LA SECONDE MANIERE DE CVRER LA VEROLLE, PAR FRICTION
La seconde manière , qui est l'onction ou friction, esc la plus certaine et nécessaire à la cure de cesle maladie, non toutesfoisen toutes les espèces et dispositions d'icelle, ny en tout temps. Car où la maladie seroit inueterée, faite d'vn humeur lent, gros , visqueux , et adhérant aux parties solides, comme nodosités aux os, lors tant s'en faut que la friction immédiatement en tel cas soit commode,
' Ce paragraphe date seulement de id85.
^ Ce chapitre est calqué sur l'article de Thierry qui porte le même titre, et qui s'étend de la pa;;e !)G à la page 101. Toutefois Paré s'écarle quelque peu de son auteur; ainsi Thierry prépare ses malades avec la décoction de gaiac, dans laquelle même il fait bouillir leur viande; il recommande en outre des bains, puis des frictions de médicaments gras et onctueux, en évitant d'y ajouter du mercure; et enfin quelquefois il fait précéder ces frictions préparatoires par les eaïunes scicites.
Les indications i\m doivent faire cesser les frictions mercurielles ne se trouvent pai dans cot artif^le df Thierrv.
DE LA GROSSE VEROLLE
que mesmes on pourroit tuer le malade, si auparauant on n'auoit amolli, digéré et préparé l'humeur, aiiec les emplastres de Vigo : mais quand elle est récente, auec douleurs mobiles, et plusieurs pustules et vlceres à la gorge , et parties honteuses , on se passera de telles choses , principalement si on connoist la matière estre préparée. Et se faut garder de mettre le malade pléthorique à la friction , tieuant que le corps soit bien purgé des excremens, à tin qu il ne soit fait plus grande attraction que ne peut estre euacuée par la sueur. Qu'il soit vray, a on veu plusieurs qui après les orjctions ont eu grandes douleurs, et leur sont suruenus des nodus, n'en ayant iamais senti auparauant: parce que la maliere la plus subtile auoit esté résolue, et la crasse esloit demeurée et auoit esté attirée aux parties extérieures, et non euacuée.
Donc après les choses vniuerselles, faut venir à la friction , laquelle sera continuée tant qu'il suruienne flux de ventre, et auec ce l'haleine du malade sera fétide , et les genciues enflées, et la langue. Telle chose monstre que la pituite- est enflammée.
Parquoy faut cesser la friction , et changer de linceuls et de chemise, de peur que le malade n'eust trop grand flux de bouche *.