‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 412 sur 511 · PES VAISSEAVX QVI SONT AV NOMBRIL DE L'KNFA^T · texte numérisé non relu

PES VAISSEAVX QVI SONT AV NOMBRIL DE L'KNFA^T

Aucuns de nos deuanciers ont escrit qu'au nombril il y auoit cinq vaisseaux , à sçauoir, deux veines et deux artères , et le conduit appelle vrachus : mais quant à moy , iamais ie n'en ay sceu trouuer que trois , à sçauoir la veine ombilicale, qui est fort an)ple , de façon qu'on y mellroit aisément le fer d'une aig^uillette :

et deux artères , lesquelles ne sont si grosses à beaucoup près*. Et telle chose a esté ainsi faite , par-ce qu'il falloit plus de san{Ç à l'enfant fant pour sa nourriture et augmentation que d'esprit vital ».

Or ces veines et artères (dont est constitué le nombril 2, qui est fait le

'Dans la Briefae collection en 1550, Paré n'admettait dans le cordon qn'une veine , une arlere et Vouraque. C'est en 1561 qu'il corrigea cette erreur, tandis que Franco, la même année , s'empressait de la copier dans son chapitre 77.

' L'édition do 1573 contenait ici le passage suivant , conservé encore en 1575 et retranché en 1579 :

« Et quant au parus vracos, soudain après que toutes les parties de l'enfant sont formées, iette son vrine par ledicl vracos{qui est au fond de sa vessie ) dedans la matrice , mais aux derniers mois prochains de la naliuité de l'enfant, ledict vrachos se ferme, et se deseche, alors le viasle iette Vvrine par la verge , et la femelle par le col de sa vessie : voila comment le porus vracos, ne faisant plus son vsage, s' endurcit comme vn tendon, et sa cauité se clost , qui est cause qu'elle ne peut estre coyneûe et apperceue dans l'ombilic, au sens de la veuc, vcu que la veine et les deux artères auecqucs te porus vracos ( dont est constitué te nombril qui al fait le ncujicstnciour ) , etc. »

LE J)1X-HVITIÉME LIVRE ,

neufiéme iour) estans ensemble se redoublent et entortillent, et font certains nœuds comme la ceinture d'vn cordeiier : et cesdits nœuds ainsi anfractueux n'ont esté faits sans grande vlilité , qui est à fin que le sang conduit au corps de l'enfant fust arresté, et cessast vn polit son cours , à fin qu'il fust plus parfaitement élaboré , cuit et digéré : ainsi qu'il se fait aux vaisseaux spermaliques, dicts Eiaculatoiies , c'est-à-dire seruans à darder et ietter la semence. Aussi lesdits vaisseaux et ombilicaux ont esté faits de longueur de plus de demie brassée pour la raison prédite : tellement qu'à d'aucuns enfans on trouue ledit nombril entortillé vne ou deux fois autour du col , et autrcsfois autour de leurs iambes.

L'enfant, comme auons dit, reçoit son aliment et vie au ventre de la mère par l'ombilic * , et ne prend aucun aliment par la bouche : ny aussi pendant qu'il est au corps de sa mère, il n'a nul vsage des yeux , nez, ny oreilles, ny du siège. D'auantage il n'a besoin de l'office du cœur : car le sang spirituel lui est enuoyé par les artères ombilicales aux artères iliaques, et d'icelles à toutes les autres artères, par lesquelles l'enfant respire - : et partant l'air n'est pas porté des poulmons au cœur , mais du cœur aux poulmons ,

' L' enfant prend son nourrissemenl par son nombril, ainsi que fait le fruicl par sa queue pendant à l'arbre. — A. P. Cette note est de 1575.

' Paré avait déjà exposé la même doctrine dans la Hriefue collection , folio 28 , verso; et cette respiration qu'il disait se faire par l'artère ombilicale lui servait à réfuter la crainte qu'on aurait pu avoir que l'enfant n'élouffàl dans les eaux. Franco a copié tout ce passage jusqu'au bout dans son 77* cha-

DE

tellement qu'il ne trauaille point en la génération du sang^ , ny des esprits vitaux, par le bénéfice des poulmons.

Car ces choses estans ja élaborées, cuites et digérées par la mère, sont portées à toutes les parties de l'enfant : lequel ne doit encore eslre appelle enfant , tant que toutes ses parties soient bien formées et figurées , et que l'ame y soit introduite • : mais seulement sera appelle Genitura , ou Embryon, ou pullulant, oanaissant, ou meurissant , ou fœtus.

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