A SON EXCELLENCE LE MIMSTRÈ DES TRAVAUX PUBLÏCS
(le comte d'argout.)
Le printemps est plus dous après un long biter Elisi Ubbccecii.
Monsieur le comte,
Je n'aurais pas dû sans doute attendre jus-^ qu'ici à vous exprimer ma reconnaissance ; mais sachant que tout vos momens sont comptés pour le bien public , j'ai voulu achever mes vers pour le Roi , afin de pouvoir, par la même occasion, et vous les envoyer, et vous remercier de la touchante réception dont Votre Excellence
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a daigné nous honorer (i). Yoiis le dirai-je , monsieur le comte :
A cet accueil plein de douceur Que la bonté sait prendre et quelle seule inspire ,
A cet air qui semble vous dire :
Avancez sans effroi , c'est vers un protecteur Que le sort favorable aujourd'hui vous amène ; Si vous souffrez, dites-moi votre peine, Ne craignez pas , répondez ; car mon cœur N'est jamais froid et sourd à !a voix du malheur (2) .'
j'ai cru revoir M. de Martignac; oui, c'était avec celte même bonté qu'il me disait d'avancer, qu'il s'informait de ma situation , de mes projets , dont l'intérêt qu'il me portait sollicitait toujours la confidence.
Oui , j'ai cru que le ciel le rendait à la terre ,
Cet homme généreux , qui pour moi , comme un père,
(i) Une heure après que nous eûmes quitté le ministre , Elisa reçut un bon de 3oo francs que Son Excellence lui faisait passer.
(q) Ce sont les paroles de M. d'Argout qu'Elisa lui renvoyait eu \ers. II est impossible d'être accueilli avec plus de bienveiljance que nous ne le fûmes par ce ministre. On aurait été tenté de croire que M. de Martignac l'avait chargé de le remplacer auprès d'Elisa.