NAPOLÉON
Sur le soir orageux de ton jour de démence , Naguère il vint briller, semblable à l'espérance, Quand ton glaive sur toi frappant ses coups mortels ,
Tu souillais la palme civique , Du sang qui , vil parfum , brûlait sur les autels
De ta liberté fanatique.
Bientôt mœurs , sceptres , lois , tout s'enfuit , entraîné
Par sa puissance vagabonde.
Pour prix de son génie , il demanda le monde. . . .
Et le monde lui fut donné !
L'INSLLAIRE.
FRAGME>T.
Il fufplui loin que tous ; ii fut loin comme un rêrc. Eiisk Mekc^eck.
Qu'importe î . . . à l'univers appartient sa mémoire î Je dois , comme poète , un tribut à sa gloire : Libre à moi de chanter lorsqu'il dort sur l'écueil. Doit-on, s'il est sans glaive, insulter au courage ? La mort l'a consacré ; la haine est un outrage A la majesté du cercueil !
Quand, desposte du sort et géant de puissance , Aux jeux des nations il apportait la France , Je n'eusse pas vendu mes accens au vainqueur ;, Mais pour ce que je sens , je veux garder mon âme 5
28o l'insulaire.
On ne me verra pas en comprimant sa flamme , Faire un esclave de mon cœur.
Il unit en faisceau vingt sceptres et son glaive ^ ÏI fut plus loin que tous, il fut loin comme un rêve !. ., Qui donc l'expliquera , l'être mystérieux? Faut-il qu'on le blasphème , ou faut-il qu'on l'adore ? Tout marqué de ses pas l'univers doute encore . S'il vint de l'enfer ou des cieux....
Des cieux! lorsque lui seul manquait à l'équilibre, Quand un peuple insensé , fatigué d'être libre, Comme un. coursier dompté, reprit le frein des lois» Mais il vint de l'enfer ! alors qu'au rang suprême, Il fit , en s'asseyant , paré du diadème ,
Son marche-pied du front des rois !
Alors que , s'immolant une jeune victime , Il fit pâlir sa gloire , et l'entacha d'un crime -, Ou qu'impuissant rival d'un éternel hiver, Les donnant à la mort comme un présent d'esclaves, Aux fêtes du Kremlin , il conduisait ses braves j Il venait encor de l'enfer !
Mais. .