‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 413 sur 511 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

DE L'EBVLLrnON DES SEMENCES EN LA MATRICE, ET DES TROIS AMPOVLLES QVI SONT LES LIEVX DES TROIS MEM- BRES PRINCIPAVX, A SÇAVOIR : LE FOYE, LE COEVR, ET LE CERVEAV.

LA GENERATION. 649

passe grande quantité de sang et d'esprits dedans les petites veines qui sont lissues et entrelacées autour de ladite secondine , et dedans la semence, tant pour la nourriture et augmentation de l'embryon, comme pour la conformation des membres principaux. Les esprits donc et le sang, meslés auec la semence, qui desia auparauant boiiilloit, et boust tousiours de plus en plus , font leuer trois petites ampoulles semblables à trois petites bulles ou vessies, ressemblantes à celles qui s'esleuent en l'eau agitée par la pluye : et icelles ampoulles sont les lieux où seront formés le foye, le cœur, et le cerueau : et auparauant qu'icelles soient esleuées,la semence est tousiours appelles semence , et non encore fœtus ou pullulant.

Aux six premiers iours se font les vaisseaux nouueaux , qui naissent des orifices des veines et artères, appelés cy dessus Cotylédons, comme certaines fibres par toute la semence, laquelle boust tousiours dedans les susdites membranes : et le neufiéme iour est formé l'ombilic. Or il faut icy entendre, que ces vaisseaux produits des cotylédons font pareille ouuerture à la secondine qu'à la matrice , par lesquelles ouuertures

pitre , à l'exception de la phrase par laquelle Paré termine :

f^oila quant aux punies que IVulure faict et ordonne lonque la fcntmc a conceu.

' M. Nicole du liant pas, au liu. de ta yeneraiion. — A. P. Ce Nicole était un médecin d'Arras, qui avait traduit et annoté les yfptiorLsmes d'IIipiiocrate. L'ouvrage cité par Paré aurait paru , selon LIoy, en 1555, sous ce titre : De conicmplatione naiurœ liumanœ, nempb de formalionc fœtus in utero.

La première ampoulle où le foye se fige * .

Le quatrième iour après que la veine ombilicale est faite, elle succe par les cotylédons le sang plus gros et de grand nourrissement , lequel à cause de sa grossesse se coagule aisément au lieu où se doit engendrer le foye. Estant aclieué et parfait, il est admirable en la grandeur, pour laquelle dés le commencement, à comparaison des autres membres, il se peut aisément remarquer. Or en

' Ceci était une simple note marginale dans la plupart des éditions complètes. Je l'ai mise en titre, parce que je l'ai trouvée ainsi dans l'édition de 157;{ et encore dans celle de 1575, de même que l'autre titre qui va suivre, parce que ces deu\ premiers titres rendent raison de celui du chapitre suivant. Au reste, les éditions de 1573 et 1575 portent : De la première ampoulle ou le foye se concret ; celle de 1585 et les suivantes : f.a première ou le foye sejige ; j'ai SUivi le texte de celle de 1579.

LE DIX-IIVITI

outre aussi il prat estro dit ndmirable en ce que dont il a perfection et croissance, n'est qu'vne effusion de san^»-, dont il est appelle pannchyma '. Il s'engendre en sa partie bossne \n gios tronc de veine, qui est la veine caue, laquelle insérée, estend ses rameaux par toute la substance du foye : puis après dresse deux rameaux, dont l'vn va aux parties supérieures, et l'autre aux inférieures , qui se ramifient et distribuent en toutes leurs parlicules pour leur formation et nourriture :

et après cela fait, la vertu formatrice ayant la matière , dresse ses delineamens pour faire la mésentère, les intestins, estomach, râtelle, et tous autres membres nutritifs, et les rend parfaits ainsi qu'il appartient.

La seconde ampoidlc où le cœur prend sa forme'^.

L'artère ombilicale succe pareillement le sang arterial des artères cotyledoines, qui est très chaud et fort

■ Phrase forl obscure; l'édition de 1573 dit seulement : Oay dicl admirable, paceeqne sans affusion de satuj ne peut eslre parfait ni accroisire.

'C'est le texte de 1579; en 1573 et 1575 on lisait : La seconde ampoulle ou le cœur se concret; et en 1585 seulement: La seconde où le cœur prend sa forme. Ces remarques sont sans doute peu importantes; mais elles témoignent de mon respect pour le texte.

J'ai dit dans une note du chap. 35 du Livre l'f de l'Analomie (t. 1", p. tG9), que éette théorie des trois ampoules se trouvait déjà dans la Briefue collection, fol 2(:; voici le début de ce long pa«sap;e , copié jiresque textuellement par Franco en têle de son 77* chapitre.

« Apres auoir parlé de l'analomie de la matrice, fault contempler les choses que Nature inuente et ordonne lors que la femnic a conceu.

» Lt ne sera hors de propos dire quelque

EME LIVRE

spirituel : duquel en ceste seconde ampoulle se forme le cœur, qui est de substance cbarneuse, solide, et espaisse , ainsi qu'il appartient au membre le plus chaud de tous les autres : en la substance duquel Nature formatrice fait deux ventricules, Tvn à dextre, l'autre à senestre. Au droit ventricule se vient insérer le tronc de la veine caue , et icelle apporte la nourriture au cœur. Au ventricule senestre se fait vn tronc d'artère, qui pareillement se diuise en deux : l'vn moindre monte aux parties supérieures, et l'autre plus grand aux inférieures, lesquels se ramifient et se distribuent par toutes les parties pour les viuilier.

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