIVRE,
tieredure,pnïnaiiieredechaslaignes, ou comme VI) nerf ou tendon pourri.
qui sont fort enracin(''es : et après estre ouuertes, dégénèrent en diner ses espèces d'vlceres, à sçauoir, putrides, et corrosiues, et autres, selon la diuersité des corps. Les douleurs vexent plus les malades la nuit que le iour : ce qui adulent, pource qu'estans tenus chaudement icellechalenr esmeut l'humeur : ioiiit que le virus veroUique s'attache le plus souuent à l'humeur pituiteux. lequel la nuit a son mouuement : parlant il s'esleue et distend le périoste , et autres parties nerueuses, qui est cause auec l'acrimonie du virus, faire de grandes douleurs. Qu'il soit vray , les panures verollés , au matin , après auoir crié toute la nuit, commencent à se reposer: parce que ledit humeur piluiteux commence à s'abaisser, el quitter place au sang, qui a sa dominât ion au malin. Onpeul ici adiousler autre raison, c'est que le malade ne troiuiant occasion de parler la nuit à aucuns, et voir choses diuerses, son esprit est attentif du tout à sa douleur >.