‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 490 sur 511 · CHAPITRE LXXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXIII

cvre'.

Le point souuerain pour remédier à tous ces accidens, est de prouuquer les Heurs: pour laquelle chose exécuter, on appellera vn docte médecin qui ordonnera la saignée (à fin de descharger Nature d'vne partie de son fardeau) et des purgations, ainsi qu'il verra estre nécessaire. Apres les purgations sera vtile faire prendre des choses aperitiues et incisiues, à fin de destouper les obstructions:

comme sont les syrops d'armoise, capilli vcnens , et autres semblables, auec décoction d'hyssope, sabine, racine d'eringium, dit en ^françois Panicault, et de garance. Aussi la conserue de fleurs de soulcy est siogu-

1 Ce chapitre termine le pelit irai'é des j);iles couleurs qui comprend les 12 chapitres précédents. Voyez la noie 2 de la page 778.

DE LA GENERATrON.

lîere, prise par trois matinées, aussi gros qu'vne noix commune. Pareillement la décoction de racine de persil, feuille d'hyssope aromatisée de canelle. Semblablement faut appliquer sur le plat des cuisses, ventouses sans scarification. On fera pareillement fomentation aux: parties génitales, d'herbes à chat, matricaire, armoise, thym, origam, agripaume, sabine, et autres semblables. On fera aussi parfums aux parties génitales, faits de poyure, gingembre, clou de girofle, musc, ciuetle, noix muguette. Plus il faut que la malade chemine , saute , trauaille, danse, monte et descende souuent, qu'elle tire de l'eau d'vn puits, et autres exercices, si elle les peut supporter, sans que pariceux se face plus grande irritation des matières amassées et supprimées, ny que les douleurs et autres accidens mentionnés se resueillent et enaigrissent d'auantage. Plus luyconuiendra faire des frictions aux cuisses et iambes, auec linges rudes au malin. Il faut faire ces remèdes au commencement des lunes nouuelles, ou autre temps auquel les femmes ou filles malades auoient ou pouuoient auoir leurs purgations : autrement on trauailleroit en vain.

Les filles villageoises nesontsnjettes aux pâlies couleurs, et aux susdits accidens, à raison qu'elles trauailletït beaucoup, et ne mangent tant dediuersités de viandes, comme celles des villes : aussi qu'elles sont tousiours en plein air, lequel fait dissipation et digestion de la substance superflue de tout leur sang par insensible transpiration : qui fait qu'elles ne sentent point ou peu les incommodités de leurs fleurs arrestées .

Page 1