‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 165 sur 264 · ACTE 1, SCENE 11. J2C · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE 11. J2C

Je la devrais punir, celte indigne fierté, Qui se heurte aujourd'hui contre ma Tolonté, Je ne m'occupe pas de ta reconnaissance ; Mais, j'ai parlé: j'ai droit à ton obéissance, Et tu sais maintenant l'ordre de Boabdil.

ABENHAMET.

Je le subirai donc , cet exécrable exil !

Oui , je vais y pleurer la perte de ma gloire ;

Pour supplice au d'ésert j'emporte ma mémoire.

Je vais partir; adieu , vous qu'aux champs de l'honneur

Tant de fois j'ai guidés, quand je marchais vainqueur;

Vous qu'un premier revers , lorsqu'il me déshonore ,

Me rend indigne , hélas! de commander encore.

J'ai flétri dans un jour vos lauriers et les miens ;

C'en est fait , ma défaite a brisé nos liens.

Et loi , Grenade , adieu , toi , ma belle patrie !

Qu'Abenhamet toujours dans son âme a chérie;

Toi , qui m'as vu superbe au temps de mon bonheur ;

Toi , qu'il me faut quitter au jour de la douleur.

Que j'aimais de l'amour que l'on a pour sa mère.

Loin de ton beau p-ys j'emporte ma misère.

On me défend de vivre et d'expirer pour toi !...

Que tes autres enfaus soient plus heureux que moi !

Et vous, dignes soutiens du nom d'Abencerrage ,

Quand de mes jours affreux la honte est le partage,

Ne songez plus à moi ; ne vous informez pas

Sous quel ciel , dans quel lieu , j'irai cacher mes pas.

Je ne mérite , hélas! vos regrets ni vos larmes ;

Repoussez ma mémoire , oh ! mes compagnons d'armes !

A vos cœurs fraternels j'adresse un dernier vœu :

Que je sois mort pour vous , que l'on m'oublie ! Adieu.

OÛO BOABDIL.

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