ACTE 1, SCENE 11. J2C
Je la devrais punir, celte indigne fierté, Qui se heurte aujourd'hui contre ma Tolonté, Je ne m'occupe pas de ta reconnaissance ; Mais, j'ai parlé: j'ai droit à ton obéissance, Et tu sais maintenant l'ordre de Boabdil.
ABENHAMET.
Je le subirai donc , cet exécrable exil !
Oui , je vais y pleurer la perte de ma gloire ;
Pour supplice au d'ésert j'emporte ma mémoire.
Je vais partir; adieu , vous qu'aux champs de l'honneur
Tant de fois j'ai guidés, quand je marchais vainqueur;
Vous qu'un premier revers , lorsqu'il me déshonore ,
Me rend indigne , hélas! de commander encore.
J'ai flétri dans un jour vos lauriers et les miens ;
C'en est fait , ma défaite a brisé nos liens.
Et loi , Grenade , adieu , toi , ma belle patrie !
Qu'Abenhamet toujours dans son âme a chérie;
Toi , qui m'as vu superbe au temps de mon bonheur ;
Toi , qu'il me faut quitter au jour de la douleur.
Que j'aimais de l'amour que l'on a pour sa mère.
Loin de ton beau p-ys j'emporte ma misère.
On me défend de vivre et d'expirer pour toi !...
Que tes autres enfaus soient plus heureux que moi !
Et vous, dignes soutiens du nom d'Abencerrage ,
Quand de mes jours affreux la honte est le partage,
Ne songez plus à moi ; ne vous informez pas
Sous quel ciel , dans quel lieu , j'irai cacher mes pas.
Je ne mérite , hélas! vos regrets ni vos larmes ;
Repoussez ma mémoire , oh ! mes compagnons d'armes !
A vos cœurs fraternels j'adresse un dernier vœu :
Que je sois mort pour vous , que l'on m'oublie ! Adieu.
OÛO BOABDIL.