I. ir
Le droit de gouverner la France , Répondez maintenant , vos vœux sont secondés , Les partis ont .vote sur le champ du carnage : Dépouillez les scrutins , comptez chaque suffrage , La France marchait-elle avec vous , répondez ?
Et vous qui , déplorant l'erreur de leur courage , De ces Républicains condamnez les fureurs -,
Vous du moins , purs adorateurs De la Divinité qu'insulte leur hommage , (?Toyez-le, quelque espoir qui charme vos esprits , Vous attendez en vain son retour dans cet âge. Ne vous fatiguez pas à chercher les débris De ses autels brisés , de ses temples détruits.
Aux jours où c'était elle , et non plus la licence
Dont le culte sacré s'étendit sur la France ,
Alors, sans doute alors, comme au temps des Romains,
Le titre de Républicains A des héros français honoré la vaillance. En suivant ses drapeaux , alors nos fiers guerriers Trouvaient les champs féconds en civiques lauriers.
Au passage d'un peuple libre Dans trois mondes frayant mille chemins divers , D'un bruit de gloire alors éveillant l'univers , Ils ont courbé les flots de la Meuse et du Tibre , Puis du Nil, du Jourdain, vieux fleuves des déserts !
Eh bien ! ces défenseurs de la cause commune , Qu'un triomphe nouveau couronnait chaque jour, Ces stoïijues humains , éprouvés tour à tour
Par le malheur et la fortune ,
Ces généreux Républicains , Dont l'exemple vivant vous séduit , vous atîire ,
Se sont inclinés sous TEmpire.
Ah ! si de tels guerriers , si ces Français-llomains , Ont pu laisser tomber les faisceaux de leurs mains ,
Jeunes gens , c'est qu'il faut se dire : Que, quelque bras puissant qui conduise son char. Si jamais dans nos murs revient la République, Pour la frapper encor de sou fer despotique , Des rangs de nos Brutus doit surgir un César !
Et toi , Monarque élu par le vœu populaire , Toi, de nos libertés royal dépositaire,
Ah I qu'importe dans leur fureur,
Dans leur fanatique délire , Si de vils factieux , qu'un Dieu de haine inspire , Prophètes insensés, du nom d'usurpateur Osent jeter sur toi l'anathème imposteur ! Au banc des souverains ta place est légitime. Tu n'as pas dit , vainqueur par la force ou le crime , A la France, contrainte à ployer devant toi : Sois mon peuple , je viens t'imposcr ma puissance. Mais lui-même, l'offrant sa libre obéissance ,
Ton peuple t'a dit : Sois mon Roi !
Et tu Tes , et tu veux la France noble et belle , Appuyant ton pouvoir sur les lois et l'honneur , Protecteur de ses droits , fier et jaloux pour elle
De sa force et de sa grandeur.
Ta rougirais de voir la nation captive , Dans cette obéissance et muette et passive , D'un cœur qui n'a plus rien pour sentir un affront. En rivant à ses bras la chaîne féodale , Se courber devant toi comme une humble vassale ,
Et placer tes pieds sur son front.
Non , tu n'as point rêvé ce gothique esclavage ; Tu veux la liberté , mais la liberté sage. -* ". I poursuis , accomplis ta haute mission ! Le succès appartient au zèle qui t'anime.
Séparés de la nation , Des partis opposés que rassemble le crime ,
En vain la coupable union Voudrait tenter encor d'ébranler ta puissance :
Garant d'une immortelle foi , Rien ne peut déchirer le pacte d'alliance Formé par la raison entre ton peuple et toi.
Elis A Mercoeur.
M'^' ÉLIS A MERGOEUPx