‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 407 sur 511 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

POVROVOY LES FEMELLES DES BESTES 15RVTES, APKES ESTRE EMPREINTES , NE DESIRENT PLVS DE s'aCCOVPLER AY^ MASLES^.

C'est qu'elles s'addressent seulement à ce qui s'offre , et qui e^t de présent en leur chaleur et rut, n'ayant

' Le G^îipilre se termine ici daps l'éditiop de 1573 ; le reste <ie la phrase a été ajouté en 1575, et le dernier paragrapLe en 1579.

' 4?istote,piol)Jenie7, sectioprfc la comip-

aucune recordation du plajsir gpres estre empreintes : mesmes abhorrent le coït après la conception : parce que leur imagination ne leur est donnée de nature que çpur leiir espèce , et non pour volonté et délectation. Or les masles les vont chercher lorsqu'elles sont en rut , à cause qu'il s'esleue de leur matrice vue certaine exhalation vaporeuse, qui s'espand en l'air, et sentant ceste odeur entrent en amour , qui fait (ju'ils désirent s'accoupler ensemble. Le contraire est aux femmes : car elles désirent pour leur délectation , et non seulement pour l'espèce : et aussi qu'elles abondent on sang qui les eschauffe, quand elles s'en recordent, et que la vertu imaginaàue procédant du cerneau, et la concupiscible ou désireuse du foye • (qui est l'vne des principales causes d'habiter) s'en ressentent , ayans recordation de ce plaisir délicieux qu'elles ont receu au coït. Et faut entendre, que la vertu concupiscible ou désireuse commande à la vertu expulsiue du cœur, lequel lors enuoye la chaleur aux parties génitales par les artères , et le foye par les veines , et icelie chaleur accompagnée d'esprits vaporeux font enfler et tendre les parties génitales, tant aux hommes qu'aux femmes : puis par le coït la semence est expulsée.

Les bestes saunages sont grandement furieuses quand elles demandent les femelles 2 : ainsi nous voyons le

tion chamelle. — A. P. — Celte citation qui suffit à indiquer la source du cliapitre, i^e date que de 1579.

' L'édition de 1573 dit du citctir, ce qui constitue une doctrine toute diflérente. La correction : du foye, a été faite dès 1579.

' Arislote en ses problèmes, — A. P. — Cette citation est de 1573.

LE DIX-HVITIEME LIVRE

cerfestant en rut bramer et crieraprcs les biches: aussi les asnes en deuieniienl à peu près enragés, par ce que leur membre sort alors fort cschautTé d'vn désir des femelles . et tel désir de s'accoupler les dispose à telle ire et fureur : mais aussi après l'accointance des femelles, sont rendus doux et paisibles. Or comme i'ay dit cy dessus, il y a vue très grande délectation en la copulation du masle et delà femelle, par-ce que c'est vn acte si abiect et immonde, que s'il n'esloit accompagné d'vn lel plaisir délicieux, tous animaux naturellement le fuiroient et l'auroient en horreur, ce que reuiendroit en briefue consommation des espèces : mais Nature s exerçant volontiers en telle voluptueuse titillation , fait que chacune espe e est conseruée, et de plus en plus augmentée'.

Les choses nécessaires à la génération.

' Trois espèces sont nécessaires à la génération : la première , i'excremenl humide et bénin, qui vient la plus grande part du cerueau : la seconde, ventosilés pleines d'espiits vitaux , qui procèdent du cœur, qui causent distension et érection des parties génitales : la troisième, est vne concupiscence et appétit naturel , lequel prend sa source du foye : delà s'espand par les parties génitales. D'abon dant, faut que l'objet plaise et soit désiré, lanldelaparldeThommeque de la femme : si l'vne de ces choses manque, les personnes sont impuissantes.

' Le chapitre se terminait ici dans les éditions de 1573, 1576 et 1579 ; ce qui suit aélé ajouté en lo8ô.

Page 1