‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 383 sur 511 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

DE I,A PVANTEVR d'hALEINE , DES AIS- CELLES, DES PIEDS, ET DE LA SVEVR VNÏVERSELLE '.

La puanteur d'haleine vient de plusieurs causes, comme à ceux qui ont esté frottes, emplastrés, et principalement'^ pa; fumés de vif-argent : ou pourla pourriture des dents et gencives , ou vlcere des poulmons , ou par une indigeslion d'estomach , ou pour l'obstruction et corruption des os collatoires : ou pour auoir mangé ails, oignons, choux,viel fromage, etautre chose de mauuaise odeur. Les bossus ont volontiers l'haleine puante , à raison que l'air qu'ils inspirent est trop long temps retenu dedans leur thorax courbé, qui fait que leur haleine est puante.

La puanteur des aiscelles vient, par ce que le lieu est concaue , non perspirable , qui fait que les sueurs ne sexhalent et ne perspirent : et partant acquièrent pourriture et mauuaise odeur, comme la senteur d'vn bouc : c'est pourquoy l'on dit qu'ils sentent le bouquin , ou l'espaule de mouton.

• Ce ciiapitre et le suivant ont été publiés pour la première fois en 1585: et ils sont restés ainsi, à part quelques mots ajoutés dans l'édition posthume de 1598.

^ Ce mot principalement manque dan»

DE LA GROSSE VEROLLE

Ordinairement la plante des pieds est de mauuaise odeur, par-ce qu'il en sort vne sueur, laquelle n'est transpirée, à cause delà grande espaisseur du cuir qui est calleux et dur».

La puanteur de la sueur sortant de tout le corps, vient de la corruption d'humeurs , et principalement aux rousseaux tauelés. Il y en a plusieurs quise sont abusés, voulansperdreceste mauuaise senteur, lesquels se frottans les aiscelles el plantes des pieds de choses odoriférantes, se sont rendus plus puants. Car d'autant que les choses odoriférantes sont chaudes, d'autant plus ils fondent les vapeurs esquelles la feleur consiste, qui est cause qu'elle apparoist d'auantage :

ce qu'on voit par expérience.

l'ay souuenance que ie pensois vn prince de quelque maladie, et le seruiteur de l'Apoticaire auoit les pieds puants , de façon qu'on le sentoit lors qu'il entroit en la chambre. Il s'apperceut qu'on le fuyoit pour cesle puanteur, et pour y remédier , il se frotta le dessous des pieds de grande quantité de musc : dont au lieu de cacher et esteindre ceste feteur, il augmenta de telle façon , qu'il parfumoit toute vue chambre où il entroit d'vne odeur si forte et si puante, (|u'on ne la pouuoit endurer : qui fut cause qu'il fut chassé et banni entièrement de la maison dudit Seigneur.

Or pour la cure, elle sera diuersifiée selon la diuersité des causes. La cure palliatiue se fera en se frollant les aiscelles et les pieds d'eau alumineuse, ou autre décoction astringente, qui aura vertu de condenser el reprimer cesle exhalation puante.

1 Ces mots, à cause de la grande espaiaseitr du cuir, etc., manquent également en 1585.

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