AMÉLIE, REINE DES FRANÇAIS
Heui-eux à qui le Temps amène Un moment à passer prés de leur Sou»er«inc !
Esclave dn malheur, est re à moi , oauvre Mi:se, île franchir le seuil des palais ?
Kt , pour moi , du matin sois la douce roiée Qui baigne en l'cnîr'ouvront une timide fleur.
Toi qui sais joindre au rang suprême
Une louchante majesté , Reine dont la vertu , dont l'auguste bonté , Fleuronnent de* bienfaits le royal diadème.
208 A s. M. AMÉLIE, REIKE DES FRANÇAIS.
Bientôt honorés en ce jour
De la faveur de ta présence ,
Les interprètes de la France Vont l'offrir de ton peuple et les vœux et l'amour.
Heureux à qui le Temps amène Un moment à passer près de leur Souveraine! Noble instant !.... Si le sort me l'apportait jamais... Quai-je dit! non! silence à l'espoir qui m'abuse I... Quels que soient mes désirs, quels que soient mes regrets, Esclave du malheur, est-ce à moi, pauvre M^sc,
De franchir le seuil des palais ?
Mais si je dois rester de tes regards absente , J'éprouve le besoin de te parler de moi , Et mon âme confie à ma pîume tremblante L'expression des vœux qu'elle forme pour toi. En faveur d'un tel jour pardonnant ce message , Puisses-tu d'un poète accueillir l'humble hommage. Excuser son audace et daigner excuser Ce souhait que pour moi j'ose enfin l'adresser.
Toi qu'on dirait un ange exilé sur la terre-, Toi dont le ciel lui-même a su rendre le cœur Des plus douces vertus l'auguste sanctuaire, Ah ! lorsque , par l'effet d'un prestige enchanteur. Aux yeux de l'orphelin tu parais une mère , A ceux du malheureux tu semblés une sœur! Daigne , daigne à ma vie accorder un sourire -,
A S. M. AMELIE, REINE DES FRANÇAIS. 20g
Mon aurore est , hélas ! plus sombre que le soir -, Fleur que bat l'ouragan j'ai besoin d'un zéphyre,
J'ai besoin d'un rayon d'espoir.
Ah! sois le souffle heureux que j'attends pour éclorre;
Ce bonheur qui me fuit encore Viendrait s'il entendait un accent de ta voix j Un seul de tes regards tombant sur ma misère Embellirait soudain mon chemin solitaire , De ma lourde existence allégerait le poids. Ah! ranime en mon sein l'espérance épuisée, Fais entendre à mon âme un mot consolateur^ Et , pour moi , du matin sois la douce rosée Qui baigne en l'entr'ouvrant une timide fleur.
(i" janvier i834.)