CHAPITRE XXVII
DE OVELS REMEDES FAVT VSER SI LES DITES CARNOSITÉS TIENNEI^T DE LA VEROLLE, ENSEMBLE DE LEVR CVRE 2.
Mais s'il y a soupçon que lesdites duretés et carnosilés soient causées de quelque humeur tenant de la verolle, il faut que le malade face diète, et vse de décoction de gaiac, luy
' Au 2' liv. à Glauc. traitant de la curation des scirrhes, ch. 5. — A. P.
' Ce chapitre est formé de la réunion de deux chapitres du livre Des chaudes-pi sses : le 12% intitulé :/?eqiie/3 remèdes il faut vser si lesditles carnositez tiennent de la vérole;
DP. LA GROSSE VEROLLE
frottant les aines , tout le perineum et la verge d"vii onguent propre à la verolle : car autrement on perdroit sa peine et son temps'. Pendant qu'il sera en sueur, on luy fera tenir entre ses iambes vne bouteille remplie d'eau bouillante , ou vne brique chaude, et bien enueloppée de linges arrousés en vinaigre et eau de vie :
pource qu'au moyen de ces pierres, s'esleuera vne vapeur et chaleur qui , auec l'onguent de verolle , amollira et fondra l'humeur causant lesdiles carnosilés : ce que i'ay pratiqué en plusieurs auec très-bonne issue '^.
Apres auoir par ces moyens ainsi amolli lesdites carnosités , il les faut consumer auec remèdes qui ont puissance de ce faire.
Et si on connoist qu'elles soient calleuses et ayent pris cicatrice (qui sera aisé à voir, parce que d'elles ne sortira aucune humidité superflue) alors les conuient escorcher et rompre, auec vne sonde ou verge de plomb ayant, vu doigt près de son extrémité, plusieurs aspérités comme vne lime ronde : et l'ayant passée dans la verge outre les carnositt s , le patient ou le chirurgien la tirera, repoussera et retournera de costé et d'autre tant de fois qu'il verra à son aduis estre nécessaire pour com-
minuer lesdites carnosités , laissant fluer après assez bonne quantité de sang , à fin de descharger la partie.
On pourra aussi vser de quelques sondes propres pour tel effet, dedans lesciuelles y aura vn fi! d'argent , et à l'exlremiîé d'iceluy vne petite rondeur qui sera tranchante et caue vers le bout de la sonde , à fin qu'elle se ioigne contre, pour la mettre sans violence dedans la verge , à l'endroit des carnosités : et lors on poussera ladite verge de contre la sonde, tant et si peu que Ton voudra : car l'ayant ainsi poussée, on la retire tant de fois qu'on veut. Ce faisant, on pince et comminue de ladite carnosité tant qu'il semble estre bon pour vne fois.
le te puis asseurer que l'en ay fait de belles cures 3.
La cannule merquée a est semblablement vtilepour tel effet. Son vsage est tel : Il la faut mettre en la verge , et ses ouuertures merquéesfc. b. seruent pour couper et comminuer les carnosités, lorsqu'elles sont posées dedans, parce qu'elles sont tranchantes : et alors on doit tourner la cannule, et comprimer des doigts l'endroit de la verge où sont les carnosités.
Sondes el cannules propres à couper et comminuer les carnosités.
et le 13<', Comment il faut procéder à la curalion desdides carnosilez lorsipi' elles sont mollijiees. Le texte est demeuré presque entièrement le même, à part un passage qui sera sij^naié plus loin.
' Ferri s'est également occupé de la complication de vérole dans son chapitre 6, trai-
tant des soins préparatoires; mais il se borne à l'administration du gaïac, sans employer les l'riclions.
' Ce paragraphe constituait le chapitre 12 du liure Des chaudes pisses; le reste formait le chapitre 13.
3 M. Desruelles a ressuscité, dans ces der-
670 LE SEIZiliME LIVRE,
Apres faudra vser de la poudre suiuante, laquelle est promple à consumer lesdiU'S carnosilrs et excroissances de chair es parties honteuses , tant à l'homme qu'à la femme, sans notable douleur :
If. HerbBc sabinœ in vmbra exsiccatae 3. ij. OcLnc anlimonij, lulhiai praeparat, ana 5. ft.
Fiat puluis sublilis, vl alcohol.
11 faut appliquer ladite poudre auec la susdite cannule , et auec vue verge d'argent ( qui sera de la proportion de la cauité de ladite cannule) au bout de laquelle tu auras lié vue petite pièce de linge délié : et ladite cannule estant mise la fenestre contre-mont, à fln que ladite poudre ne tonibe au conduit de rvrine , tu addresseras ladite fenestre sur la carnosilé : car en poussant auec ladite verge , tu pousseras hors de ladite canhuie la poudre : puis après tu retireras ladite cannule, ayant retourné la fenestre de l'autre part de la carnosilé, à fin de ne rapporter en
niers temps , la lime de Paré, et il a bien voulu l'appliquer sur un de mes malades à l'hôpital des Vénériens, où je faisais le service de M. Cullerier. La lime joua dans l'urélre sans causer la moindre douleur au malade; mais il fui pris dans la soirée d'un accès de fièvre inlcrmitlenle, qui, à la vérité, céda très facilement au sulfate de kinine. Lé rétrécissement sembla diminuer pendant quelques jours; mais il revint ensuite à son premier état, et il fallut le traiter parla dilatation. Toutefois, M. Desruel- Ics a obtenu de nombreux et notables succès de l'emploi de la lime qu'il appelle rà\H\ et qu'il conduit dans une canule appelée \>ortè-rûpe.
Quant aux sondes tranchantes, qui paraissent également de l'invention de Paré, cil leur reconnaîtra une grande analogie avec quelques uns des urélrotomes de M. Amlissat.
ladite fenestre la poudre : ains qu'elle demeure sur la carnosité le plus long temps qu'il sera possible. Et s'il suruient grande douleur, il conuient vser de liniection suiuante , pour adoucir la douleur et fuir l'inllamnialion :
'2f. Succor. porlul. plantag. solani et semperuiui ana 5 • ^.
Albumina ouor. numer. vj.
Agitenlur diu in raortario plumbeo.
El tiède sera ietté en la verge par vne seringue. Tu pourras au lieu de cesle cy vser de l'iniection que nous auons cy deuant escrite au chapitre De la cure particulière de la chaudepisse. Il sera besoin aussi mettre par dehors, au long des parties génitales, quelques remèdes repercussifs pour empescher la douleur et inflammation.
On peut pareillement vser de remèdes qui ont faculté de diminuer et consumer les carnosités , entre lesquels les suiuans sont fort excellens*.
2i. Viridis œris, auripigmenti , vitrioli Romani, aluminis roclife ana 5 . ij.
Toutes ces choses soient infuses en trèsfort vinaigre, et entre deux pierres de marbre soient diligemment menées et réduites en poudre tres-subtile, et puis soient mises au soleil d'esté. De rechef ces choses ainsi seichées soient encore infuses de vinaigre , et menées comme deuant , iusques à ce qu'il n'y ait au-
' Jusqu'ici le texte est celui de l'édition de 15)04 ; mais les formules et les remarques qui suivent jusqu'au paragraphe : On pcni nu.ssi vser d'autres diandellcs, etc., sont d'une date plus récente, et ont été changées ou ajoutées en diverses fois. Voici d'abord la rédaction primitive de 1664:
« On peut pareillement vser de remèdes qui ont faculté de diminuer et consu-
DE LA GROSSE VEROLLE
cune aspérité : et de rechef les mettre au soleil, iusques à ce qu'elles viennent en subtile poudre, et que toute l'acrimonie de ces mcdicamens soit esteinte, ce qui pourra se faire en huit iours.
Cela fait,
"2^. Olei rosacei 5 . iiij.
Litharg. § . îj.
Soient cuites au feu iusques à ce que l'emplastre acquière consistence de corps ferme : puisosté du feu,
Adioustez de la poudre prédite § • U- Et soit meslée auec l'espatule , et
mer les carnositez , entre lesquels les suiuants sont fort excellents.