‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 343 sur 511 · CHAPITRE llî · texte numérisé non relu

CHAPITRE llî

EN ÔVEL HVMEVn LE VIRVS VEROL- LIÇJYE EST ENRACiNi:.

Combien que selon aucuns, la cause antécédente de ceste maladie se fait ind fferemmcnt des quatre bumcurs:

toutesfois il me semble que le fondement et la cause matérielle première et principale d'icelle* est vnc matière pituiteuse, grosse et visqueuse, altérée et viciée par ce virus : lequel consequenmient altère et corrompt les autres iiumeius, selon la préparation qu ils auront à le receuoir. El pour probation que ce virus est fondé en rbumour pituileux, c'est que par l'euacuation qui se fait de ceste humeur, soit par flux de bouche ou de ventre, ou par Ivrine, sueurs, et en toutes températures, soit cholériques, sanguines ou melancholiques, ladite verolle est guarie : ce que Ion voit par expérience. A ussi que les pa-

' Sous la cuslode) rédiiion laline traduit: in cùrctre.

roïysmes ou mouuemens de^ donleurs se font la nuit plus que le iour, parce que lors la matière est en son rut ou mouuemenl. faisant distension au périoste, niembranes et autres parties nerueuses, et retourne tous les iours en mesme manière que fait vne (icure qiiotidienne , causée d'Iiumeurs pituileux. Aussi l'on Noit que les cholériques, sanguins et melancholiques, ne peuuent estre guaris que par l'euacuation de l'humeur piluit.'uv : et sont tous ou la plnspart des accidens .suiuans ceste maladie, causés d'humeurs froids. Pareillement les malades se sentent blessés au(îc choses froides, et aidés el guaris par choses chaudes, soit par décoctions, onguens, emplaslres. parfums et autres remèdes, pris tanl par dedans que par dehors.

D'abndant en toutes pustules ou vlceres, on Irouue vne dur té en la racine, encores qu'elles apparoissent extérieurement bilieuses ou sanguines : car les ayant ouuer.es on les trouuera fan ics d'vne matière gypseuse et blanche, ou vne pituite crasse, ou vn pus visqueux : aussi les p:irties froides et spermatiques en sont plus affectées que les chaudes. Les exosloses ' ou nodus ne sont |»rocreés que dvne pituite crasse et visqueuse,^.

Aussi les vlceres ne peuuent estre curez que le corps ne soit vacuc', et principalement par sunur : parquoy si la matière estoit chaude el seiche, seroit pluslosl entretenue par tels remèdes, que guarie. Pareillement on void que ladite verolle est guarie par remèdes chauds et secs, comme par

' Les édilions de 1575 et 1&79 disent : les eparoniosa:.

' l.c reste de co paragraphe a été ajouté en 1679.

DE LA GROSSE VRRÔLLE

la décoction de gaine, d'esquinesalseparille, et vif-argent, et autres choses proiioqiians la sueur'.

D'auanlage, cesle maladie se cache au corps \n an sans démontrer quelquesfois signes apparens : ce que ne font les maladies causées d'intemperature chaude.

Parquoy ces choses bien considérées, on peut conclure que la base et fondement du virus verollique est Thuîneur pituileux : toulesl'ois elle pput eslre compliquée auec auties humeurs, comme il appert aux tumeurs conlre nature, lesquelles se Irouuerjt peu ou point qui puremeni eîs!m|)lenient soient faites d'vii seul hiuueur:

mais celuy qui domino en la tumeur prend la dénomination , comme nous âuons dit au traité des tumeurs contre nature.

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