LES SIGNES POVR
congnoistre &i Venfant est ^ort^ ou viuant dq.ns le ventre de la,v)exe 2.
On peult sçauoir si ledict enfant est viuant ou mort dans le ventre de la more par les signes qui s'ensuyuent.
Et premièrement fault sçauoir si l'enfant ne se remue plus. Ce qu'on sçaura tant par l'interrogation de la mère, que en posant la main sur son ventre. Et aussi peult on auoir coniecture, quant les eaues auroyent esté de longtemps vacuées hors la matrice. Dauantage la mère sent plus grande pesanteur de son enfant, qu'elle n'auoit de coustumé '. Et la raison de ce est que l'esprit ny est plus, et qui n'est régir par les facultés naturelles ^. Et outre plus, quand
' Ici finit le chapitre 82 de Frapco. Je noterai toutefois qu'il ne cite point Thierry de Héry;ctil se contente dire: ainsi qui efi aducnu SQUuent,
■ Ce titre est copié exactement de l'opuscule de Paré; c'est le même titre que Franco a donné â son 83"^ chapitre.
5 De coustumc. Franco dit : qu'elle n'a accoHstumé.
' Sens fort obscur, si on s'attachait à la lellre. Franco a fort bien traduit : Ce nous
n.o^s LE yçwT^?; p^. t^ ^^H-
li^dicte mère se tourne ça ou la, V enfant turribe suv la partie tlecliue comme vue masse , ou pierre, ^ussi ladlcte m.ere est fort vexée et tormentée (le griefues dui'v'urs yçi'S son Q,nibilic et parties génitales , et ^ vouloir ^ çle v^-iner ei a^s.sellet" - , ma^ le pl,us souuent en vain. Aussi que en pp^ant l^ main sui,- ledict vmbiiic et parties génitales, on les sent auçune- H^njt refroidies, ioinct que ladicte mère sent aussi froideur dans sa matrice. Et telle clJiose se faict pour lextinction et abolition de laçbalcur vitale dudict enfant. Pauantage il soxt ce^ tain^es Ijinmidiles et autres exçjçemeJ^S (ort fcetides Iiors ia niaUicc. Et Valaine 3, (l(? ladicte luere est aussi ^j^eii (çrt fo^lide et puante. Ce qui se faiçt volontiers au deuxiesme ou troiz^s^le iour après, que l'enfant, est njiprt. ^t tombe spuuant ladicle mère çjLi syncopes ou euauoissemen^.
•l'ellji? çbose se f{\ict des vapeurs ou fumées putretiées et corrompues, qui §y e^ljiigueut ^ de l'enfant piort.
$)L sçnt çppinjuniquées au coeur et au cerueay,. El note que l'enfant mort estant en. la matrice se corrompt plus en demy iour, qu'il ne feroit en deux, ou plus s'il estoit bors de ladicte matrice.
Aussi peult on coniecturer par la coleur de la mère muée et changée du naturel, cest qu'çUe tend 4 KWdité^, noirceui", ou plombeuse.
Au moyen de quoi, est ladicle femnie bi,d,euse à voir et regarder.
f A-( ^ifjniftOinçe dAlfl -a^pr.t, d^ sgn fniH qui est ainsi pçsiOH il cause qu'il esL destitué de tout esprit, et n'es^ ri^gy par les facultez naturelles.
' Lisez : et a vouloir.
' Asseller, aller à ia selle.
•'• L'haleine.
» Qui s'élèvent.
5 Lividité.
Et de tous ces signes, quand i>,î,nsieurs se treuueut en vue perspnne et vu mesiue teinps , pourras iuger certairiement que l'enfant est mort, et au contraire non. Et note que toutes ces choses cogneues et considérées on doibt faire diligence de aider à la mère , le plutost qu'il sera possible, toutefois cognoistras se on peult bespngner sans dangier de la mort, qui se fera en considérant les forces et vertus de la femme, en tatanl son poulx : sçauoir s'il est debile, ou grandement changé contre le naturel. Aussi sçauoir, si les cinq sens de nature extérieurs et interieus font bien leur action : comme si elle parle, gouste, odore, oyt, voit, et entent, ratiocine, et memoue bien^ Et se tourne et meut sans grand difficulté.
En oultre fault contempler la face, çonime Hippocrates nous enseigne, en ses présages - : C'est assçauoir, si elle est grandement changée du naturel, comme si elle est noire, i'iuide 3, ou plombeuse. Le nez et lg§ narines aiguës, et exténuées.
Les yeulx concaues, Les temples descbarnes,etla peau du fronc dqro, seiche, et tendue, et les oreilles froides et retirées, ou quasi renuersées. Et en somme qu'elle est hideuse à regarder.
En outre, si elle a lespiedz et mains froides, et sueur froide, et qu'elle tumbe sonnent en sincope ou euanoisseœent. Et si telz signes apparoissent, demonstrenl présage et prpgnostic la mort eslre prochaine, Parqnoy la fault laisser à nature, et recommander à dieu ,
' Sans doute : et memore bien, et a couferi è la mémoire.
■ Usjppocrales. — A. P.
•i Livide,