‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 113 sur 264 · A M, M.....X, SUR LA MORT DE MON PÈRE · texte numérisé non relu

A M, M.....X, SUR LA MORT DE MON PÈRE

Du sommeil de la mort tout près de s'endormir, Ne voyant plus qu'à peine une lueur mourante , Mon père retenait son âme délirante Par les liens du souvenir.

Décoloré , le jour allait s'éteindre , Son regard à ce jour adressait ses adieux ^ Et sans larmes , n'osant se plaindre , Il semblait découvrir les cieux.

Son œil voilé retomba sur la terre ; Sa famille , en pleurant, le demandait encor \ Son sein brûlait, et son âme légère Un moment retint son essor.

Son repos éternel , en succédant aux songes , Déjà lui promettait un tranquille avenir -, Sur l'aile du passé les frivoles mensonges Dans un instant allaient s'enfuir.

Il s'approchait le déclin de sa vie -, De ses jours un nuage éclipsa le flambeau -,

Il s'échappa vers la haute patrie , L'aurore à son retour ne vit que son tombeau.

O vous dont lamité, malgré la mort cruelle ,

Dans votre cœur a su le retenir, Conservez-la pour moi , cette amitié fidèle -, Elisa la demande au nom du souvenir !

Elisa Mercoeur.

ÎNantes, 3i décembre 1825.

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