CHAPITRE V
figure dex inslrumenH dits obturateurs du palais '.
Autre instrument sans esponge, lequel a vue eminence par derrière , qui se tourne auec vn petit bec de corbin [que tu vois en cesle figure) lorsqu'on le met dans le trou.
' Edition de 1561 : Et par ce moyen la reuerberution de la parolle sera retenue en lieu de l'os d éperdu.
' Dans l'édition de 1561, ces instruments n'avaient pas encore reçu de nom particulier, et on lisait seulement : Figure des instruments pour le palais troué et pertuisé. Dans les Dix Hures de chirurgie, en 1564, les mêmes figures étaient reproduites avec ce titre : Instrumentz appelez couuercles, propres pour counrir et estouper les trouz des os perdus au palais de la bouche, etc. Le nom d'obturateurs ne leur a été appliqué par Paré qu'en 1576.
LE MOYEN DE SECOVUIR CEVX QVI AV- ROIENT LA LANGVE COVPÉE , ET LES FAIRE PARLER '.
Maintenant faut déclarer l'aide que peut donner le chirurgien à celuy qui auroit perdu portion de la langue , donlilauroil du tout perdu la parolle:
artifice qui n'a esté trouué que par accident , ainsi comme ie deduiray présentement.
Vn quidam demeurant à vn village nommé Yuoy le Chasteau , qui est à dix ou douze lieues de Bourges , eut portion de la langue coupée, et demeura près de trois ans sans pouuoir par sa parolle eslre entendu. Ad uint que luy estant aux champs auec des faucheurs, beuuant en vne escuelle de bois assez déliée , Tvn d'eux le chatouilla , ainsi qu'il auoit Tescuelle entre ses dents : et profera quelque parolle, ensorle qu'il fut entendu. Puis de rechef connoissant auoir ainsi parlé, reprint son escuelle, et s'efforça à la mettre en mesme situation qu'elle estoil au-parauant : et de rechef parloit , de sorte qu'on le pouuoit bien entendre auecques ladite escuelle. Et fut long temps qu'il la portoit en son sein , pour interpréter ce qu'il vouloitdire,la mettant tousiours entre ses dents. Puis quelque temps après s'aduisa (par la nécessité qui est maistresse des arts) de faire vn instrument
' Ce chapitre est extrait presque textuellement du traité Des plages de ta teste, 1561, fol. 264, verso, à l'article Des plages de la langue, dont la première partie a déjà constitué le cliapitre du même nom dans le 8* livre. Voyez ci-dcvani, page 88.
D ADIOVSTER CE QVI DEFAVT.
de bois , de telle figure que cestuy : lequel il portoit pendu à son col. Et parle moyen d'iceluy faisoit entendre par sa parole tout ce qu'il vouloit dire.
Inslrumenl pour aider à parler à vn palieni, lequel aurait portion de la langue coupée.
L'vsage est tel. A, est la partie supérieure, qui doit estre d'espaisseur enuiron d'vn teston et demy', laquelle il tenoit entre les dents de deuant, nommées incisiues, non qu'elle sorlisl hors , mais sembloit qu'il n'eust rien en sa bouche, B, la parlie inférieure plus subtile , espaisse d'vn teston '^:
• Edition de 1561 : enuiron de deux testons. Le même instrument est figuré dans les Dix Hures de chirurgie, à la fin du volume, les deux derniers folios n'étant point paginés; et le bord A est indiqué comme devant être seulement cspoia d'vn lésion. En 1675, Paré a remis i;h teston et demy.
'Edition de 1561 : espesse d'vn double ducat ; celle de 1 564 dit, espois d'vn demy (lésion). Au reste, la description de l'instrument étant plus complète peut-être dans celte dernière édition, en voici le texte ;
«< L'instrument icy ligure doit estre de bois dur et ferme, enuiron de la grandeur d'vn teston, de figure ronde en circonférence, et platte en e&tendue, aiant l'vne de ses su-
seulement la tenoit iustement contre l'extrémité du reste delà langue, estant au droit du filet ou ligament de la langue : et ce qui est vn peu concaue intérieurement (qui est la troisième portion dudit instrument) marquée par C, la tenoit dessous en sa situation toute platte. Et quant au filet que tu vois , c'esloit pour pendre ledit instrument au col. D. est la partie extérieure dudit instrument.
Or ie te puis asseurer qu'après auoir recouuert ledit instrument , et la manière d'en vser, (qui fut par le moyen de monsieur le Tellier , médecin trfs-docte, demeurant à Bourges) que l'en ay veu l'expérience à vn ieune garçon, auquel on auoit coupé la langue , lequel neantmoins par le bénéfice dudit instrument , proferoit si bien sa parole , qu'entièrement on le pouuoit entendre de tout ce qu'il vouloit dire et expliquer. Et de ce chacun en face l'espreuue, lors qu'on se trouuera à l'endroit pour ce faire.
perfides concaue le moins du monde , et l'autre conuexe; l'un des bords portant l'espoisseur d'vn teston , et l'autre d'vn demy tant seulement. Pour exemple, soit le bord signé par A espois d'vn lésion, et celuy signé par B espois seulement d'vn demy.
Quand il sera question d'en vser et s'en seruirà temps, le pouure muet niestra l'instrument en sa bouche, et tiendra entre les deux dents incisoires la partie A, c'est à sçauoir qui est espoisse d'vn teston, sans qu'il en apparoisse aucune chose hors les dentz, de sorte qu'il semble qu'il n'y ait rien en la bouche , et adiouslera l'autre partie plus subtile, à sçauoir B , n'ayant que l'espoisseur d'vn demy lésion, iustement au lieu où sa langue aura esté couppee, situant la concauilé de l'instrument contre bas, et la conuexité en haut. »
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LE t)IX-SEPtlÉME LIVRE,
CÎÎAF'iTRE VL
LE MOTEN DE REPAREft LE VICE DE LA FACE DEFIGVRÉE *.
II aduient qiielquesfois , par vne brusleure de poudre à canon , charbon pestiféré , ou autre occasion , que la face est demeurée extrêmement bîdeuse à voir, de façon que le malade est grandement espouuantable à ie voir: et à ceux-là il leur faut bailler vne masque faite si proprement, qu'ils puissent conuerser aùeC les hommes.
Aussi peut-on réparer le vice des léures qui auront esté amputées par tin coup d'espée, ou d'vn charbon pcstilent , ou par vn chancre qui aura occupé telle partie : après l'auoir extirpé , les dents demeurans descouucrtes , ce qui est difforme à voir. A teïs on leur doit reparer ce qui défaut au plus près du naturel, par le moyen d'vne léure d'or emaillé , de couleur du visage, laquelle sera attachée à vne petite calotte -, ou plustost à la face : que noûs> auons heu-
» Je n'ai trouvé aucune trace de ce chapitre avant l'édition de loTo.
' Le chapitre Unissait ici dans l'édition de l.")75; le reste a été ajouté eu 1579.
Ce serait en vain que l'on recourrait, non lûusau cliapiLre, mais aux i/.r chapitres consacrés à l'histobc du chancre, et qui font partie du livre b", pour y trouver quelque mention de ces Icureu d'or. 11 est probable q;ie celte citation se rapporte à la petite édition perdue de 1572, dans laquelle Paré avait fait pour la première fois l'histoire des tumeurs; et que plus lard, dans ses œuvras comiilètes , il en détacha ce qui avait rapport à la prothèse, comme il avait fait pour plusieurs des chapitres précédents.
reusement pratiqué et enseigné cy deuant au chapitre du chancre.