IL. Tuthiœ preparatœ, 3. vj
Antifn. 3. iij.
Trochiscorum albiRhasis, camphor. 3. j.
Cort. granatorum, aluminis vsti ana 3. fi.
Spongia; vstœ 3. ij.
«Puluerisentur omnia subtilissinièvt alcool.
Po)ilta.
:^. Vnguent. diapompholigos et aibi Bhasis
ana 3. ij.
«Misceanturcumpredictis puluer. in mortario plumbeo, et diu agitentur.
»Cest vnguent s'appliquera auec vne petite chandelle de cire ou sonde entortillée d'vn linge bien délié, lequel demeurera dans la verge en tournant la sonde ou chandelle,d'autre sens qu'elle aura esté entortillée et couuerle : puis retireras ledit linge par vn bout qui passera la verge, et verras à l'endroit où ledit linge couuert d'vnguent touchoit la carnosité l'opération du remède. On peut aussi vser d'autres chandelles de cire, etc. »
L'édition de 1579 conserva ce texte, et ajouta seulement, avant la formule primitive, celle des chirurgiens de Montpellier, que Paré avait sans doute recueillie dans son voyage en Provence. Enfin, en 1585, il retrancha tout-à-fait le texte de 15G4, et y substitua celui qu'on lit aujourd'hui.
Au reste, toute cette histoire descarnosilés est vraiment très remarquable, surtout si l'on considèrelepeu de progrès que l'art avait
mis sur le feu , iusques à ce que le médicament acquière duret^, tant
faits jusqu'alors. Nous y avons signalé de frappantes analogiesavec quelques procédés modernes; l'introduction des poudres calhèrétiques, l'emploi des sondes de plomb , les y lus grosses que le patient pourra endurer (voir le chapitre 38), semblent receler comme en germe les procédés de MM. Jobcrt et Mayor. Jetons maintenant un coupd'œil sur ce que Paré avait pu emprunter à ses devanciers et à ses contemporains.
J'ai montré dans mon introduction que les bougies de cire étaient connues et employées dès le xv siècle; et nous verrons à l'époque suivante leur usage devenu presque général.
Il faut dire cependant que Jean de Vigo ne paraît pas les avoir connues. Il se borne, dans les cas de rétention d'urine , soit par excroissance du col , soit par toute autre cause, à introduire des sondes ordinaires, et à faire des injections détersives dans la vessie. « El par ce moyen, ajoute-t-il, enauons guéri plusieurs tant à Gennes comme à Homme a nosire honneur el a l'uliliié des patients. »Li\. des Additions, ch. 28, trad. delNicolas Godin, édit. citée, {)ag. 430.
Marianus Sanctus avait abordé l'histoire des rétrécissements à la fin de son livre De lapide renum el vesicœ ; et , chose assez remarquable, il semble n'avoir eu en vue que le rétrécissement spasmodique, qu'il désigne d'une manière très précise.
« Fréquemment, par un refroidissement, les muscles sont tellement resserrés, que non seulement ils retiennent l'urine, mais qu'ils empêchent la sonde de passer ; el les douleurs, suite de la rétention d'urine, deviennent assez fortes pour déterminer la mort. Pour éviter un pareil malheur, il faut les dilater avec un instrument introduit dans le canal de la verge; car à l'instant le malade urinera et sera sauvé. Je donne à cet instrument le nom de bec arqué, rosirum arcuatum, pour sa ressemblance avec le bec de l'animal que les Vénitiens appellent arqué , arcuaium, et qu'à raison du son de sa voix nous appelons lerlinum. Sa longueur doit être
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qu'vne chandelle de cire, ou verge de plomb y tienne, et s'y puisse bien
égale à celle de la verj^c , aliii qu'il opi'rcla dilalalion jusqu'au col de la vessie, si quelquefois cela devient nécessaire.
» Kt si le malade était sujet aux récidives de celte cruelle afleclion , qu'il se soumette sans délai à notre extraction dorée et sûre et salutaire, avant l'apparition des plus graves accidents , qui compromettraient non seulement le succès de ro|)ération, mais l;i vie même du malade. C'est pourquoi qu'il soit hardi et sans aucune crainte, laissant là les belles paroles des pliysiciens qui, en lui conseillant d'éviter le danger, le condamneraient à une soufTrance perpétuelle; pourvu toutefois qu'il tâche de trouver un opérateur diligent et instruit de notre méthode d'extraction. »
• L'instrument est figuré sous le titre de 7'ertinnm ; c'est une sorte de bec de grue allongé qui a quelque ressemblance avec celui de la page 1S6 de ce volume, mais à manches plus courts et à branches plus longues, effilé de manière que les deux branches réunies figurent une petite sonde, et courbé à peu près comme les sondes ordinaires. Peut-être ne mérite-t-il pas tout-àfait l'oubli dans lequel il est tombé , ou du moins pourrait-il donner l'idée dune dilatation du même genre à la fois simple et efficace. Je ne sache pas qu'aucun chirurgien s'en soit servi ou même en ait fait mention après Marianus. Ce qu'il faut encore noter dans le passage que nous avons traduit, c'est l'application de son procédé de taille, qui , dans le cas de simple rétrécissement , se réduit à la boutonnière, et nous donne l'origine de cette opération que l'on ne faisait pas remonter si loin.
L'ordre des dates nous conduit à Thierry de Héry, dont l'ouvrage parut un an avant celui d'Alphonse Ferri. Je transcrirai tout le paragraphe où Thierry parle de l'emiiloi des instruments.
" Aussi ay ie trouué bon de leur mettre quelquefois vne chandelle de cire, ou soit inséré la vertu de Sabina, la faisant tremper en la décoction d'icelle, et aucunes fois malaxant la pouldre d'icelle auec la chandelle
adhérer, et que mesme ne tombe estant maniée des doigts : et de ce re-
susdicte. Pareillement leur ay fait vne tante
de plomb en forme d'algarie , laquelle i'ay frotté d'argent vif, qui en tel cas a grand efficace, continuant à l'enuiron du lieu de lacarnosité l'emplaslre deVigo, iusquesàla consumption d'elle. Ce faict, on doibt y procéder auec remèdes fort astringents et cicatrisatifz tant par les iniections susdictes et fomentations qu'emplastres extérieurement appliquez. » Ukv. cit., pag. 22G.
Voilà les bougies de cire revenues en honneur, et aidées des bougies de plomb. Mais nul autre auteur ne nous donne à cet égard autant de détails qu'Alphonse Ferri ; son chapitre 6 mérited'abord d'être traduit presque en entier.
Det soudes on hislrumenis dont il faut se servir dans la cure delà maladie. — chapitre v.
« Il y a plusieurs espèces de sondes ou d'argalies, et d'autres qui peuvent les remplacer. Ainsi nous avons d'abord les tiges ou les turions de mauve, de persil, de fenouil, ou d'herbes semblables, pourvues d'une longueur et d'une solidité suffisantes, avec les quelles nous pouvons sans inconvénient procéder à la recherche et même à la rupture des caroncules.Viennent ensuite les bougies oblongues et un peu épaisses, mais auxquelles l'art et l'usage donnent la mollesse désirable ; le plus souvent fabriquées avec la cire blanche, quelquefois aussi avec la cire jaune ou verte , mêlée à une petite portion de vert de gris, œruginis rasœ. Le vert de gris en elTet e.<t un puissant détersif, très propre pour la cure des caroncules. On peut le remplacer par quelque autre médicament détersif ou agglutinatif, comme nous le dirons plus bas. On aura encore des sondes assez convenables en les fabriquant avec une verge de plomb arrondie et flexible, de l'épaisseur et de la longueur qui paraîtront le plus conmiodes pour pénétrer dans l'urètre et en sortir facilement; et il en faut d'un calibre plus faible ou plus fort, selon l'étroitesse du canal. Quand il s'agit de rompre la caroncule, il les faut plus épaisses; et plus minces si c'est seulement pour tenir lieu de
DE LA GROSSE VEROLLE
mede vsent les chirurgiens de Montpellier.
bougies; il faudra aussi enduire l'extrémité qui doit pénétrer dans l'urètre de quelques uns des médicaments que nous dirons. On peut en faire de la même manière en or, en argent , ou de tout autre métal semblable. Les argalies faites d'après les mêmes règles et de la même matière, doivent être arrondiesetpolies à ieurextrémilé, et partout uniformes, pour pouvoir être introduites plus facilement, et couijer et détruire la caroncule. »
Malgré la tournure de la dernière phrase, il paraît bien que Ferri n'établit aucune distinction entre les sondes et les argalies. Voyons maintenant comment il règle leur usage, aussi bien que celui des bougies.
Au chapitre 8, où il traite des moyens d'amollir la caroncule, après des lotions et des injections émollientes, il veut qu'on introduise une bougie ointe de beurre de vache ou de buffle, ou d'Iiuile d'amandes douces, ou de sésame, oad' huile commune, oudccjraisse d'oie ou de canard.
Au chapitre 9 il a' A^xi des médicaments propres à enlever la caroncule. Le chirurgien, ayant choisi une bougie de la longueur et de l'épaisseur convenables, en enduira l'extrémité, dans l'étendue d'un travers de doigt, de l'un des médicaments dont les formules vont suivre. Mais il faut qu'il ait toujours cette précaution devant les yeux, de ne jamais employer des remèdes corrosifs à l'état liquide ou a l'état mou, parce que leur action s'étendrait sur les parties saines; et la texture du canal est si molle qu'elle n'y résisterait pas. Donc il faut une composition assez solide pour pouvoir être portée sur la caroncule, sans affecter aucune partie eu passant. On peut pour cela mêler le médicament actif avec quelques emplâtres, comme le cérat de mucilage, le diachylon , le cérat de céruse, l'cmplàlre de litharge, celui de minium, etc. Si le mélange est trop dur, on l'amollira avec un peu d'huile ou de graisse de poule.
Les remèdes actifs sont de plusieurs degrés. La poudre la plus faible est composée d'alun et de poudres d'ccorce de racine de
Apres la suppuration de la carnosite , on vsera de l'onguent suiuant,
grenadier; on la mêle avec le cérat de céruse.
Une composition déjà plus forte se fait avec du sel commun^ du sel gemme, du vertde-gris, et des sucsvégétaux, tels que le suc de la scille, le lait de figuier , etc. Je me borne à cet exemple ; Ferri ajoute à la suite cinq ou six formules du même genre.
«Mais il faut, dans l'emploi des médicaments caustiques, faireattention à unechose: c'est que plus la caroncule est ancienne, et plus elle est difficile à guérir. En conséquence, lorsque les moyens les plus doux ont échoué, il faut en essayer de plus forts. Et s'ils ne paraissent pas suflisanlspour détruire la caroncule, à raison de sa dureté calleuse, il faut avoir recours à une argalie ou une sonde bien piquante et tranchante, argalia vel specillo bene perforanlibus et in cidentibus, pour pénétrer plus aisément ; et il n'y a pas lieu de s'effrayer de l'effusion de sang produite par ces instruments; c'est en effet une circonstance très salutaire, pourvu que le sang vienne de la caroncule et non d'ailleurs ; ce qu'il est bien facile de reconnaître, puisqu'on peut toujours sentir si le bout de l'argalie ou de la sonde est arrêté par la caroncule. Et dans ce cas, l'opération réussit à merveille.
» J'ai vu plusieurs sujets guéris par le seul emploi de la sonde ou de l'argalie, lorsqu'elles avaient traversé celte caroncule. L'urine alors en passant, par sa vertu détersive et dessiccative , amène la cicatrisation sans aucun secours de l'art.
» Mais si la malignité de la maladie résistaitàces moyens, il faudrait en venir aux plus violents; par exemple à un médicament composé de chaux vive et d'arsenic rourjc macérés durant un jour dans du vinaigre, de chaque demi-drachme , mêlée avec une demionce de cérat de mucilage. »
Je me borne également à cette formule, que Ferri fait suivre de quatre autres de même espèce. Ainsi l'on voit que la dilatation simple, employée parVigo et Marianus, était alors négligée, sans doute commetrop faible; et queles méthodes en vigueur étaient la cautérisation et la section des rétrécisse-
5^4 ^^^ SEIZIEME LIVRE
qui a puissance de les mondifler, et consumer la chair excioissante.
laents. Ici le chirurgien italien a manifesteint-nt la priorité sur A. l'ajé; et l'idcnlilé de cette remarque sur rinnocuitc de l'écouiemenl sanguin provenant des carnosilés mêmes , semble attester que notre auteur avait quelque connaissance du Livre d'Alphonse Terri.
Reste maintenant à examiner ce qu'a écrit de la mcrae afleclion Amatus Lusitanus.
Dans sa i' centurie, ohs. 19, il raconte qu'il traita de cette afl'ection à P.cme, où il avait été appelé, en 1;)50, par le pape Jules III, le docteur Cistelli. Il commença par lui introduire dans l'urètre une tige d'ail ointe d'huile d'amandes douces; ce premier moyen ayant échoué, il se servit d'une bougie de cire qui se plia dans l'urètre; enlinil franchit les caroncules avec un cathéter, non sans écoulement de sang. Pour procéder à leur destruction, il avait vingt bougies fabriquées avec la cire blanche et un peu de térébenthine, de la longueur de douze travers de doigt, d'un calibre proportionné au i ses amis d'une remarquable candeur , il ra-
Onyuent pour les carnosilés.
Prenez ceruse de Venise 3 . iij.
Camphre 5 . j.
Tu Ihie préparée aucc eau rose 5.6.
Litharge d'or lauée 3. vj.
Antimoine cru, subtilement puluerisé et passé par le cicotrin 5 . j.
Trochisqucs blancs de lîbasis 3, ij.
Mastic, oliban, aloës, hepatic subtilement puluerisés, ana 3. ij.
Huile rosat tant qu'il suffise pour faire onguent.
Il faut broyer tout eij vn mortier de plomb , auec vn pilon aussi de plomb , et qu'il soit long temps
en médecine , a publié à Rome il y a trois ans (le livre de Lacuna avait été publié en 1551, ce qui reporte à 1664 la rédaction de cette centurie qui ne parut cependant que plus tard) un petit livre dans lequel il décerne des éloges divins à cette découverte de l'eilirpation des caroncules , et l'attribue à un certain Philippe que j'ai particulièrement connu. Et comme Lacuna est à l'égard de
canal de l'urètre ; et de plus trois à quatre bougies de plomb de même calibre, 11 Ot à deux bougies de cire une rainure circulaire semblable à celle que portent les fuseaux pour arrêter le fil ; remplit cette rainure d'un emplâtre dont il donne la composition, et ([ui devait être fortemcnri calhérélique ; introduisit une de ces bougies dans le canal, et la lit porter constamment durant six ou huit jours, en la changeant tous les jours. Cependant le malade devait la retirer pour uriner, à la condition de la réintroduire aussitôt après. Le jet de l'urine rétabli , durant les huit jours suivants, on ne mit dans l'urètre qu'une bougie un peu plus grosse, mais sèche et sans médicament; après quoi, l'on en v int à des injections détersives ; et au bout d'un mois le malade fut guéri.
Après Castelli, l'auteur cite comme Irailés et guéris de la même nian ère un certain Gauthier et un homme de Chio, et il dit en avoir traité plusieurs autres.
D'où lui venait ce mode de traitement?
c'est ce qu'il explique dans la Scholie à la suite de l'observation.
« Lacuna , dit-il , homme d'un grand nom
conte qu'il a appris cette méthode de Phii lippe, et la décrit tout comme il l'a reçue, ne voulant pas, autant que j'en puis juger, passer pour avoir mis du sien dans une œuvre étrangère. En conséquence je dirai qu'il y a dans ce traitement plusieurs choses que j'ai dû méditer et moditier , et que j'ai à revendifiuerd'avoird'abord corrigé celte pratique, savoir, qu'après avoir extirpé et détruit les caroncules dans l'espace de 6 ou 8 jours, à l'instant et sans autre délai , ils passaient ù l'injection d'un collyre détersif. »
Suit la formule du collyre dePbilJppe, qu' Amatus trouve très bon, mais qu'il ne veut pas qu'on applique sitôt ; sa grande modiUcalion consiste donc , ainsi qu'on l'a vu, à faire suivre l'emploi des bougies emjilasliques de celui des bougies simples, pendant six jours. Plus loin il revient à l'invention de la méthode même:
« Pour ce qui regarde la découverte, je voudrais que Philippe lui-même, que j'ai appris exercer maintenant a Damas , fût ici présent: il avouerait franchement de qui ii Ta reçue, car il n'est ni méchant ni ingrat. Il était venu à Lisbonne a peu près à l'époqu»
DE LA. GROSSE VEROLLE
broyé : se donnant garde de le faire en vn mortier de bronze , ou autre metail , de peur qu'il n'acquière vne acrimonie , et ne cause inflammation ou autres accidens qui pourroient arriuer, comme on a veu. De cest ong"uent en oindrez la candellette enuiron deux trauers de doigt , et le reste sera oint de l'onguent suiuant.
Prenez onguent rosat de Galien, làué en eau rose, onguent blanc de Rhasis, camphre et pommade simple ana g . C
Incorporez ensemble dans le susdit
où l'empereur s'empara de Tunis (en 1535) pour me demander un service ; car, ainsi que tout le monde sait, c'est un chirurgien plus remarquable par son expérience des choses que par la lecture des auteurs ; et je me souviens qu'il me dit qu'il était arrivé en cette ville , d'un pays voisin , un malade assez riche qui souffrait d'un suintement d'urine, et suivant son avis d'un calcul de la vessie; il me priait donc instamment de le voir. J'y allai, et je trouvai un jeune homme de 25 ans, qui avait fait plusieurs campagnes en Afrique et dans l'Inde , et qui, intempérant comme la plupart des militaires, avait attrapé le mal français, avec un écoulement de semence qui lui avait duré deux ans entiers. (Il convient de noter ici que pour Amatus la gonorrhée et l'écoulement de semence sont la même 'chose; gonon-keam , dil-il quelques pages auparavant, hoc est setninis projhiviam ). Il était cependant d'une constitution robuste et toulc guerrière, en sorte qu'il me vint en idée qu'il n'avait point de pierre; car celte autre affection atroce débilite les forces, amène la pâleur, et apporte avec elle comme un dégoût de la vie ; elle ad'aillcurs d'autres symptômes qui la font distinguer des caroncules. Présumant donc ce qui était en efict, à l'aide d'une lige d'ail et des autres bougies dont j'ai parlé, je reconnus facilement qu'il avait des caroncules dans l'urètre , et ayant recours aux moyens dont plus tard Philippe se servit à Rome avec tant d'honneur cl de protit, je rendis promptement notre jeune homme à la santé. Je ne veux point accuser Philippe
mortier de plomb , et en vsez par interualle pour oster la cuisseur.
Pareillement on fera iniection de laict.
Faut noter qu'en l'application dudit onguent , il ne faut vser de bougies ordinairement, comme aucuns, lesquels après auoir pissé, promptement en remettent d'autres, pensans bien faire : parce que le plus souuent il s'en ensuit tumeur en la verge, et inflammation , qui contraint le chirurgien de différer l'vsage : et partant
d'ingratitude ; je regrette seulement que près de plusieurs personnages illustres en médecine, comme près de Lacuna, cet autre Galien de l'Espagne, il se soit attribué toute la découverte, façon d'agir impudente en vérité, et pour dire le mot , ingrate; car j'avais eu pour témoins de celte cure des hommes très savants et d'une grande autorité dans leur pays, Louis Munius de Coimbre , George Henri de Lisbonne , célèbres médecins et philosophes, el Manuel Lindus, astronome renommé. Et pour ne pas être accusé à mon lourde la même faute que Philippe, je dirai que quand j'étais à Salamanque, j'avais appris cette méllioiie d'Alderele, médecin fort célèbre et mon très savant maître , ainsi que beaucoup d'autres connaissances précieuses et que j'estime moi-même de la plus haute valeur. »
Tel est le récit d'Araalus, et c'est ainsi qu'Alderete a passé jusqu'à présent pour l'inventeur des bougies en cire. Or nous les avons vues mentionner dès le xv^ siècle par Guainer, qui ne s'en donnait pas lui-même comme l'inventeur; et au milieu du XVI"' siècle, leur emploi simultané par Thierry de Héry qui était revenu d'Italie avant 1540, et par A. Ferri qui écrivait en 1548, avant la publication du livre de Lacuna, prouve assez que l'usage s'en était conservé ailleurs qu'à Salamanque , el que c'était là une de ces découvertes faites depuis long-lernps comme le grand appareil , et que l'on a attribuées trop facilement au premier écrivain qui s'en est donné comme l'inventeur.