CHAPITRE LXVIII
UV ILVX IVIVLIBBRE, OV FLEVUlk BLANCHES^»
Outre le flux naturel il s'en fait vn autre, appelle flux muliebre, pour-ce
' Ta: pux sera conuou par érosion a'i7 coule goutte à goutte . — A. P.
» Les idilion» de 1573, 1575 cl 1579 portent seulement : Du [lux muUebie; le reste du titre a été ajouté en 1585. Le chapitre était fort court dans la première édition ; il a été successivement très aujjmeulé.
DE LA GE;>rERA.T10N.
qu'il est propie et particulier aux femmes, qui leur est à d'aucunes vne longue et continuelle distillation, et quasi sans douleur, qui vient de la matrice : et par icelle se purge l'abondance des siipeifluités de tout le corps, ainsi que quelqueslois se lait par les reins : aux autres il se fait par inlerualle, et est tel (lux fort douloureux, principalement lors que la matrice est vlcerée '.
Or ce dit flux est dilTercnt du flnx menstrual 2, de la gonorrlu* ou semence, de la chaude pisse, et de celuy qui sort d(îs vlceres de la matrice.
Quant à la purgation menstruelle;, le sang loiiaMe en peu de iours Hue autant qu'il en doit estre vuidé : mais au flux nniliebrc, le sang qui en sort est corrompu et de couleur quelqueslois rouge, qui est vne sanie de sang raesme : quelquesfois séreux et liuide , aulreslois blanc et espais comme vn coulis d'orge-mondé, autresfois iaunastre, causé le plus souuent de sang phlegmatiqui;. Qu il soit vray, tel flux adulent j)lus souuent aux fiMunies phlegmatiques et qui ont la chair mollasse qu aux autres, et est nommé d'elles fleurs blanches.
Or le flux de la gonorrhée ou semence est beaucoup dilTerent : est lousiours blancheaslre, et porte subit vn amaigrissement et grande loiblesse, auec vne mauuaise couleur à tout le corps, encore qu'au sortir il excite
' L'édition de 1573 ajoutait ici : amsy qnclqucfoix lu vmlricc n' estant ^oiui reletiéc ; cl cptle fin de phrase asubsisto jusqu'en 15s,'), où elle s'est trouvée supprimée.
2 L'édition de lô"3, sui>ic encore par celle de 157!), disait tout simplement • purcequ'en lu piinjutioti mcusinudlc le xuiuj en peu de ioiti-s fluc, etc. Les trois ligues iulorniédiaires, avec lés paragraphes qu'elles annoncent, datent seulement de 15S5.
quelque petite titillation de volupté.
Les femmes le ieltent sonnent par leur matrice , laquelle matière est crue et sercu.se , et sort en petite quantité, nonassiduellement, ny tous les iours, mais seulement par intcTualle, et n'est nullement fiuant ny acre. Iccluy aduient aux Icinmes luxurieuses, et aux vefues, (}ui se sont long temps abstenu du coït '.
La matière sanieuse, purulente et blancheastre, qui sort des vlceres de la matrice, est aussi difl"erente des fleurs blanches Car les fleurs blanches sont plus liquides , séreuses et aqueuses : aussi moins blanches et moins fétides : ioint aussi qu'elles fluent en plus grande quantité que le pus qui vient es vlceres de la matrice. D'auantage esdits Aleeres il y a douleur, en sorte que la femme ne peut endurer l'habitation do son maii : et aux fleurs blanches ne sent nulle, ou bien petite douleur.
Le flux de la chaude-pisse prouient d'vne virulence vénérienne qui flue incessamment comme les fleurs blanches, mais d" vne matière plus espaisse, tanlost blancheastre, lantost rougeaslre, ou verdoyante, acre, ou corrodante, et puante, qui tost excite vlceres aux parties honteuses, qui descend des vaisseaux spermaliques, et non des veines qui font Uuer les menstrues et fleurs blanches. Tel flux de chaude-pisse ne cesse point à la venue du sang menstrual, mais il perseuere deuanl, et auec luy , et après : au contraire des fleurs blanches , qui cessent à leruption des mois, et quelcpie peu de tenq)S après.
Le flux de chaude-pisse fait douleur et cuison, est puani, et ivlle quel-
' Ce [jaragraplic et les deu\ suivans sont de 1586.