‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 355 sur 511 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

LA, QVATRIÉWE MANIERE DE CVRER LA VEROLLE, PAR PARFVMS '.

Il faut à présent parler de l'vsage des parfums, qu'aucuns ont dit estre la troisième ou quatrième voye générale de curer ladite maladie vénérienne: laquelle ie n'appreuue beaucoup , pour les accidens qui en aduiennent, parce quils blessent le cerueau, poulmons et demeurent les malades parfumés auec vne haleine puante toute leur vie : aussi que plusieurs en les traitant sont tombés en spasme, tremblement de leste et Ïambes, en apoplexie , surdité , et sonl morts, pour la mauuaise vapeur et qualité du soulphre et vif-argent,dont ledit cinabre est composé, qui blesse le cerueau et autres parties nobles.

Parquoy ie conseille n'en vser vniuersellement ny par le nez ny par la botiche : mais bien particulièrement pour desseicher quelque vlcere cacoëthe, ou quelque nodus et douleur fixe, qui n'auroient peu estre curé^ par les autres moyens : car véritablement lesdits parfumsi ont puissance par le moyen du vif-argent d'atténuer, inciser et résoudre ce qui pourroit auoir resté particulièrement en quelque partie.

' Ce chapitre est extrait en partie de trois articles de Tliierry intitulés : La iroisiesme manière de curer la rairolle. — Za matière des perfurns. — La manière d'vser des perfums, pages 167 à 174. Mais ce n'est plus une reproduction littérale ; et, loin de là, on peut juger combien Paré a abrégé te teste de Thirry, si l'on considère que les sept pages de ce dernier n'en font pas une entière dans son abréviateur.

LE SFIZIEME LIVRE

Ceux qui en vsent vniuersellement, font poser les panures malades sous vn pauillon couuert et clos de toutes parts, auquel y a vn vaisseau plein de braise, sus laquelle ieltent leur cinabre , et les fricassent et parfument comme font les mareschaux quelque chenal morueux : et continuent par tant de iours lesdits parfums , qu'ils voyent venir le flux de; bouche.

Or la matière principale et fondement des parfums est le cinabre, qui est composé desoulphreet argent vif:

on adiousteauec lu y rad. ireosFlorent. thus,oHb. miirt. iunc. odorat, assam odoratam^mast. terebent.ettheriacam :

lesquels ont puissance d'empescher la trop grande dissolution de nature, et de corriger la feteur et mauuaise qualité du vif-argent ».

On peut faire autres parfums après auoir arreslé le vif-argent : qui se fera ainsi. Il faut faire fondre du plomb, puis lors qu'il sera presque refroidi, il faut mesler l'argent vif ensemble :

puis sera rédigé en poudre , adioustant antimonium , aloës , mastic , vitriol , auripig. benjoin en poudre et auec térébenthine : on en forme trochisques.

If. Cinnabaris 5 . j.

Styracis rubri el calamitie, nue. niuscatie, ana 3. iij.

Benjoin 5.6.

Excipe terebenlhina, fiant trochisei pondère 5. ij. ad vsum dictum.

La térébenthine y est mise pour lier les autres choses qui sont seiches : el

' Ici s'arrête tout ce qui, dans ce chapitre, a été emprunté au livre de Thierry. Le reste appartient à Paré , ou du moins a été puisé k d'autres sources qu'il est assez inutile de rechercher.

I,a plupart île ces formules se lisent déj.i en I;.7.S.

pour aussi faire fumée, on y adiouste semblablement des gommes.

On parfume les vlceres cacoëthes causées de la verolle , après qu'elles sont mondifiées, et non auparauant.

Exemple d'rn parfum pour les vlceres, 11. Cinnabaris 3 .

lienjoin, myrrha;, styracis, olibani, opo-

ponacis ana 3 . £i .

Mastich. niacis, thuris ana 5. ij.

Excipiatur terebenthina, et tiat fumi-

gium.

Auire pour deseicher les vlceres humides ',

If. Cinnabaris 5. j.

Benjoin, styracis, olibani, opoponacis ana 5.6.

Mastic, thuris ana 3 . ij.

\ucis cupressi et corlicis granatorum ana 3.6.

Terebenthina communis quantum sufticiat.

Fiant trochisei pro fumigio.

Et seront lesdits parfums continués tant qu'il sera besoin.

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