CHAPITRE I
des differences des contvsions et mevrtrissevp.es.
Maintenant nous traiterons des Contusions et meurtrisseures , comniençans par la définition de Contusion : qui est , selon Galien (liure De constitutione ar//s), solution de continuité en chair ou os, faile par baston ou ferrement gros et pesant, ou par cheule de haut. Le symptôme
' Ce livre est formé de plusieurs parties, qui n'ont pas toutes été publiées dans le même temps. Les six premiers chapitres , consacrés aux contusions , n'ont paru qu'en 15f)4 dans les Dix Ihtres de chirurgie, où ils constituaient le livre quatrième. Les combustions y étaient traitées dans le livre cin- «luième, et les gangrènes dans le livre seplicnie ; mais déjà cette histoire des combustions avait trouvé place , sous un litre spécial, à la Un du iraiié des player d'hacqucbiiic-i de Î.S4.J; et le traité de la gangrène y avait été ajouté dans l'cdilion de 1.j:)X\ Lors de la première édition des OEuvres complètes, ce livre se trouva donc formé par la réunion de ces trois opuscules , ayant des dates si différentes, 1545, 1552 , 1564. et il subit peu de modifications dans l'édition de 1579. Mais en 1582 Paré ayant fait paraître à part son Di'icours sur la 31utnie , espèce
qui ensuit telle maladie, est meurtrisseure, dite d'Hippocrates en la section seconde du liure des Fractures, Peliosis ou M las ma, c'est-àdire, noirceur ou liueur *. Ce qui se fait en diuerses manières, selon le sang qui tanlost s'espand aux parties intérieures, tanlost aux cavités profondes du corps, et quelquesfois seulement aux parties extérieures 2.
Or le sang s'espand dedans le corps, quand pour exemple, quelqu'vnchet du haut en bas d'vne brèche : ou
d'amplification du dernier chapitre du livre primitif des contusions, il rattache ce discours à tout le reste dans l'édition de 1585 ; et c'est ainsi qu'il a été reproduit dans toutes les éditions posthumes.
J'ai cru devoir suivre en ce point les deux premières éditions des OEuvres complètes, et renvoyer en un auire lieu le discours sur la Mumie. 11 n'est pas à la vérité sans quelque rapport avec l'Instoire des contusions, mais ce rapport e.>;t trop éloigné, et l'ordre du discours s'en trouvait trop interrompu, (^'est plutôt une discussion de matière médicale que de chirurgie , et en conséquence je l'ai renvoyée à la suite de$ Liures des mcdicamens et dc« distillai ions.
"Celle définition et cescitalionsne datent que de l'édition de 15Î9.
- L'édition de 15()4 porte :
Qui titniosi s'espand aux parties intérieures,
DES COISÏVS[0?;.S, COBÎLVSTIOKS ET GANGRENES.
igo
quand il a esfé pressé sous quelque grand et pesant fardeau , comme il aduient es mines , ausquelles bien souuent grande quanlilé de terre ou de pierre tombent sur les soldats et mineux : ou par vne extrême tension, comme est celle de la gesne * : ou par trop desordonnément crier, au moyen duquel excès quelque vaisseau des poulmons se peut rompre. Pareillement pour vne harquebiisade receuë au trauers du corps, le sang peut sortir des vaisseaux .- vne partie duquel se ietle par les selles et vrines, ainsi (jue i'ay veu adiienir à plusieurs, mesmement à défunt monsieur de Marligues, qui au dernier siège de Hedin, voulant voir par dessus le rempart de la muraille les ennemis qui la sapoient au pied , fut frappé d'vn coup de harquebuse au trauers du corps : dont tost après ietta le sang par la bouche, par le siège, et la verge , qui fut cause de sa mort.
D'auantage le sang se peut espandre dans le corps, pour estre frappé de coups orbes, comme sont ceux de basion , de masse, de pierre, et pour dire en vn mot , de toutes choses qui peuuent contondre, meurtrir, et faire soiiir le sang horsdes veirieset artères : qui à cause de ce sont pressées, exprimées , rompues, et dilacerées :
mesme le plus souuent les parties extérieures en sont aussi grandement
laiilosf au profond du corps , etc. — Celle de 1579 et les suivantes disent : lantosl s'espaiid nitx parties solides, lanlost aux cauitt^s profondes. La traduction latine n'a pas rendu ce membre de phrase qui parle rfes parties solides, et qui en effet n'a pas de sens raisonnable. J'ai cru en conséquence devoir suivre le texte primitif.
' L'édition de 1664 écrit géhenne , ce qui est mieux peut-être pour la valeur du mot qui signifie tortura.
confuses et blessées avec playe : et quelquesfois sans playe, de façon que le cuir demeure tout entier, mais le sang est espandu par les muscles, et entre cuir et chair seulement : laquelle disposition a esté nommée des anciens Ecchymosis , et particulièrement d'Hippocrates Nausiosis, 2. sect.
du liure des Fractures , pour autant que les veines semblent vouloir comme vomir '.
Donc contusion se fait, quand quelque grosse chose lourde et pesante tombe sur vne partie, qui rompt la chair, et où le sang prend son cours, qui se nomme Etfusion, et la chair demeure entière : mais il est certain que les petites veines sont rompues, quand ce mal aduient. La Ruplion se fait, quand les fibres des muscles sont fort estendues , et souuent quelques vues se rompent, et de là s'ensuit inflammation et aposteme '\
Suiuant la différence de ces contusions, il nous faudra diuersifler la curation d'icelles, ainsi que présentement nous déclarerons.