‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 112 sur 264 · LA NEIGE · texte numérisé non relu

LA NEIGE

Sans palpiter reçut la pression chérie ; Ce silence , Olivier, te révéla sa mort.

Ton âme renferma ta muette souffrance , Tu dévoras tes pleurs , et n'osas pas gémir -, Pouvais-tu donc pleurer sur un moment d'absence, Lorsque l'éternité devait vous réunir ?

Mais la neige tombait -, et , rapide et légère , On eût dit qu'enviant l'adieu de tes regards , Pour étendre sur elle un voile funéraire , Jalouse , elle amassait ses nuages épars.

Ta main , en écartant cette neige ennemie , Cherchait encore en vain un battement du cœur ^ Il ne s'agitait plus au sein de ton amie , Et sur elle planait une douce lueur.

Pour la dernière fois ton regard immobile , En silence , Olivier, long-temps la contempla -, Et , le penchant vers elle , accablé mais tranquille , Dans un calme baiser ton âme s'exhala.

Le jour parut aux cieux : un pieux solitaire S'inclina près de vous avec sa blanche croix 5 Et le divin pardon , qu'implorait sa prière , Sur vos restes glacés descendit à sa voix.

Elisa Mercoeur.

(3 septembre 1825.)

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