‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 101 sur 264 · I. ir · texte numérisé non relu

I. ir

Le droit de gouverner la France , Répondez maintenant , vos vœux sont secondés , Les partis ont .vote sur le champ du carnage : Dépouillez les scrutins , comptez chaque suffrage , La France marchait-elle avec vous , répondez ?

Et vous qui , déplorant l'erreur de leur courage , De ces Républicains condamnez les fureurs -,

Vous du moins , purs adorateurs De la Divinité qu'insulte leur hommage , (?Toyez-le, quelque espoir qui charme vos esprits , Vous attendez en vain son retour dans cet âge. Ne vous fatiguez pas à chercher les débris De ses autels brisés , de ses temples détruits.

Aux jours où c'était elle , et non plus la licence

Dont le culte sacré s'étendit sur la France ,

Alors, sans doute alors, comme au temps des Romains,

Le titre de Républicains A des héros français honoré la vaillance. En suivant ses drapeaux , alors nos fiers guerriers Trouvaient les champs féconds en civiques lauriers.

Au passage d'un peuple libre Dans trois mondes frayant mille chemins divers , D'un bruit de gloire alors éveillant l'univers , Ils ont courbé les flots de la Meuse et du Tibre , Puis du Nil, du Jourdain, vieux fleuves des déserts !

Eh bien ! ces défenseurs de la cause commune , Qu'un triomphe nouveau couronnait chaque jour, Ces stoïijues humains , éprouvés tour à tour

Par le malheur et la fortune ,

Ces généreux Républicains , Dont l'exemple vivant vous séduit , vous atîire ,

Se sont inclinés sous TEmpire.

Ah ! si de tels guerriers , si ces Français-llomains , Ont pu laisser tomber les faisceaux de leurs mains ,

Jeunes gens , c'est qu'il faut se dire : Que, quelque bras puissant qui conduise son char. Si jamais dans nos murs revient la République, Pour la frapper encor de sou fer despotique , Des rangs de nos Brutus doit surgir un César !

Et toi , Monarque élu par le vœu populaire , Toi, de nos libertés royal dépositaire,

Ah I qu'importe dans leur fureur,

Dans leur fanatique délire , Si de vils factieux , qu'un Dieu de haine inspire , Prophètes insensés, du nom d'usurpateur Osent jeter sur toi l'anathème imposteur ! Au banc des souverains ta place est légitime. Tu n'as pas dit , vainqueur par la force ou le crime , A la France, contrainte à ployer devant toi : Sois mon peuple , je viens t'imposcr ma puissance. Mais lui-même, l'offrant sa libre obéissance ,

Ton peuple t'a dit : Sois mon Roi !

Et tu Tes , et tu veux la France noble et belle , Appuyant ton pouvoir sur les lois et l'honneur , Protecteur de ses droits , fier et jaloux pour elle

De sa force et de sa grandeur.

Ta rougirais de voir la nation captive , Dans cette obéissance et muette et passive , D'un cœur qui n'a plus rien pour sentir un affront. En rivant à ses bras la chaîne féodale , Se courber devant toi comme une humble vassale ,

Et placer tes pieds sur son front.

Non , tu n'as point rêvé ce gothique esclavage ; Tu veux la liberté , mais la liberté sage. -* ". I poursuis , accomplis ta haute mission ! Le succès appartient au zèle qui t'anime.

Séparés de la nation , Des partis opposés que rassemble le crime ,

En vain la coupable union Voudrait tenter encor d'ébranler ta puissance :

Garant d'une immortelle foi , Rien ne peut déchirer le pacte d'alliance Formé par la raison entre ton peuple et toi.

Elis A Mercoeur.

M'^' ÉLIS A MERGOEUPx

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