CHAPITRE XV
CVRATION DES SYMPTOMES, OV ACCIDENS DE LA MALADIE A'EXERIENNE OV VE- ROLI.E : ET PREMIEREMENT DES VL- CERES DE LA VERGE '.
Il se fait à la verge vlceres calleu ses et malignes : et celles qui naissent
' Cette dernière formule , avec la phrase finale, a été ajoutée en 1685.
' Thierry de Héry a un premier article, p. 176, intitulé : Curniiou des ttjmplomes ou accidents de la maladie veuerienue ou vairolle; et un autre, page 176, allant jusqu'à la page SOO, et qui traite Des vlceres de la verge On voit que Taré le suit à la trace, au moins pour l'ordre des matières; car, cette fois, il abandonne coniplétemenl W
sur le gland, le sont moins que celles qui naissent sur le prépuce, et sont rebelles aux medicamens communs aux vlceres faites par autre cause , et souuent se terminent en gangrené, en sorte que plusieurs y perdent la teste de la verge, voire tout le corps, comme auons dit cy dejsus, faute de recourir à l'alexipharmaque, qui est le vif-argent. Toutesfois ie suis d'aduis que l'on commence premièrement aux remèdes communs et propres à la curation des vlceres : car toutes vlceres qui viennent à la verge par le coït , ne sont pas verolliques. Mais après auoir vsé de plusieurs remèdes, et que l'on voye l'vlcere cheminer et
texte et la doctrine de Thierry. Cela est à regretter, peut-être du moins pour le premier article, dans lequel Thierry commence par établir trois ordres de symptômes véroliques; je pense qu'on lira avec un grand intérêt ce passage si remarquable.
« Les symptômes ou accidens communs de ceste maladie, ditThierry, sont plusieurs, desquelz les vns précèdent, les autres suyuent, les autres suruiennent.Ceulx qui précèdent sont vlceres de diuerse nature en la verge, ardeur d'vrine ou pisse chaulde, bubons ou poulains : lesquelz seront dicts précéder, pource que, encor qu'ils soyent equiuoques, et puissent aduenir et non aduenir sans ou auec contagion d'icelle maladie, ont neantmoins (le plus souuent) accouslumé de les précéder, et seruir quasi comme d'aduant coureurs.
)) Les autres, que nous appelons suyuants ou consequutifz, sont pustules et vlceres naissans par tout le corps, principalement aux parties honteuses, au siège, à la bouche, à la gorge, à la teste, au front et aux emuncloires. Pareillement chute du poil, communément dicte pelade, douleurs arliculairw, souuent mobiles, aussi (mais peu souuent tophes ou nodosilez.
» Les derniers, que nous appelons suruenants, ou extraordinaires, qui naissent
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ne voulant céder à nui médicament , alors on doit venir à ceux ausquels entre le furet, pour obuier que le venin n'occupe toute Thabitude du corps.
Les remèdes que l'on doit appliquer, faut qu'il ayent faculté d'obtondre l'acrimonie de ce virus , comme ce collyre de Lanlranc ' :
2i. Vini aibi Ib j.
Aquœ rosar. et plant, ana q.
Auripig. 3. ij.
Virid. œris 3. j.
Alloës, myrrh. ana 3 . ij.
Terantur subtilis. et flat collyrium.
Aussi on les pourra toucher d'eau
après les imparfaictes et non méthodiques curations (cause des recidiues), sont douleurs fixes de toute la teste ou d'vne partie d'icelle, des bras, des iambes, principalement auec nodosilez, ou souuent sont les os cariez et corrompuz, vlceres virulentz et phagedeniques, communément dictz ambulatifz, scissures ou dartres aux mains, piedz et autres parties du corps, vice prouenant de chascune des concoctions, auec marasraation et amaigrissement d'iceluy. »
N'est-ce pas là la doctrine moderne des accidents primitifs, secondaires et tertiaires? Jean de Vigo avait bien distingué la vérole commençante et la vérole confirmée,- mais il n'avait pas classé les symptômes en trois séries; et d'ailleurs sa description n'est pas aussi exacte que celle de Thierry, soit que la syphilis eût véritablement changé de forme, comme le veulent certains auteurs, soit qu'on la confondît alors auec d'autres affections. Notez aussi cette distinction lumineuse que faitThierry entre les symptômes primitifs qui peuvent se produire en dehors de la vérole aussi bien que par l'effet de la vérole même, et dites si son livre mérite le mépris avec lequel plusieurs bibliographes en ont parlé.
' Thierry de Héry recommande aussi ce collyre, p. 19'J de >on livre, mais sans l'attribuer à Lanfranc.
LE SEIZIEME LIVRE
de sublimé , ou d'eau fort qui aura serui aux orftkircs, dite eau bleue:
ou bien on y appliquera vn peu de poudre de mercure , ou de nostre îegypliac : et pour prouoquer la cheute de l'escarre, on vsera de basilicon ou beurre frais. Tels medicamens acres seront appliqués auec discrétion , de P'^'H" de {^anj^rene et mortification , qui souuent vient à ceste partie.
Et où la pertinacité el rébellion de ladite vlcere viendroient de la véhémence du virus vorollique, en sorte qu'ils ne voulsissent céder aux remèdes susdits, alors faut faire friction aux aines , perineum , et ausdites vlceres , auec les ong-iieus prescrits pour la friction. Aussi on pourra faire parfums , comme auons dit cy dessus : ce faisant, on verra la malice et acrimonie de l'humeur estre abattue , les duretés amollies, et les vlceres quasi se desseicher, et mondiûer et consolider.
Or quelquesfois après la curation et cicatrisation desdites vlceres , en aucuns s'ensuiuent signes apparens de la verolle , comme douleurs nocturnes, pustules, lesquelles ne se sont apparues auparauantla curation desdites vlceres, parce que le virus auoit issue par icelles, et estans closes, le virus se manifeste par les autres voyes : à telles faut vser de la friction vniuerselle *.
Icy ie veux aduertir le ieune chirurg^ien , que s'il aduienl qu'après auoirrenuersé et descouuert le gland
* Ici s'arrêtait le ctiapitre dans loulcs les éditions publiées du vivant de lauleur; et le long paragraphe (|ui va suivre sur le paraphitnosis est une addition posthume qui se lit pour la première fois dans la cinquième
pour penser les vlceres qui naissent entre le prépuce el le balanus, le prépuce ne peut plus retourner en son lieu : ce qui aduient aussi souuent à quel((ue follastre ieuru; marié trouuant la partie génitale de la femme auguste et fort estroite, voulant entrer au champ de bataille comme par force, descouurelegland, el renuerse en haut le prépuce , de façon que souuent ne se peut rabattre pour couurir le gland : il se fait vue inflammation et gangrené. Donc pour sauuer la vie dudit combattant, il conuient entièrement couper lecultiueur du champ de nature humaine.
Librement ie confesse y auoir esté au- Iresfois bien empesché, mettant fomentations, cataplasmes , el emplastres résolutifs et relaxatifs : pour tout cela ie n'auançois rien , au contraire la tumeur el douleur s'augœentoient.
Estant à Milan, deuisant auec vn vieil chirurgien, il me dit qu'il falloit bassiner le petit ventre et parties génitales d'eau fort froide , et espreindre toute la verge auec la main assez fort : par ces choses les parties se retirent au dedans et flétrissent : puis faut retirer le prépuce en son lieu, ce que i'ay fait plusieurs fois auec heureuse issue. Et si la tumeur du prépuce est si grande que ces i emedes n'y eussent point de lieu , alors faudroil faire des scaritications tout autour. Car par icelles les vents se resoluent, et le prépuce se relasche,qui fait qu'après on le peut plus facilement réduire.
édition. Ce long oubli où Paré avait laissé le procédé intcressan'. du chirurgien de Milan est d'autant plus singulier, qu'il avait, dès 1075, traité du paraphimosis au chapitre 3> du livra P^s oj^emiions..
DE LA. GROSSE VEROLLE