‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 145 sur 264 · LE CONVOI DE CASIMIR PERIER · texte numérisé non relu

LE CONVOI DE CASIMIR PERIER

Lorsque, pour honorer leurs mânes triomphans , Tu confonds des partis les regrets unanimes ! E-t que tes yeux de mère ont des larmes sublimes Quand tu pleures sur tes enfans !

C'est à ces pleurs sacrés , à ce funèbre hommage , Offert à l'éloquence , aux vertus , au courage , A cet auguste adieu , lorsque d'un peuple entier La foule sur la terre , à son dernier passage ., Escorte un orateur, un poète , un guerrier \ Quand, pour trouver un mot qui dit tout, on le nomme, C'est à ce saint aspect de la douleur de tous , C'est témoin de sa mort qu'on se sent plus jçiloux

De l'existence d'un grand homme.

cria de faire place. Un monsieur, qui se trouvait près d'Elisa , lui dit : « Mademoiselle Mercœur ne se sent-elle pas inspirée à la vue de cette imposante cérémonie ? Qu'ils seraient beaux , mademoiselle , les vers que vous feriez sur une telle circonstance , dans ce lieu où tant de grands hommes reposent !... » Réfléchissant quelques instans sur l'avis qui venait de lui être donné, Elisa porta une de ses mains sur son front, comme si elle y avait cherché quelque chose ; et, après que le cortège eut défilé, elle nous dit les deux strophes ci-dessus... Il me serait impossible de peindre l'étonnement de ce monsieur.

M'"^ ÉLIS A MERGOEUR

Page 1