LE NEVFIÉ3IE LIVRE
ticiens ne luy accorderont iamais ce point, ne ceux qui sçauent que c'est de penser telles playes. Or il y a encore icy vne chose digne d'estre bien notée : c'est qu'après auoir reprouué l'onguent Egyptiac, il ne laisse pourtant de commander qu'on l'applique, depuis le commencement iusques à ce que la contusion soit du tout suppurée : et veut qu'on en vse ainsi. Prenez (dit-il) de l'Egyptiac dissoult en vne décoction faite de la sommité d'aluyne et de millepertuis, et de petite centaure et plantain , et en syringuez la playe. Il en descrit puis après vn autre, fait d'eau de plantain et miel rosat, bouillis ensemble à l'espaisseur et consislence de miel, en l'escumant bien : puis mesle autant de cecy que d Egyptiac ensemble , et dit que cest onguent suppure les harquebusades.
le laisse à penser aux lecteurs Chirurgiens expérimentés, si tels lemedes sont suppuratifs. Quant à moy, ie les estime plus propres à deterger et mondifier, qu'à suppurer.
Il a finalement escrit , qu'il ne faut penser la playe que de quatre en quatre iours. Et s'il y a fracture d'os, qu'on n'y touche, ou qu'on ne leue l'appareil, iusques au huitième iour.
Plus il dit en vn autre endroit, qu'il est conuenable instiller tous les iours dix ou douze gouttes de son baume dedans la playe. Véritablement telle doctrine est pour bien estonner le ieune Chirurgien , pour sçauoir quelle manière de pratiquer il deura suiure. Et qui stiiura la sienne, ie le puis asseurer qu'il feia souuent ouurir le ciel et la terre : le ciel pour recinioir lésâmes, et la terre pour les corps.
Mais c'est assez parlé de cette matière pour le présent , puis que nous sommes asseurés que toutes ces petites cauillationsne pourront en rien di