MEDITATION
Telle qu'une médaille à l'empreinte effacée , Quand les contacts du monde ont usé la pensée , Quand la vie inutile a perdu sa fraîcheur, Lorsque les faux plaisirs ont énervé le cœur, Fatigué du fardeau de sa lourde existence , Lorsque l'homme a ravi son charme à l'espérance , Son âme parcourant les dédales du sort Trouve , pour en sortir, le dégoût et la mort !
,0n te l'a dit pourtant, incrédule jeunesse , Rien ne vaut ici-bas la stoïque sagesse ! Réponds ? contre l'orgueil , contre la volupté , Confiante en ta force , as- tu jamais lutté? Non ! tu fais en cédant l'aveu de ta faiblesse ; Et , laissant du combat les soins à ta vieillesse
sS4 MÉDITATION.
Aveugle à la clarté de tout divin flambeau ,
Tu vois ! . . . lorsque ton pied vient heurter le tombeau !
Alors , s'il était temps , si tu pouvais encore Ranimer dans ton sein le feu qui s'évapore ! Des fleuves descendus si, remontant le cours , Tels qu'ils sont au matin tu retrouvais les jours j Si , rendant leur éclat aux fleurs déjà fanées , Tu jouissais deux fois de tes jeunes années , Dis , libre de choisir ta route et ton destin , Deux fois passerais-tu par le même chemin? (1828.)
(Cette méditation , quoique faite à Nantes, n'a cependant été insérée dans aucun journal , parce qu'Elisa avait l'intention de faire un -volume de Méditations , et que celle-ci devait être le début du volume.)