‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 437 sur 511 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

LES'SIGNES POVR CONNOISTRE SI L'eN- FANT EST MORT AV VENTRE DE LA MERE ^

On peut srauoir si ledit enfant est viuant ou mort dedans le ventre de sa mere, par les signes qui s'ensuiuent.

Et premièrement faut sçauoir si l'enfant ne se remue plus : ce qu'on sçaura, tant par l'interrogation de la mere , qu'en posant la main sus son ventre: et aussi peut-on auoir coniecture quand les eaux auront esté escoulées : et si l'arriere-faiv est sorti, lors infailliblement on pourra iuger l'enfant estre mort.

Ce que i'ai veu 2, estant appelé pour deliurer la femme de Pierre Cœurly, maistre des Chapellets , demeurant à Paris, rue Galande, où estant arriué, ie vis son arriere-faix hors, adonc conneus Tenfant estre mort : i'appelay les matrones, et leur demanday si à leur aduis l'enfant estoit mort : elles me firent response

' Ce chapitre porte presque le même titre que le chapitre S3 de Franco, et la rédaction s'en rapproche aussi tellemenl que le plagiat était luanifcstc d'un côlc ou de l'autre. Mais il a été démontré qu'en cette occasion c'est Franco qui est le plagiaire ; et l*aré n'a fait que reprendre, en le modifiant, le texte de sa Briefue collection. Voyez ci-devant pages C2S et G26.

' L'édition de 1573 portait : Ce que i'ay veu encore depuis trois mois, ce qui fixe exactcnienlla date de l'observation. Cette date a été effacée à partir de l'édition de 1579.

qu'elles l'auoient encores n'agueres apperceu se mouuoir. le leur demanday de rechef combien de temps il y auoit : elles respondirent qu'il y auoit enuiron six heures : alors ie conneus que ces bonnes femmes ne disoient vérité : attendu que toutesfois et quantes que larriere-faix sort deuant l'enfant , le plus sonnent ledit enfant est mort, à cause qu'il ne respire que par l'artère ombilicale, prenant l'esprit des orifices de celles de la matrice , appelées cotylédons : dont en estant l'arriere-faix séparé, nul esprit n'est plus enuoyé à l'enfant : et ainsi ie fis prognoslic à toute la compagnie l'enfant estre mort. Néanmoins ne laissay promptement à deliurer la mere, où mon dire fut aueré, en la présence de plusieurs honorables dames.

D'auantage, c'est signe que l'enfant est mort , quand la mere sent plus grande pesanteur de son enfant qu'elle n'auoit de coustume : et la raison de ce est que l'esprit n'y est plus, et qu'il n'est régi par ses facultés naturelles ' , dont n'estant plus soustenu se monstre et sent plus pesant. Ainsi voyons tousiours vn mort peser plus qu'il ne faisoit estant vif : pour laquelle mesme cause vn homme à ieun poise plus que celuy qui aura pris vue modérée réfection. Outre plus, quand la mere se retourne çà et là, l'enfant tombe sus la partie plus décline , comme vue masse ou pierre. Aussi ladite mere est fort vexée et tourmentée de griefues dou-

' Ici s'arrêtait la phrase en 1573 ; le reste, jusqu'aux mots : Outre plus, etc., a été ajouté en 1575. Il n'est sans doute pas besoin de remarquer que celte prétendue différence de poids d'un homme vivant ou mort est un préjugé du xvi' siècle, qui ne repose sur i aucun fondement réel.

leurs vers son ombilic et parties génitales, et a vouloir trvriner et assel- 1er, auec grandes espreintes, à cause que Nature se veut descharger de l'enfant mort, qui ne luy est plus naturel K Car c'est vn axiome ou règle véritable , que tousiours le vif chasse le mort , de tant que la chose morte n'a rien de commun auec celle qui est viue. Or ce qui allie et lient les choses en vnion, c'est la communauté et similitude : ainsi voyons-nous aux vlceres , que la chair viue pousse et iette celle qui est purulente et sanieuse, et es sphaceies ; que l'os vif chasse hors les esquilles de la portion de celuy qui est mort et pourii.

Pareillement en posant la main sus son ventre et parties génitales, on les sent aucunement refroidies, ioint aussi que ladite mère sent froideur dedans sa matrice : et telle chose se fait par l'extinction de la chaleur vitale dudit enfant.

D'auantage il sort certaines humidités et autres excremens fort fœlides hors la matrice, et l'haleine de ladite mère est aussi fort puante : ce qui se fait volontiers au deuxième ou troisième iour au plus près que l'enfant est mort, et tombe souuent ladite mère en syncope ou esuanoiiissement.

Telles choses se font des vapeurs ou fumées putrides et corrompues qui s'esleuent de l'enfant mort et de son arriere-faix , qui sont communiquées au cœur et au cerneau. Et icy noteras que l'enfant mort, estant à la matrice de sa mère , se corrompt plus en vn iour qu'il ne feroit en quatre, ou plus,

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s'il estoit hors de ladite matrice * : de tant que c'est vn axiome approuué par Galien au liure De tumoribus, que toutes choses chaudes et humides retenues en vn lieu pareillement chaud et humide se corrompent et putréfient , principalement si le lieu est estroit, par faute du bénéfice de transpiration.

Aussi peut-on coniecturer par la couleur delà face qui est changée du naturel , c'est qu'elle tend à liuidité ou plombine , au moyen de quoy est ladite femme hideuse à voir : et a les mammelles ramollies, et son ventre est grandement enflé et dur plus qu'il n'estoit auparauant^ : duquel signe la raison est de notable contemplation.

Car en toutes choses pourries la chaleur naturelle vient à diminuer, et s'augmenter vne chaleur estrange et excessiue, par l'action de laquelle les humidités du corps pourri viennent à se résoudre en vapeurs et ventosités , qui tenans plus de lieu que ne faisoient les humidités (comme ainsi soitque selon l'opinion des physiciens, d'vne portion d'eau par resolution il s'en foit dix d'air) font enfler la chose pourrie : comme iournellement nous voyons aux corps de ceux qui sont noyés, et es parties gangrenées, desquelles nonobstant que par l'action de la chaleur putredineuse nous voyons exhaler vne grosse fumée de vapeurs, si est-ce qu'elles deuiennent plus enflées que de coustume.

Et de tous ces signes (quand plusieurs se trouuent en vne personne

' L'édition primitive de 1573 passait immédiateiiienl à un autre signe : ParcUlcment en posant lu main ans son venlre, etc. Les deux plirases intercalées dans cet endroit du texte datent de 1575.

' Ici encore s'arrêtait le texte primitif; l'explication qui suit cl la citation de Galien sont de 1575.

' Même remarque ; le texte primitif se bornait à donner les signes ; l'explication qui suit date comme les précédentes de 1575.

GgS

et en vn mesme temps") pourras iuger certainomont que lenfanl est mort, au contraire non.

Et noie que toutes ces choses conneuës et considérées, le Cliirurgien doit faire dilij^cnce d'aider à la mère le plustosl qui! sera possible : et qu'il soit bien instruit à telle œuure, à cause qu'elle requiert une sinn^uliere prouidence et expérience : car s'il laull à faire son deuoir, souuent il tue la mère et l'enfant, s'il esloit vif '.Et (ju'il connoisse s'il peut besog^ner sansdarij^erde mort de la mère, pour euiter scandale : qui se fera en considérant les forces et vertus d'icelle , en tastant son pouls, scauoir s'il est débile ou grandement change outre le naturel. Et d'auantage faut contempler la face, comme nous auons dit,.sçauoir si elle est grandement changée du naturel, et si elle a le nez et les extrémités et sueurs froides, et qu'elle tombe souuent en syncope, aussi si elle a perdu presque toute connoissance : et si tels signes apparoissent , on doit prognostiquer la mort estre prochaine : parquoy lu faut laisser à Nature, et la recommander à Dieu ^. Mais aussi au contraire, si la

' Je suis ici la leçon de toutes les éditions originales; la première édition posthume, suivie par les autres, porte s'ils csionent rijs, ce qui est un non-sens, puisqu'il s'agit d'aider la mère.

'Tel est le leste de toutes les éditions complètes publiées du vivant de Paré, et encore de la première édition pusthuiiie pour laquelle il avait préparé quelques correcliuus et additions que nous avons signalées en leur lieu, {"/était déjà en partie le même texte qu'on lisait dans laiManierc de extraire les enfdus en 1550. (Voyez ci-devant, p. U27.) Enfin l'édition latine de 1682 n'est pas moins explicite : Absiinebit ab opère, immiiieiucm mortcm prœdixissc coiilenlus. J'ai

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vertu est forte , il luy faut aider eu diligence à expeller l'enfant par po-

donc été fort surpris de voir citer un texte tout-à-fail ililTérent par M. Guillemot, dans ses Remarques historiques relatives à Cari des accouchements , et parliculièremeut à l'accouchement forcé. [Arcliiv. gén. de méd. 1837, t. XV, p. 55'».) Il s'agit plus spécialement dans ce travail de l'accoucheraenl forcé dans le cas de pertes utérines.

« .Vmbruise Paré, dit M. Guillemot, n'a point formellement exposé, dans son livre De la génération, l'accouchement forcé. Cependant, si l'on réunit les divers passages qui se trouvent dans les chapitres 36 , 31, on conviendra qu'il le connaissait. Il savait qu'un grand flux de sang, sorti de la matrice, nécessitait l'art du chirurgien; il savait aussi que l'insertion du placenta sur l'orilice utérin , et que son décollement de laplace qu'iloccupait étaient autant de causes de ces pertes utérines. C'est dans ces cas surtout qu'il recommandait au chirurgien de s'elTorcer de délivrer la femme , si elle avait la face grandement changée du naturel, si elle tombait souvent en syncope , et si elle avait presque perdu connaissance: «Il faut s'efforcer de la délivrer, d\l-i],parceqi^iliaut mieux tenter un remède incertain avec espérance , que laisser la malade en désespoir tout assuré , car tant qu'il reste une sintille de vie , lYature aydée peut faire des choses incroyables au récit. » (Chapitre 31 ).

Sans parler de la citation directe du chapitre 31, il est évident que M. Guillemot a eu en vue le passage auquel se rapporte cette note, et où il est fait mention en effet de la face changée du naturel , de la syncope et de la perte de connaissance. Mais il n'est pas moins évident que le texte qu'il rajiporlc ensuite n'appartient pas à Paré , et qu'il est en contradiction formelle avec la doctrine que Paré professa toute sa vie. D'où venait cojKMidantlc passage cité par M. Guillemot? ISous avons vu dans la Bibliographie d'A. Paré, qu'après la à' édition, la dernière à laquelle il ait participé, il en avait été publié à Paris une sixième, reueuë cl augmentée en diuers endroiis ; une sep-

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lions, baitis, siiffumlgations faites de

tième, reueuë etconiyce ; et enfin une huitième, reueuë et augmentée en infinis lieux. On peut voir ce que j'ai dit de ces révisions et augmentations , copiées plus tard par les éditions lyonnaises, dans mon Introduction, page cccxxv. J'ai donc dû ciierclier, dans ces éditions rcueucs cl augmentées par d'autres que l'auteur, la date de l'interpolation qui a trompé M. Guillemot. C'est à la sixième édition , c'est-à-dire en 1607 ; et la maladresse des éditeurs est si patente , que je ne sais comment M. Guillemot n'en a pas été frappé. Ils ont, en cdet, respecté le texte de Paré; après quoi ils ont ajouté le leur, ce qui fait sur le même sujet deux préceptes parfaitement contradictoires. Ainsi on lit :

« Et si tels signes apparaissent , on doit prognustiquer la mort esire prochaine , parquotj la faut laisser à Nature et lu recommander à Dieu : toutes fois après bon prognosiic faict au mary et aux parens de la patiente , le chirurgien , auec leur ferme resolution et volonté, doit s' efforcer\dc la deliurer, parce qu'il vaut mieux tenter vn remède incertain auec espérance , que de laisser la malade en vn desespoir tout asseiiré, car tant qu'il reste vne scintille de vie , JVature aijdee peut faire des choses incroyahles au récit. Mais aussi si la vertu est forte , il luy faut aider en diligence à expeller l'enfant, -Glc. »

Kst-il possible d'Imaginer un pareil galimatias ?

Du reste, bien que l'accouchement forcé, avant l'apparition du travail naturel , ne se trouve pas môme encore dans le texte prèle à Paré par ses éditeurs posthumes, il n'en demeure pas moins le véritable inventeur; je ne saurais mieux faire que d'exposer la démonstration qui en a été fournie par M. Guillemot dans son intéressant travail.

C'est à Louise Bourgeois, dite Boursier, que l'on avait jusque là rapporté l'honneur de cette découverte. Et, en effet, dans les Obserualions diucrses sur la stcritiié, perle de fruict . etc., publiées en 1009, elle-même n'hésite pas à se l'altribuer; ch. h, fol. 40 : Qu'il y avn accident où il faut prompiemenl

choses félidés prises par le nez et par

accoucher vne femme à quelque terme que ce soit pour conseruer sa vie.

« (]est quand vne femme a vne perte de sang desmesuree, sur sa grossesse, dont elle tombe en foiblesse,... il faut rompre les membranes... et tirer l'enfant par les Itieds: c'est le moyen de sauner la mère et de donner le baptesme à l'enfant. Je l'ay fait prattiquer par consentement, et en la présence de feu monsieur le Febure, iMedecin, cl de monsieur le Moine , et monsieur de l'Isle, aussi médecin, fort doctes , d'autant que i'auois veu que ces pertes là sont causes tout à coup de la mort de la mère et de l'enfant. Cela fut fait en la femme d'vn conseiller de la Courtde Parlement, laquelle estoit grosse de six mois , etc. »

Elle raconte ensuite que de pareilles pertes ont causé la mort de mademoiselle d' Aubruy , femme de monsieur d'Aubray , et de madame la duchesse de IHonlbazon; et regrette de n'avoir pas alors mis ceste praiiique en auant, puisque ces dames auraient pu être sauvées.

M. Guillemot a recherché, d'après ce dernier passage, en quelle année était morte la duchesse de Montbazon, et a fixé cette mort en l'an 1602, Ainsi, à cette époque, Louise Bourgeois n'avait pas encore mis en auant ceste prnttique; et on pourrait présumer, d'après une observation rapportée par Guillemeau, que l'tssai en fut fait devant elle l'année suivante.

« L'an 1603, dit Guillemeau, Mademoiselle Danzé ou Chece fut surprise estant en son trauail, d'vn pareil flux de sang qui luy dura depuis le matin iusques à huict à neuf heures du soir , estanl assistée de madame Boursier, sage-femme de la Boyne, messieurs leFcbure, Riolaii, le Moine, docteurs regens en la Faculté de Médecine à Paris, et monsieur de Saincl-Germain, maistre apothicaire, furent appelez pour la traicter : et comme elle perdoit son sang, appelèrent monsieurllonoré, chirurgien du roy, lequel ne voulant rien aUenler sans mon aduis, l'on me manda quérir, et soudain que ie fus arriué, mon opinion fut auec

LE DIX-nVITIÉME LIVRE,

la bouche, fit do choses aromaliqiies et délectables prises par les parties

celle de la compagnie de l'afcoucher : ce qui fusl fait par ledit Ifonorc, l'enfant estant viuant. »

M. Guillemot semble même disposé à penser que celle observation serait la même que celle de Louise Uourgeois; il a trouvé sur les registres du parlement de l'année ili(r.i un conseiller du nom ôe/Iaréou Huzé, \'r s'écrivant alors à peu prés comme un z. Quoi qu'il en soit de cette conjecture, il demeure certain du moins qu'avant 1G()1>, Louise Bourgeois ignorait cette ressource de l'accouchement forcé. Or, Guillemeau rapporte, sous la date de IGOO, un cas de perte utérine pour lequel l'accouchement fut ainsi provoqué; bien plus, il en cite une autre observation de lâOO que nous rapporterons en entier, parce qu'elle intéresse à la fois et le nom et la famille de Paré.

« L'an 1699, mademoiselle Simon, à présent viuante, tille de monsieur Paré, conseiller et premier chirurgien du Roy, estant preste d'accoucher, fut surprise d'vn grand flux de sang, ayant prés d'elle madame la Charonne pour sage-femme, estant pareillement assistée de messieurs Hautin , médecin ordinaire du Roy et docteur en médecine à Paris, et M. Rigault , aussi médecin à Paris, à raison des grandes sincopes qui luy prenoient de quart d'heure en quart d'heure, pour la perle de sapg qu'elle faisoit : M. iMarchant, mon gendre, et moy fusmes mandez : mais la considérant presque sans poulx, ayant la voix foible , les leures blesmes, ie fis prognostic à la mère et à son mary qu'elle estoit eu grand danger de sa vie, et qu'il n'y auoit qu'vn seul moyen pour la sauuer de ce mal, qui estoit de la deliurer promptement : ce que i'uuois veu praciiqiier à feu vioimieur Paré son père, me l'ayant fait faire à vue demoiselle de madame de Sencterre. Lors ladite mère et mary nous coniurerent de la secourir, et qu'ils la mettoient entre nos mains pour en disposer : ainsi promptement, suiuant l'aduis de messieurs les médecins, fut heureusement accouchée d'vn enfant plein de vie. »

Et plus bas, Guillemeau ajoute : Ihj a

d'embas, sternutatoires, vomiloires, etliulmens pessaires', faits de poudre

vingt-cinq ans que i'ay veu faire cesle prattique à Jeu messieurs Paré et Hubert, ausquels, comme de plusieurs autres expériences, nous sommes obliijez de le recorjnoistre et confesser L'auoir appris d'eux. [L heureux accouchement, édition de 1G2I, liu. ii, chap. 13, p. 222 etsuiv.)

L'ouvrage de Guillemeau ajant paru en 1609, un peu après celui de Louise Bourgeois, qui avait été achevé d'imprimer le 24 décembre 1G08; c'est donc en 1684 que l'auteur aurait vu Paré agir de la sorte. Comment, dès lors. Paré n'en a-l-il fait aucune mention dans son livre, auquel cependant il a fait tant d'additions pour l'édition de 1685.* C'est un oubli assez étrange, mais il n'en est pas moins complet; c'est en vain que M. Guillemot a cru trouver quelques traces de cette doctrine dans les chapitres :51, -M, ;i6; pour quiconque les voudra lire .sans prévention, il n'y existe rien de semblable. Jlais on peut assez bien conjecturer que l'application à la iille de Paré d'un procédé inventé par son père éveilla l'attention sur ce point, qu'on dut rechercher si Paré en avait parlé dans ses OEuvres ; et que ses héritiers attachèrent quelque importance à réparer, au moins en partie, son oubli, par la petite interpolation que je viens de signaler.

' Cet accouplement de mots linimens pessaires ne date que de i685 ; les éditions antérieures disaient simplement linimens. Il faut se rappeler que par pessaires les anciens entendaient principalement des compositions molles introduites dans le vagin. Voyez ci-après la grande note du chapit. 4S. Mais à pari celle légère modilicalion du texte, il y en a une bien plus notable qui date de 1679. En ellet, dans les éditions de 1673 et 1676, le chapitre se termine comme il suit :

« ... El linimens appliqués tant par dedans que par dehors la vulue : lesquelles choses n'est besoing d'escripre en particulier, ce que nous enseigne Hippocrates en sa protestation, que iamais ne donnera chose pour faire auorlcr les femmes, mais de ce on

de sabin , d'aristoloche, poudre d'ellébore blanc, fiente de pigeon, incorporés aiiec miel mercurial, appliqués tant par dedans que par dehors la vulue.

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