DES HEMORRHOÏDES QVI NAISSENT AV COL DE LA MATRICE
Tout ainsi qu'il se fait des hemorrhoïdes au siège, ainsi se fait-il au col de la matrice, lesquelles sont extrémités des orifices des vaisseaux des
1 Nous rentrons ici sinon dans !e texte, du moins dans le cadre de l'édition de 157'{, dont ce chapitre Des Itcmonlioïdes fait le 69''.
Mais il s'en faut réellement beaucoup que le texte soit le même. Kn l.S7:j et même encore en 1579, les trois chapitres qu'on va lire n'en formaient que deux, l'un intitulé, Des hemorrhoïdes qui naissent au col de la matrice; l'autre, Curation des verrues faites au col de la matrice. C'est que SOUs ce nom d'hémorroïdes, Paré avait confondu toutes sortes de tumeurs qu'il jugea à propos de mieux distinguer en l.^)S5. Vo'.ci du reste, pour qu'on puisse juger de la différence des doctrines, le texte de 1573 et de 1675, avec deux petites additions de 1579.
Des hemorrhoïdes qui naissent au col de la matrice.
« Dauantagc il y a des hemorrhoïdes qui naissent au col de la matrice, comme il se faicl au siège, qui sont comme espèces de varices, desquelles sort aucunefois grande quantité de sang auec vne eau rousse et fétide ; Aucunes sont de couleur rouge, semblable à meures, et pour ce sont nommées morilles : d'autres à vn grain de raisin qu'on comme vualles -. autres à vne verrue, nommée aussi pour ceste cause verrucalles .ainsy selon la diuersité de forme les antiens leur ont imposé le nom : Aucunes sont fort grosses et apparentes, les autres sont petites et occultes, cachées au profond du col de la matrice. Semblablement il se faict des verrues quelquefois aux bords du col de la matrice. Aucunes sont larges et esleuecs en
rameaux des veines qui viennent de la veine cauc, descendantes à rentour du propre oriDce de la matrice et du
petites tumeurs, et sont noniinees humorales, non sculenicnl parccqu'ellcs sont esleuees en tumeurs comme une meure, mais aussy qu'elles sont composées de plusieurs petites femlnences, corrtme vne meure de ses graines. Acrochordou est vne autre espèce de verrue auec eminence calleuse, qui a sa racine grcslc , et la teste grossette , de façon qu'on diroit estrc vn neud de corde pendante à vn fillet. Monsieur d'Alechamps en sa Chirurgie Françoise escriplestre appellees des Arabes verrues boioralks : il y en a vnc autre espèce nommée thymus, parcequ'elle ressemble à tteur de Ihim, aiant cminences tuberculeuses, auec aspérités, creuasscespar dessus : aucunes sont grandes , autres petites, et par interualle ieltent beaucoup de sang-, principalement après la compagnee d'homme, ou que la femme chemine, ou faict autre grand exercice. Il y en a de toutes ces espèces qui sont malignes, ausquelles ne faut que palier de peur qu'elles ne tournent en chancre, et telles sont douloureuses au toucher, parcequ'elles sont procrées d'humeur maling, aucuns les appellent fwus, et la populace le mal S. Fiacre, auquel ne faut attenter nulle cure fors la paliatiue. » L'édition de 15t9 ajoutait là : comme nous allons dit parlant des hemX)x.rhoïdes du siège. Le début du chapitre suivant était le même dans les trois éditions de 1673, 1575 et 1579.
LE DIX^HVITI^ME LIVRE
col d'icelle , par lesquelles les vierges et femmes grosses se purgent de leurs mois : d'autant qu'en elles l'oriûce ou bouebe de la matrice est fermée aux femmes grosses, à raison de reniant conceu auquel les cotylédons reseruent le sang pour sa nourriture : et aux vierges, parce qu'elles n'ont point encor esté ouuertes. Ces extrémités des veines quelquesfois se grossissent et ferment sans ielter sang, et quelquefois aussi sont ouuertes et ietlent vn gros sang noirastre, comme font les hemorrhoïdes du siège, sans ordre ny période, auec douleur. Partant tel llux est appelle hemorrhoïdal et non menslrual, encor que tel flux sorte par mesmes veines. Elles viennent après les inflammations , rliagadies de la matrice. Elles sont connues par l'effusion du sang qui coule, non par temps certain, comme fait le flux menstrual,mais par interualle et sans ordre.
La cure est semblable que celle du siège, qui est d'appaiser la douleur par fomentations faites de semence de lin, de guimauues, fueilles de boiiillon blanc : par linimens faits d'huile depauot, de nénuphar, d'amandes douces, battue long-temps en vn mortier et pilon de plomb, adioustant iaune d'œuf auec vn peu d'opium.
o Curalions des verrues faictes au col de la matrice.
t» Celles qui seront trouuees au col de la matrice , et ne seront malignes , il les conuienl lier et coupper, et celles qui seront profundément, on mettra le spéculum matricis dans le col de la matrice , à fin qu'on les puisse voir et toucher. »
Tuis venaient les figures des spéculums , et le reste du texte retombait d'accord avec le texte actuel. Je répète que la rédaction actuelle est de 1585.