‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 49 sur 511 · CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI

DES PLAYES DES lOINïVRES ^.

Parce que les playes des loîntures ont quelque chose de particulier outre ce quia esté dit es nerfs, pour ceste cause nous en traiterons à part en ce chapitre.

Or icelles sont dangereuses , et le plus souuent mortelles , à cause des aponeuroses, ou tendons membraneux qui les lient, ausquels s'insèrent des nerfs, et partant ont grand sentiment , qui cause les susdits accidens : et encores plustost si la playe est en la partie intérieure des iointures , comme sous les aisselles , au ply du bras , au dedans du Carpe de la main, et sous leiarret, pour les grandes veines , artères et nerfs qui sont en ces parties, esquelles la solution de continuité fait hemorrhagie et grande douleur, et autres accidens :

ausquels faut obuier selon la nature et qualité de chacun : comme s'il y a flux de sang, l'estancher, et s'il y a

• Le cliapitre se terminait ici dansl'édilion de 157.'>; mais dans celle de 1579 cl dans les suivantes, il y a un article fort curieux sur la rupture du tendon d'Achille, que j'ai cru devoir reporter à la tin du chapitre 37. Voyez ci-devant page 110.

2 Ce chapitre se retrouve en entier dans le petit Traité de 1673, o" il fait le chap, 3.

douleur, la seder tant qu'il sera possible.

Si la playe est fort grande , on la recoudra pour reiinir les parties séparées, délaissant vn orifice en la parlie décline, pour donner issue à la sanie : et lors que la playe sera cousue, on y appliquera de ceste poudre ordonnée par de Vigo, par l'espace de deux iours.

2^. Thuris, sang, drac, boli arm. ter. sigill, ana § . ij.

Aloës, mast. ana 3. j.

Fiat puluis subtilis.

Laquelle soit aspergée sur la cous^ ture. Puis on appliquera vn defensif autour de la iointure, fait de blancs d'œufs, i)eu d'huile rosat, bol, mastic et farine d'orge : et si on y met vne tente, elle sera courte, et de grosseur qu'il sera besoin , à lin qu elle n'induise douleur : et sera ointe d'vn digestif fait de iaune d'œuf,huile rosat, térébenthine lauée et unpeudesaffran.

Et si ladite playe estoit petite et estroite, on l'agrandira, s'il est besoin, à fin que les humeurs, qui par le moyen de la douleur seroient flués à la partie, puissent auoir libre issue.

D'auantage faut tenir la partie en repos, et se garder du froid , et d'application de medicamens relaxans, emolliens et humectans : mais au contraire faut qu'ils astreignent et seichent.

Exemple d'rn cataplasme.

M. Furfuris macri , far. hord. et fab. ana 5- i'ij- Flor. camom. melil. ana m. ft.

Tereb. § . iij.

Mcllis communis 3. ij.

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